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Tulip Fever, un film de Justin Chadwick

Le cinéma a ceci de magique que c’est un art direct, il est fait de nos sentiments parce qu’il est bâti avec notre propre corps, notre instinct, notre désir. Et c’est particulièrement le cas avec Tulip Fever.

06/09/2017 09:00 EDT | Actualisé 06/09/2017 09:00 EDT
Fournie
C’est un film que j’aime pour le bonheur qu’il m’a donné.

Tulip Fever, voilà un joli titre pour le film de Justin Chadwick. J'ai choisi comme traduction : Au pays des tulipes l'amour fleurit.

Synopsis

À Amsterdam au XVIIe siècle, Sophia, une jeune orpheline mariée à un riche marchand se prend d'affection pour un artiste qui a été engagé pour exécuter son portrait. Tous deux entament une liaison passionnée et se lancent dans la vente de bulbes de tulipes dans l'espoir de récolter assez d'argent pour s'enfuir et démarrer une nouvelle vie ensemble.

C'est tout? me direz-vous, des fleurs et de l'amour? Pas tout à fait. À cette époque, Amsterdam, ville portuaire, grouille d'ouvriers qui travaillent pour le mari de Sophia ainsi que de domestiques qui entretiennent la demeure des époux. Entre Sophia (Alicia Vikander) et Cornelis (Christoph Waltz), les nuits sont lugubres, surtout depuis que le peintre Jan Van Loos (Dane DeHaan) est dans la demeure.

Beaucoup de plaisir et d'effervescence à regarder la construction de cette histoire, grâce à la reconstitution de l'époque et l'originalité du sujet. Le scénario a été conçu d'après le roman de Deborah Moggach.

La distribution est de valeur sûre, grands comédiens et actrices de renom. Je vais plutôt vous présenter celui qui a finalisé le projet de Tulip Fever.

Justin Chadwick est né en 1968 à Salford dans le grand Manchester, il est à la fois réalisateur et acteur britannique.

Quand on lui a proposé l'adaptation du roman Le Peintre des vanités de l'auteure Deborah Moggach, il a bien fait d'accepter !

Tulip Fever est prêt à tourner en Angleterre en 2004 avec Keira Knightley et Jude Law dans les rôles-titres, sous la direction du réalisateur John Madden, avec un budget de 45 millions.

Après 7 semaines de tournage, le projet tombe à l'eau. Il ressuscite en 2014, avec un budget à la baisse : 25 millions. On choisit l'acteur et réalisateur Matthias Schoenaerts né en 1977 à Anvers, qui est apparu dans des productions françaises comme De rouille et d'os avec Marion Cotillard, mais Matthias décide de ne pas faire le film. Il retrouvera Alicia Vikander dans The Danish Girl.

C'est un film que j'aime pour le bonheur qu'il m'a donné.

En fait, la raison pour laquelle je vous précise pourquoi ce film n'a pas trouvé preneur à deux reprises, c'est que Justin Chadwick en a fait le parfait casting pour 2017, son pari est réussi. Je me suis attachée à la beauté d'Alicia Vikander et à sa fougue. C'est un film joyeux, avec la fantastique actrice Judi Dench, dans le rôle de l'Abbesse du couvent Sainte Ursula, qui cultive avec gourmandise les bulbes de tulipes. Tous les acteurs sont magiques, Dane DeHaan est à croquer ; le mari, Christoph Waltz (Cornelis), a beaucoup de prestance. Le portrait de Sophia ressemble aux peintures flamandes de l'époque, les couleurs des costumes assortis à la lumière des cieux, et je n'oublie pas la musique de Danny Elfman. Cette fièvre des tulipes crée le désordre, et rien n'est figé dans la mise en scène. Il y a du mouvement, des bosquets de tulipes blanches magnifiques, tachées d'une larme de sang, beaucoup d'imagination dans le regard du réalisateur. C'est un film que j'aime pour le bonheur qu'il m'a donné.

En ces temps difficiles, on sort du cinéma un peu moins triste. Si le projet du film avait eu lieu dans sa première version, il ne porterait pas cette allégresse.

Je voudrais aussi vous parler de la délicieuse Alicia Vikander. Alicia est de nationalité suédoise. Elle est née à Göteborg en 1988 et elle est la fille de la comédienne suédoise Maria Fahl Vikander. Alicia grandit donc derrière les décors des théâtres dans lesquels se produit sa mère, elle se voit danseuse professionnelle et prend des cours de danse classique. Mais elle est maintenant considérée comme une étoile montante du cinéma européen, comme en témoignent de nombreux prix pour Royal Affair, Anna Karenine, The Danish Girl. En 2016, elle remporte un Oscar pour un second rôle, elle peut faire du doublage en français, jouer en Anglais avec l'accent britannique... Une perle !

Le cinéma a ceci de magique que c'est un art direct, il est fait de nos sentiments parce qu'il est bâti avec notre propre corps, notre instinct, notre désir. Et c'est particulièrement le cas avec Tulip Fever.

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