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<em>Gabrielle</em>, ou la joie de vivre

27/09/2013 09:39 EDT | Actualisé 27/11/2013 05:12 EST

Gabrielle est une jeune femme de 22 ans atteinte de déficience intellectuelle, mais qui possède une joie de vivre contagieuse et un don exceptionnel pour la musique. Elle a rencontré son amoureux, Martin, au centre des loisirs où ils font partie d'une chorale, et depuis, ils sont inséparables. Mais en raison de leur différence, leur entourage ne leur permet pas de vivre cet amour comme ils l'entendent. Au moment où le groupe se prépare pour un important festival de musique, Gabrielle fait tout pour prouver son autonomie et gagner son indépendance. Déterminée, elle devra affronter les préjugés et ses propres limites dans l'espoir de vivre avec Martin son histoire d'amour qui n'a rien d'ordinaire.

Gabrielle et Martin

À des amis a priori peu emballés par ce sujet, une histoire d'amour entre deux jeunes adultes handicapés intellectuellement, je dirais que le film s'avère un pur joyau de délicatesse et de beauté, envers ceux qu'on ignore, parce qu'ils sont en marge de la société. Louise Archambault, la réalisatrice, parle et les nomme « les invisibles ». Elle a démontré par son approche attentionnée la force que peuvent procurer les arts, comme la musique par exemple, et particulièrement le chant choral. Quand, au début du film, les voix cristallines entament la chanson Ordinaire de Robert Charlebois, c'est une l'émotion pure que l'on ressent. Cela nous touche grâce, entre autres, aux choix de musiques ; de Lindberg à Ordinaire, on accepte de suivre Louise qui nous montre le plaisir de ces jeunes et la façon dont la musique les transforme physiquement et psychologiquement.

Ils sont fiers, magnifiques, et transcendent leur handicap. Nous, spectateurs, nous sommes du côté des amoureux, parce qu'ils sont justes, et leur complicité est touchante jusque dans leur maladresse. On veut que cette histoire d'amour entre Gabrielle (Gabrielle Marion-Rivard) et Martin (Alexandre Landry) existe vraiment. Ne craignez pas de les regarder s'aimer, aussi pudiques qu'audacieux. C'est la magie du vrai, du moment présent. Tout le monde, comédiens, techniciens, a participé, avec ces jeunes handicapés, à lutter contre tous ces préjugés.

Pourquoi croyez-vous qu'on les a choisis pour représenter le Canada à Hollywood !


Il faut parler du jeu des amoureux. Gabrielle est spontanée, elle improvise avec un vrai bonheur ; Alexandre Landry est sensationnel. Retenez son nom, ce rôle de composition confirme un grand talent. Et puis, le plaisir de ce film est dans la simplicité, l'empathie que dégage Louise Archambault envers ses acteurs et son équipe technique. Voilà un pari qui n'était pas gagné d'avance.

Je laisse Louise vous dire ce qu'elle souhaite pour son film :

« La musique est le lien, elle contribue à donner ce souffle, ce désir de s'ouvrir aux autres, ce désir d'aimer et d'être aimé ; le chant choral a le pouvoir de rassembler les gens, d'unir les forces. La musique est universelle et nous atteint de manière viscérale, non réfléchie. J'espère qu'on le ressent devant ce film ? »

Oui, Louise, et merci à toute l'équipe. Tout le monde veut vivre l'amour.

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