Minou Petrowski

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Les Infidèles

Publication: 23/08/2012 11:29

L'infidélité masculine et ses nombreuses variations vues par sept réalisateurs -- un film de Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Emmanuelle Bercot, Fred Cavaye, Alexandre Courtes, Michel Hazanavicius et Eric Lartigau.

La première impression que j'ai éprouvée et qui m'a surprise c'est que j'ai vu un film qui traitait d'un sujet: l'infidélité des hommes. Je n'ai pas senti qu'il était réalisé par sept réalisateurs, dont une femme. Cela prouve l'entente de l'équipe. Je n'aime pas les films à sketches il y a trop de variations et l'on a l'impression de lire des nouvelles. C'est toujours inégal et il y a souvent un parfum de compétition qui me dérange. Dans le cas précis le fil d'Ariane est continu c'est un bon point. J'ai souri pour quelques lignes mais pour moi c'est loin d'être une comédie. J'ai beaucoup aimé les scènes entre Jean Dujardin et Alexandra Lamy, qui posent la vraie question: quand c'est un homme qui trompe dans le fond ça ne compte pas, mais si c'est une femme, elle n' a pas le droit, parce qu'en général elle tombe amoureuse, c'est comme ça que ça fonctionne dans la tête des garçons, c'est mon fils qui me l'a dit.

La campagne de publicité me déplaisait et je n'avais pas envie de voir le film, je suis loin d'être prude ou moralisatrice, mais ça ne rend pas justice aux films et à la qualité du jeu des acteurs, ils sont parfaits, odieux, stupides, malades comme dit la thérapeute (Sandrine Kiberlain).

Ce sujet parle à tout le monde et il n'y a pas que les vieux copains, Lellouche et Dujardin qui sont ridicules, il y a cette jolie petite garce qui l'est tout autant (Clara Ponsot), incroyablement belle, mais névrosée. Dans l'ensemble, j'ai trouvé tout ce remue ménage triste -- le manque de désir, cette solitude et le vide qui l'accompagne; avec l'alcool pour s'exciter et faire en sorte qu'on ne se souvient de rien le lendemain. Ils disent souvent les Hommes, je ne m'en rappelle plus, j'étais saoul ce n'est pas une excuse, finalement l'infidélité vécue dans le film c'est plutôt dégoûtant et pathétique.

Ce qui est étonnant c'est que parfois je confondais Lellouche et Dujardin dans leurs conquêtes ratées pour la plupart du temps, ils sont aussi cons l'un que l'autre à la perfection, ce sont deux
complices à la scène comme à la ville et ça se sent très bien dans le film. Ils se connaissent depuis longtemps et l'on voit qu'ils se respectent pour aller aussi loin dans la vulgarité, qu'on finit comme spectateur par oublier.

Qui pouvait penser que les scènes de la question avaient été réalisées par une femme (Emmanuelle Bercot) à la demande de Jean Dujardin. La réalisatrice s'est senti complice et faisant partie de l'équipe en laissant beaucoup de liberté au couple Alexandra Lamy et Jean Dujardin.

La plupart des acteurs ont vécu ce tournage comme une expérience plus profonde qu'ils ne pensaient. Ils ont réfléchi sur le sujet et pensent si on a besoin d'aller ailleurs, il vaut mieux
partir, ou se demander pourquoi ais-je besoin de m'étourdir, de séduire n'importe quelle minette

Pour se valoriser. Si les hommes sont vulgaires dans les scènes sexuelles, les femmes le sont aussi. Quant à moi comme femme je ne suis ni pour, ni contre l'Infidélité, quand on désire une autre personne que celle avec qui l'on vit c'est qu'il y a un malentendu. Je déteste les secrets et les mensonges. Et vous?

 
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