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«J'ai 15 ans et je ne veux pas mourir»

02/10/2014 03:15 EDT | Actualisé 02/12/2014 05:12 EST

2 temps 3 mouvements est un film singulier que j'aurais volontiers titré «J'ai 15 ans et je ne veux pas mourir».

Son réalisateur, Christophe Cousin, a débuté par des courts métrages en 2002 et fait la tournée des festivals: Valenciennes, Valence, Porto, Dresnes, Wiesbaden, Tunis et Hambourg. Il se lance dans la réalisation de 2 temps 3 mouvements qui est son premier film produit par Amérique Film, Parallaxes et La vie est belle, dont la distribution canadienne est assurée par Axia Films.

On dirait un conte de fées, cette coproduction mettant en vedette Victor (Zacharie Chasseriaud) Adèle (Aure Atika), Caroline (Anne-Marie Cadieux) et François (Léo Caron).

Synopsis

Hier, j'ai vu un gars se tuer, il a sauté du toit de l'école. Un gars de mon âge 15 ans. Il avait encore les écouteurs de son lecteur MP3 dans les oreilles quand il s'est écrasé. Et je l'ai pris, le MP3. Je ne sais pas pourquoi. Il faudrait que je le rende. J'ai rien à voir avec ce type, avec ce qu'il a fait. Je crois. Faudrait que j'en parle à ma mère, de tout ça, mais j'y arrive pas. Faut dire qu'elle n'est pas vraiment là, et que quand on parle, on ne parle pas vraiment.

Ce texte c'est la voix intérieure de Victor qui pense tout haut ce qu'il est incapable de verbaliser. C'est ça, le drame !

Si j'ai pris la liberté de vous parler de ce film, c'est que le sujet m'intriguait: la solitude extrême de Victor qui vient d'arriver dans un pays qui n'est pas le sien. Il a 15 ans et il est français. L'école, c'est nul. Il a tout perdu, sa ville, ses copains, son quartier et sa mère qui ne trouve pas de travail. Le sujet du film est-il un problème d'intégration? L'incapacité à réagir de Victor devant la mort de François, est-ce de l'indifférence ?

Christophe Cousin définit le drame ainsi : «La vie de Victor, jeune français de 15 ans tient à une idée fixe: comprendre pourquoi François (Léo Caron) s'est tué en sautant du toit de l'école.»

2 temps 3 mouvements est le récit d'un adolescent à la fois spontané et complexe qui bute sur le réel contre les murs d'un quotidien qui lui échappe, où il faut malgré tout apprendre à vivre.

Le film

J'ai trouvé la prémisse fascinante. Victor (Zacharie Chasseriaud) est un garçon attachant malgré sa froideur, et son impassibilité constante - tout ce que Christophe Cousin veut voir à la caméra - il n'arrive pas à le montrer. La nonchalance de la mise en scène fait du tort à la tension et à l'émotion, il aurait fallu du rythme, un montage serré. La rencontre entre Victor et Caroline, la mère de François (Anne-Marie Cadieux) quand il lui remet le MP3 est troublante de tristesse, car c'est l'objet convoité que Victor à dérobé à François, le seul responsable de ce drame, qui mérite réflexion.

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