Mike Julianelle

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Pourquoi les parents sont toujours fatigués

Publication: 13/06/2013 01:56

On entend souvent cette phrase : "J'ai besoin de me reposer de mes vacances."

J'essaie en général de ne pas avoir recours aux clichés, mais après quelques jours à la plage, j'avais vraiment besoin de me reposer de mes vacances. 
Malheureusement, j'ai un enfant, ce qui signifie que cela ne m'arrivera jamais.

Vous perdez beaucoup de choses une fois que vous avez des enfants (certes, les sentimentaux diront qu'on y gagne aussi beaucoup - de nouvelles perspectives, un plus grand cœur, et des bobos au pied à force de marcher sur les Lego - mais devenir parent vous oblige à abandonner beaucoup de votre ancien mode de vie pour vous adapter au nouveau). Et rien de tel que de partir en vacances avec votre chère progéniture pour vous le rappeler.

Ce moment qui se partageait auparavant entre beuverie et relaxation - un temps dévolu à boire et à faire la sieste, manger et dormir, se coucher tard et se lever encore plus tard - devient alors un véritable test de résistance. Une lutte jusqu'aux limites de votre endurance afin de conserver assez d'énergie et d'enthousiasme, même si ces derniers s'amenuisent, pour en récolter un maximum de bénéfices.

Cela ne signifie pas pour autant que ce n'est pas drôle. Maman et "Dad and Buried" (alias moi-même) se sont éclatés en emmenant Fiston à la plage. Il s'est bien amusé à jouer dans le sable et les adultes ont même réussi à prendre un verre de temps en temps et à manger parfois sans crise de nerfs (il s'est réellement bien comporté la plupart du temps). En définitive, ce furent des vacances réussies. Mais ce matin, malgré une bonne nuit de sommeil dans mon propre lit, je me suis réveillé... voyons, quel est l'opposé de "frais et dispos"?

Alors, qu'est-ce qui peut bien être si épuisant dans le fait d'être parent (surtout d'un tout petit surexcité qui ne peut rien faire sans papa-maman) ?

Ce n'est pas parce qu'avoir un tout petit est physiquement épuisant, même si c'est le cas. Courir après lui après qu'il se soit échappé d'un magasin, d'un parking ou d'une plage ; lui faire une prise de catch pour lui brosser les dents pour qu'il ne finisse pas par ressembler à un Anglais ou pour lui mettre de la crème solaire afin qu'il ne finisse pas par ressembler à un Anglais ; le porter au lit, ou dans le bain, ou me mettre et le ressortir de la voiture pendant qu'il se débat et donne des coups de pieds dans tous les sens. Tout ceci est vraiment épuisant. Mais ce n'est pas le vrai problème.

Et ce n'est pas non plus qu'avoir un tout petit est mentalement épuisant, même si c'est le cas. Faire des listes dans votre tête chaque fois que vous quittez la maison pour être sûr qu'il a son doudou et son lait et son goûter et des crayons et des couches et des lingettes et sa poussette et la crème solaire et son jouet téléphone et son cahier de coloriage ; s'angoisser chaque fois que vous avez l'impression que sa nourriture pourrait contenir de l'œuf, des cacahuètes, du gluten ou du verre ; vous inquiéter toute la nuit s'il est trop calme ou pas assez dans son lit ; serrer les dents au restaurant ou dans un magasin ou chez un petit copain quand il commence à hurler et à faire une colère et que tout le monde vous regarde. Tout ceci est définitivement épuisant. Mais ce n'est pas non plus le vrai problème.

Bien sûr, les parents ne sont pas les seuls à être épuisé. Une fois que l'on atteint un certain âge, on a moins d'énergie ; presque toutes les personnes que je connais sont épuisées tout le temps. C'est la vie.

Mais en tant que parent, il y a une raison fondamentale au fait que je sois toujours fatigué. Le manque de temps pour récupérer.

L'un des premiers conseils que j'ai reçu quand ma femme était enceinte était de rattraper du sommeil avant que mon enfant ne naisse. C'était un conseil à la fois extrêmement avisé et très bête. Bête parce qu'il n'y a pas de moyen de "rattraper" du sommeil avant de l'avoir perdu ; on ne peut pas mettre du sommeil de côté. Et avisé parce qu'une fois que vous avez un enfant - et par là, je veux dire dés le PREMIER JOUR -, la quantité de sommeil dont vous disposez pour le reste de votre vie commence à diminuer inexorablement - aussi bien au jour le jour que dans le "total d'heures de sommeil accumulées". C'est comme si quelqu'un faisait un trou dans votre gourde et que celle-ci se vidait lentement. Et il n'y a aucun moyen de récupérer cela.

Quand vous avez des enfants, ou juste un comme moi, vous n'avez pas de jour de congé. Vous n'avez pas l'opportunité de "rattraper". S'il vous arrive de veiller ou de faire trop la fête, ou de sortir et de rentrer un peu pompette, le lendemain, vous n'aurez pas le surplus de sommeil dont vous avez besoin. Vous ne pouvez pas dormir jusqu'à ce que votre gueule de bois passe ou que vous retrouviez un peu d'énergie. Vous vous levez quand votre enfant se lève et vous le suivez partout pour faire tout ce dont il a besoin parce que vous êtes son esclave et que c'est votre vie désormais. C'est pareil quand vous êtes malade. Votre enfant s'en fiche si vous êtes cramponné aux toilettes, si vous avez l'appendicite ou mal à la tête. Votre enfant s'en fiche même si c'est à cause de lui que vous avez mal à la tête (devinez quoi ? C'est bien à cause de lui).

Alors bien sûr, partir en vacances avec vos enfants est toujours sympa ; c'est juste que ce ne sont plus des vacances. Pas comme avant. A moins de partir avec une nounou. Dans ce cas, je retire tout ce que je viens d'écrire et je vous hais cordialement.

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Ce billet a également été publié sur "Dad and Buried".
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