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Ces terrains nous appartiennent

14/03/2017 09:17 EDT | Actualisé 14/03/2017 09:17 EDT

» Dans son dossier «Le Montréal oublié», Le Huffington Post Québec publie une série de 20 reportages multimédias qui font découvrir des projets citoyens redonnant vie aux lieux abandonnés de la métropole. Consultez le dossier complet ici.

Nous avons tous une liste de ce que nous aimerions voir plus à Montréal. La mienne est composée, entre autres, de plus de vert, plus de mobilité, plus de couleurs sur nos bâtiments...mais au haut de ma liste, ce que j'aimerais voir plus, c'est plus de liberté d'appropriation citoyenne.

À l'image de nos ruelles vertes et des centaines de murales qui enjolivent nos parcours ou d'événements marquants tels le Chasse-Balcon ou le Restaurant Day, les gestes d'appropriation citoyenne ont cette belle capacité de réunir les Montréalaises et Montréalais tout en enrichissant nos paysages urbains.

Une lecture assez marquante, Happy City de Charles Montgomery, permet de comprendre que le chemin menant au bien-être en ville est composé de deux éléments, soit la présence d'espaces verdis et la proximité avec les voisins. Plus encore, cette lecture nous apprend que le simple fait d'être en contact avec ses voisins et de s'investir dans son milieu est une garantie de l'implication future d'un individu dans son quartier, que ce soit via d'autres projets similaires, par du bénévolat, en allant voter, etc. D'un côté, nous savons que le développement du pouvoir d'agir des citoyens est un investissement payant pour la vie démocratique de nos quartiers.

Plusieurs villes nord-américaines, dont New York, Philadelphie, San Francisco ou Vancouver, ont démontré le potentiel énorme associé à l'utilisation temporaire des terrains vacants.

De l'autre, nous savons que la présence d'un espace vacant dans un quartier est parfois problématique et souvent un irritant. Lieu de méfaits, de dépôt sauvage, habitat de rongeurs ou simple no man's land, le terrain vacant frappe toutefois l'imaginaire. Plusieurs villes nord-américaines, dont New York, Philadelphie, San Francisco ou Vancouver, ont démontré le potentiel énorme associé à l'utilisation temporaire des terrains vacants. Que ce soit par la diminution de la criminalité ou l'augmentation de la valeur des résidences avoisinantes, la transformation temporaire de ces friches, que l'on retrouve sur plus de 10% du territoire montréalais, n'a que des bienfaits.

Considérant l'énorme besoin en sécurité alimentaire dans certains quartiers montréalais (plus de 40% des Montréalais n'ont pas accès à des fruits et légumes frais à moins de 500 mètres de la maison) ainsi que la longueur de la liste d'attente pour des jardins communautaires dans certains arrondissements, une solution logique à la présence de ces terrains serait de les transformer en jardins collectifs. Le potentiel de contamination pourrait être adressé par des aménagements appropriés, comme des bacs de culture hors-sol et des récupérateurs d'eau de pluie. Ailleurs, ce sera en espaces de voisinages que les friches pourront être aménagées. De façon concertée, les voisins et voisines pourraient y aménager des zones de lectures, installer du mobilier, des jardinets, des terrains de jeu, des interventions artistiques, selon la volonté des voisins et voisines.

L'an dernier, grâce aux efforts de mes collègues de Lande, nous avons obtenu un prêt d'un terrain municipal, dans l'arrondissement de Mercier - Hochelaga-Maisonneuve, pour un projet mené par un groupe de super-citoyens. Lors de l'inauguration du projet, il était émouvant de voir des enfants jouer et courir sur un terrain qui leur a auparavant toujours été interdit, de voir des voisins se parler pour la première fois grâce à une idée un peu folle d'embellir la friche du quartier.

Tous les terrains vacants montréalais ont le potentiel de devenir des petits laboratoires de démocratie citoyenne. Dans une époque où le cynisme semble être devenu la marque de commerce de notre perception envers les institutions, la ville de Montréal pourrait rendre disponible son lot de terrain vacant, soit plus du tiers de tous les terrains vacants, à des usages citoyens. Plusieurs expériences de gestion partagée de l'espace public existent à Montréal, la plupart du temps avec énormément de succès.

Et vous, quand revendiquerez-vous le droit à vos terrains?

NOTRE DOSSIER «LE MONTRÉAL OUBLIÉ»:

» Terrains vacants: deux fois et demi la superficie du mont Royal!

» Lieux abandonnés: diagnostic du virus montréalais

» Théâtre Empress: Debout malgré tout

» Bâtiment 7: Quand les fourmis gagnent

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