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Boycotter les colonies "par amour" d'Israël?

02/11/2012 05:41 EDT | Actualisé 02/01/2013 05:12 EST

Il semble que le conflit israélo-palestinien ait franchi une nouvelle étape d'expression. Selon Agnès Gruda, journaliste à La Presse, un appel au boycottage des entreprises israéliennes et internationales qui font affaire avec les implantations israéliennes en Cisjordanie serait «par amour» pour Israël. En fait, il est rassurant de savoir que Richard Falk, rapporteur spécial des Nations unies pour les droits des Palestiniens, n'appel pas au boycottage à cause de son antipathie notoire envers les Juifs. Cependant, son fameux dessin animé représentant un chien assoiffé de sang portant une kippa suggère malheureusement le contraire.

En effet, le dernier appel de Falk au boycott provient de l'Organisation des Nations Unies, une institution dont la réunion annuelle du Conseil des droits de l'homme consacre un ordre du jour permanent uniquement à Israël. En plus, la moitié des résolutions du Conseil sur les pays particuliers concernent l'Israël. C'est également le seul pays soumis à un enquêteur permanent. M. Falk est le « rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme dans les territoires », ce qui implique le devoir d'enquêter des deux côtés. Pourtant, le mandat de Falk est d'étudier uniquement « les violations d'Israël ». Le Conseil des droits de l'homme continue de maintenir une apparence de crédibilité, largement grâce aux médias qui s'abstiennent de dénoncer ces réalités.

Il est donc regrettable que Mme Gruda, qui affirme être consciente de la comparaison faite par M. Falk des Juifs avec les Nazis, puisse critiquer l'appel du ministre canadien des affaires étrangères, John Baird, d'expulser cet antisémite de son poste d'enquête sur des 'violations israéliennes'.

Par ailleurs, la tentative de Mme Gruda à investir dans la légitimité d'un appel au boycott en citant le soutien du gauchiste américain Peter Beinart ainsi que les israéliens gauchistes Amos Oz et David Grossman, est également perdue. Les points de vue de ces messieurs ne représentent aucunement l'opinion israélienne ou l'opinion juive américaine. L'étude Sasson, une enquête menée par l'Université de Brandeis, a examiné la perception des Juifs américains envers Israël. Contrairement à la thèse de Beinart, seulement 26 pour cent des Juifs libéraux pensent qu'Israël doit démanteler toutes les colonies et parmi les juifs modérés, ce chiffre tombe à 10 pour cent. Dans un sondage mené par Ariel University sur les vues à l'égard des colonies israéliennes, 64% des Israéliens, résidant en Israël avant 1967, soutiennent l'expansion des communautés juives en Cisjordanie. Seulement 15% voudraient cesser la construction de colonies et 57% ont déclaré qu'ils considèrent la Cisjordanie comme étant la ceinture de sécurité d'Israël.

Par ailleurs, cet été, le journal de gauche israélien Haaretz a publié une étude réalisée par un groupe de réflexion, engagé à renouveler la gauche, appelé Molad. Le sondage détermina que le public israélien certifia la gauche comme étant, entres autres, aliénée et démunie de solutions réalistes aux problèmes de sécurité d'Israël.

En effet, un appel au boycott des colonies israéliennes n'est pas un effort envers la solution à deux États, qu'implore Mme Gruda. Au contraire, celle-ci porte atteinte à la solution de deux États en contournant les négociations sur laquelle cette solution est fondée. La réelle préoccupation du processus de paix exige de comprendre qu'Israël est un pays minuscule entouré d'ennemis réels. Israël exige des garanties de sécurité suffisantes avant que l'état juif puisse retourner aux lignes d'avant 1967, soit un diamètre de neuf milles de large! Cela signifie, en outre, comprendre une expérience préalable d'Israël à un désengagement unilatéral de Gaza, qui avait transformé Gaza en une base de terreur et un cauchemar pour les civils israéliens. Un boycott n'est ni une garantie, ni une façon sérieuse de répondre aux préoccupations d'Israël.

En effet, une préoccupation sincère du processus de paix serait mieux exprimée en évitant des déclarations inexactes et inflammatoires telles que « (le boycott) sauverait un État voué a l'échec par sa politique d'expansion » et que l'État juif « court à sa perte en continuant sa politique d'expansion. À sa perte morale d'abord... » et que «la ligne de démarcation entre territoires israéliens et palestiniens devient de plus en plus floue ». Floue? Les implantations israéliennes comprennent 1,1% de la Cisjordanie! A propos de la 'perte morale', les conformités conclues entre Israël et les Palestiniens ne contiennent aucune interdiction de construire ou d`élargir les colonies. La question des colonies est réservée à des fins de négociations sur le statut permanent. Par contre, du côté du leadership palestinien, la perte morale consiste forcément au non-respect des accords antérieurs, par exemple, la demande unilatérale d'adhésion à l'ONU et l'incitation à la violence et à la haine anti-israélienne souvent enseignée aux enfants par le leadership palestinien. Malgré les engagements soit disant « sincères » du leadership palestinien de mettre fin à la glorification des terroristes et à l'incitation à la violence, les parcs et écoles continuent à être nommés avec des noms de terroristes. Ceux-ci devraient expliquer la réticence des Israéliens de placer leurs confiances envers les leaderships palestiniens.

Par dessus tout, le discours sur le conflit israélo-palestinien demande un traitement juste et exact des faits, faute de quoi, on risque d'être perçu comme une part du problème, plutôt que comme une part de la solution.