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Sexting et pédopornographie: comment nos jeunes sont inconscients

26/11/2013 12:41 EST | Actualisé 25/01/2014 05:12 EST

Il y a quelques années de ça, je donnais une entrevue à propos du phénomène de sexting aux États-Unis, qui faisait de mineurs des criminels. Comme pour tout phénomène web, ça arrive ici avec deux ans de décalage. Ainsi, cette semaine 10 jeunes hommes se sont fait arrêter et sont « accusés d'avoir produit et diffusé sur Internet de la pornographie juvénile, qui consistait en des photos nues de sept de leurs consoeurs de classe obtenues par la menace et l'intimidation » (La Presse).

Les adolescents faisaient ce que l'on nomme du « sexting ».

Sexting: mot-valise anglais formé à partir de sex (« sexe ») et de texting (« envoi de messages textuels via SMS »), est l'acte d'envoyer électroniquement des textes ou des photographies sexuellement explicites, surtout d'un téléphone portable à un autre (Wikipedia).

Ils utilisaient la plate-forme Snapchat.

La particularité de cette application est l'existence d'une limite de temps de visualisation du média envoyé à ses destinataires. Chaque photographie ou vidéo envoyée ne peut être visible par son destinataire que durant une période de temps allant d'une à dix secondes ; le média cesse ensuite d'être disponible à la visualisation est supprimé des serveurs Snapchat. Cependant, il est assez aisé pour les utilisateurs de faire des captures d'écran.

Or, c'est là que le bât blesse. Les jeunes qui recevaient ces Snapchat (qu'on allègue qu'ils ont obtenus sous la menace), avaient le temps de faire des captures et de remettre en ligne ces contenus par la suite, d'où les accusations de production et de diffusion de pornographie juvénile.

De toute évidence, l'inconscience adolescente et le sentiment de toute puissance qui vient avec, n'aidera pas à endiguer facilement ce phénomène. Aux États-Unis, déjà plusieurs adolescentes se sont suicidées après que les contenus sexuels qu'elles avaient elles-mêmes mis en ligne furent partagés sur le web à des milliers d'exemplaires. D'une part les adolescentes veulent faire plaisir à leur « chum » du moment et d'autre part, ces « chum » voulant booster leur égo viril, partagent ces contenus dont ils sont fiers, à leurs copains qui à leur tour les propagent sur le web. Les adolescentes ne sont pas conscientes que même avec Snapchat, leurs petites vidéos osées, seront désormais démultipliées un nombre astronomique de fois et que ces erreurs de jeunesse les poursuivront toute leur vie.

De même, les garçons qui trouvent ça « cool » d'avoir des contenus de leur petite amie « toute nue » ne réalisent pas non plus qu'ils sont sur la pente dangereuse de devenir des individus avec un dossier criminel qui les suivra aussi le reste de leurs jours. Pire encore, certains parents ne comprennent pas la gravité des actes de leurs enfants. Ce phénomène est donc un nouveau tournant du cyberharcèlement maintenant devenu 3X.

Mais pour les parents, voici certains outils recommandés par ReaderDigest

  • Websafety.com sells software that can be downloaded to your kid's cell phone and computer to alert you if she's sending inappropriate texts or photos.
  • Safe Eyes lets you track your child's instant messaging, monitor social networking sites, and impose limits on his online minutes.
  • Cell Phone Spy Elite, a device from brickhousesecurity.com, retrieves deleted text messages from cell phones

Souvenez-vous que les parents ont la responsabilité légale de leurs enfants, jusqu'à l'âge de 18 ans. Ils pourront ainsi être poursuivie au civil et leurs enfants au criminel. Ils ont aussi la responsabilité morale des actes de ceux-ci. Il est primordial d'ouvrir un dialogue avec les jeunes et de s'outiller et d'apprendre comment « monitorer » les comportements des jeunes en ligne et sur les ondes cellulaires. Il est aussi de la responsabilité de la société d'éduquer les parents et les adolescents à la réalité que ces petits jeux coquins d'adolescents ont des conséquences dramatiques pour les victimes, de même que pour les auteurs de ce qui sont des « actes de nature criminels ».

Mise à jour

Les jeunes ne sont plus « des fans finis » de Facebook. Ils sont de plus en plus sur les plateformes mobiles qui font notamment de la messagerie et du partage de photo et vidéos (ce qui n'aidera sans doute pas à endiguer le problème du sexting adolescent). C'est dans le GlobalWebIndex qu'on a de nouvelles données à ce sujet et l'index qui prend maintenant conscience du phénomène grandissant de Snapchat, l'inclura désormais dans son prochain palmarès.

Another service that we must include is Snapchat. It was only added to GlobalWebIndex's Core research in Q3 2013 so we have no trend data yet, but we can already see that 10% of teens globally are using the popular photo messaging service, making it bigger than Pinterest, Vine, WeChat, Line, and LinkedIn. Moving forward, we'll be able to project Snapchat's growth rate among teens around the world in order to determine how big of a threat it presents to Facebook and co.

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