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Internet: vous êtes pas écœurés de payer bande de caves?

03/11/2015 12:07 EST | Actualisé 02/11/2016 05:12 EDT

Prenons une autoroute ou un pont. Disons le pont Champlain. Imaginons qu'il faille le construire et qu'on y impose un péage. Cela deviendra un enjeu électoral majeur. Les médias se saisiront de l'affaire. Les chroniqueurs et éditorialistes s'en donneront à cœur joie.

Mais à quoi peut bien servir un pont ou une autoroute? À faire transiter les gens et les marchandises. On considèrera à juste titre que c'est un bien public et que c'est le gouvernement et la société dans son ensemble qui devra assumer les coûts de l'ouvrage. On dira que c'est une infrastructure capitale pour la vitalité économique d'une région ou d'un pays. Dans le cas du pont Champlain, il en coutera 5 fois plus qu'un pont ordinaire, strictement parce que des bateaux doivent passer dessous. Ces bateaux iront rejoindre Toronto et Chicago, et on tente de nous faire croire que le pont Champlain n'est que pour les besoins des Montréalais et des citoyens de la Rive-Sud.

Imaginons maintenant qu'on laisse aux entrepreneurs en construction le loisir de faire des ponts ou des autoroutes de la manière et avec les technologies qu'ils veulent bien, et qu'en plus ils puissent tarifer le passage sur ceux-ci, à leur guise et en fonction d'une compétition entre eux très limitée, voire inexistante. Nous aurions donc des autoroutes de diverses largeurs, de divers matériaux, et il se pourrait que de passer d'une autoroute à l'autre soit dangereuse, voire impossible. De plus, nous aurions sans doute de belles autoroutes dans les grands centres; et en région, que des routes de terre battue pleines de trous. Dans notre esprit collectif, cela est inconcevable. Et pourtant...

Ce long préambule vise à vous démontrer l'absurdité de nos infrastructures internet et cellulaire. Il vise à vous faire prendre conscience à quel point notre inactivité collective et gouvernementale est en partie responsable de nos propres malheurs.

Au début des années 2000, nous parlions à juste titre de «l'autoroute de l'information». En effet, les infrastructures internet et cellulaires sont devenus les autoroutes incontournables de cette économie du savoir. Ce sont des services publics d'importance capitale qui sont laissés à quelques oligopoles qui font ce qu'ils veulent, à des prix exorbitants et pour un service pitoyable, surtout en région.

Les fournisseurs cellulaires ont des technologies incompatibles entre elles et dédoublent inutilement les antennes, pour une couverture très inadéquate, surtout en région. N'êtes-vous pas fatigué de cette situation? Moi, si. Tout comme pour l'histoire de l'électrification au Québec, les infrastructures numériques mériteraient un dénouement différent de ce que nous vivons présentement. À quand la nationalisation?

Le titre de cette chronique est une boutade qui fait référence au fameux «Vous êtes pas écœurés de mourir bande de caves, c'est assez?» de la murale du Grand théâtre de Québec du sculpteur Jordi Bonet.

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