Monsieur Bachand,
J'ai écouté votre entrevue à Tout Le Monde en Parle et je voudrais revenir sur quelques points.
Vous nous accusez encore, nous étudiants, de ne pas faire notre juste part et c'est vrai. Nous ne faisons pas notre juste part dans ce monde que vous avez, vous et vos amis libéraux, transformés en marchandise. Vous n'avez qu'un mot à la bouche, rentabilité. Vous ne vous cachez même plus, vous pensez avoir gagné et après une cinquantaine d'années de dur labeur, vous avez presque réussi à transformer l'université en entreprise. Et bien c'est vrai, nous ne faisons pas notre juste part pour la société que vous voulez faire perdurer, la société de la folie destructrice de l'écologie et du social par la surconsommation effrénée des ressources humaines et naturelles.
Nous disons stop, Monsieur Bachand.
Alors que le Québec a subi, au mois de mars des records de chaleur inégalés, alors que l'Europe souffre d'une sécheresse précoce pour la saison, alors que la saison des ouragans aux États-Unis fut encore destructive, alors que l'Afrique meurt toujours, vous voulez transformer le nord du Québec en une usine polluante à ciel ouvert, vous voulez transformer le paysage québécois en une vaste autoroute remplie de camions pour soutirer jusqu'à la dernière goutte de pétrole, jusqu'à la dernière molécule de gaz, tout cela au profit des compagnies privées et des banques.
Nous disons non, Monsieur Bachand.
Vous voulez finir de transformer les universités en lieu de production d'employés et d'administrateurs, formatés pour travailler dans vos entreprises.
Vous voulez finir de transformer l'université en entreprise privée, gérant les programmes les plus rentables en envahissant les conseils d'administration.
Nous disons non, Monsieur Bachand.
Nous nous battrons jusqu'au bout de nos forces et de nos ressources pour que l'université reste un lieu de savoir émancipateur et pas seulement pratique, où l'on y vienne prendre le temps de se confronter à des idées complexes et non pas juste reproduire des recettes technoscientifiques à appliquer, où l'on vienne développer un savoir général, une créativité permettant de faire évoluer une pensée critique, tout cela demandant du temps, de la réflexion, de la discussion, des recherches fondamentales, des conditions que ne permettent pas l'obligation que vous nous imposez de devoir travailler plus d'une vingtaine d'heures par semaine, l'obligation de résultats et votre sainte horreur de l'erreur.
J'aime les erreurs, Monsieur Bachand, elles font avancer le monde, elles transforment le monde alors que les vérités, les certitudes ne sont souvent que les reproductions du même, un même très inquiétant dans les circonstances.
Vous souhaitez un peuple soumis et ignare, Monsieur Bachand et il est clair que vous n'êtes pas le seul.
Vous souhaitez un peuple éduqué par la télévision, par la mauvaise littérature, se nourrissant de cochonnerie.
Partout dans le monde l'éducation baisse en valeur, partout dans le monde la culture populaire devient de plus en plus unidimensionnelle, préfabriquée, prémâchée, médiocre, mais rentable. Un peuple instruit est un peuple qui critique, qui voit les failles de vos discours, de vos modèles et je peux comprendre aisément que vous et vos amis ne souhaitez pas que cela arrive.
Un peuple instruit arrête de consommer compulsivement et vous ne le souhaitez pas Monsieur Bachand.
Je ne vous sortirai pas les (trop?) nombreuses études, faites depuis des années, sur les liens entre niveau d'éducation et santé, niveau d'éducation et capacité critique, sur la reproduction par l'école des inégalités sociales et la nécessité de réforme de l'éducation du fait du trop nombreux décrochage scolaire dans les milieux défavorisés, vous ne les lisez pas de toute façon.
Je ne vous parlerai pas des chiffres montrant que la revalorisation des prêts et bourses permettra surtout d'enrichir les banques, vous avez des armées de pseudo-intellectuels payés pour prétendre le contraire.
Je ne vous parlerai pas non plus des troubles de la santé, des montagnes de médicaments, de drogues, d'antidépresseurs, anxiolytiques, d'alcool qui sont consommés dans des proportions extrêmement inquiétantes dans nos sociétés rentables et productives, pour tenir le coup et arriver à finir la semaine, vous n'y verrez probablement aucun lien.
Je ne vous parlerai pas des hauts taux de burn out et des taux de suicide, dans les grandes entreprises que vous valorisez, puisque vous ne me lisez déjà plus.
Non, je ne rentrerai pas dans votre jeu de chiffre, Monsieur Bachand et je ne produirai pas une autre étude inutile qui viendra mourir sur une tablette, vu que vous avez construit socialement une population qui préfère lire des livres de cuisine.
Mais la population en a marre des livres de cuisine, Monsieur Bachand, la population commence à comprendre.
Nous ne ferons pas notre juste part et au contraire, nous nous battrons pour la décroissance, nous ne parlerons plus, nous hurlerons dans la rue, Monsieur Bachand, nous vous empêcherons, narcissiques sadiques, de tous nous tuer, nous nous battrons pour que l'université appartienne de nouveau aux savants et non pas aux administrateurs, que l'éducation ne devienne plus un lieu de formation entrepreneuriale, mais crée des citoyens responsables, critiques et que nous puissions lutter efficacement contre une pollution idéologique et atmosphérique qui est en train de tous nous tuer.
Il est temps de se réveiller.
Il est peut-être déjà trop tard.
Si vous reduisez la production, vous ferez augmenter son cout a la pompe, ainsi que le cout de tous les produits. Encore une fois, ce sont les pauvres qui en feront les frais!
Et devinez qui viendra "chialer" apres ca?
La question est simple. Est-ce que la très grande majorité des entreprises qui ont été syndiquées et fermées ou déménagées seraient toujours activités et auraient créer plus de richesse ans leur région SI ELLES AVAIENT ÉTÉES EN COOPÉRATIVE? La réponse est OUI. C'est prouvé que les entreprises coopératives sont plus durable et contribuent a une meilleure répartition de la richesse en plus de garder au niveau régional les profits.
Faire preuve d'honnêté intellectuelle et changer ce qui doit l'être demande une plus grande maturité et un sens plus élevé des responsabilités.
Un conseil gratuit. Allez consutez svp, cela presse.
Pierre m de ruelle
Je crois que tu devrais retourner à tes cours pour comprendre comment crée de la richesse.
L'Alberta doit sûrement être riche parce qu'ils passent leur temps à philosopher dans un café...
IL n'y a pas assez de gens intelligents au Québec pour trouver à utiliser ces ressources ici, les transformer et proposer au reste du monde des objets issus de notre potentiel reconnu pour le design et l'innovation? On dirait bien que les libéraux pensent qu'on est nés pour un petit pain.
Ou encore des employés d'Olymel en 2005?
Vous croyez vraiment qu'il serait beau d'avoir rien d'autre que les études ?
Si un jour le Québec deviens un pays avec ce type de pensée je déménage sans hésiter.
La décroissance n'est pas une utopie, c'est le résultat logique de l'application d'un modèle économique irréaliste fondé sur une croissance perpétuelle et exponentielle qui s'emboutit dans les limites inhérentes aux ressources planétaires qui elles ne sont illimités.
Qu'est-ce que la décroissance? C'est une réalité que nous expérimentons depuis des lustres à travers les crises économique... Dans les années 1990-2000, l'Argentine s'est fait imposer la décroissance, elle a refusé les régles du jeu imposées par le FMI et la BM et a évité le pire. En ce moment, la Grèce se fait imposer la décroissance, le peuple n'a pas son mot à dire sur le processus!
Le jour où le Québec afffrontera le problème de front, il aura besoin d'une population bien éduquée pour ne pas céder à la panique et arriver à des solutions innovatrices, réalistes et éthiquement responsables envers l'humanité: des valeurs auxquelles nous avons souscrites après la Deuxième Guerre mondiale... c'est donc tout récent!
C'est ce que je lis à travers le billet de ce jeune homme, si cela ne vous convient pas... effectivement, nous gagnerons tous à vous voir déménager!
Or je ne suis pas d'accord avec aucun de ces 2 points.
Puis le simple fait de scandé qu'il faut lutter contre la décroissance est totalement absurde/excessif où une façon très maladroite de s'exprimer face à des changements nécessaire j'en conviens.
Et puis la Grèce est dans cette situation précisément parce qu'ils n'ont eu aucune vision de développement/restructuration depuis des années. Ce que vous définissez comme décroissance je le définit comme restructuration. Malheureusement le peuple y est forcé car il semble aveugle face à la gravité de leur situation.
Quand je pense que 70% du PIB américain est fondé sur la consommation, et qu'on vit dans un monde de surconsommation, alors il y a une conclusion saute aux yeux: on peut facilement diminuer notre consommation sans souffrir le moindrement. Qui va me dire que la totalité de ce qu'il consomme était indispensable, et qu'il n'a rien gaspillé?
Oui c'est vrai que la baisse de la consommation va affecter l'emploi. IL y aura un peu moins de chinois occupés à fabriquer des trucs de peu d'utilité et de mauvaise qualité qu'on achète et qu'on jette pas longtemps après.
P.S. Quand je dis "nous gagnerons tous", ceci vous inclut aussi, car si vous choisissez de déménager, c'est que vous désirez mieux, plutôt que de lutter contre ceux qui veulent changer le Québec vers un état plus viable.
Mais, il est clair pour moi, que nous gagnerions encore davantage (pas financier, malheureusement) à travailler de concert vous et moi et changer nos mentalités!
Encore désolé pour les fautes dans mon commentaire précédent.