Michel A. Rathier

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C'est cette semaine que l'on refait peur au monde

Publication: 15/09/2012 11:01

Dans la pétarade des déclarations des milieux écologistes militants et doctrinaux faites récemment sur toutes nos plateformes de diffusion, les bons conseils pleuvaient sur le nouveau gouvernement Marois relativement au type de développement que le Québec doit se donner au plan minier.

Les fondements de ces bons conseils n'ont pas changé. Ce sont toujours les mêmes faussetés et les mêmes mythes qui y sont répandus. Ainsi, la Coalition pour que le Québec ait meilleure Mine affirme qu'il y a consensus dans notre société pour réformer de manière urgente notre loi sur les mines (LSM). Voilà qui constitue une tactique habituelle employée par ces groupes de pression soit de diffuser une demi-vérité ou des faits distorsionnés.

Nos voisins américains ont un terme délicieux lorsqu'il s'agit de déboulonner des inepties, des fariboles et des sornettes mythiques et c'est seulement après avoir « debunké » ces balivernes que nous pourrons lancer un dialogue sérieux sur l'avenir de notre filière minérale non sur les platitudes de ses opposants.

Réalité 1.0

La réalité est qu'il n'y a pas eu et il n'y a pas actuellement de consensus sur une réforme de la LSM tel que formulée par le gouvernement Charest, colportée par le lobby environnemental et même reprise ces jours-ci par le chef intérimaire du PLQ Jean-Marc Fournier.

Là où nous retrouvons un solide consensus, c'est notamment au sein des milieux économiques du Québec qui ont systématiquement conspué la bouillabaisse de changements que les libéraux mettaient de l'avant et qui ont à peine tenté de faire adopter à l'Assemblée nationale.

Il est vrai que l'industrie minière du Québec appuie la mise en œuvre de nombreux ajustements à la LSM qui vont dans le sens d'un développement durable. Notons à cet égard le fait de garantir en amont d'un projet d'exploitation les coûts de remédiation des sols (la garantie passant de 70% à 100% versée par contre sur cinq ans), la tenue d'un BAPE et d'une consultation publique avant l'émission de tout bail d'exploitation, le dépôt préalable d'un plan de restauration et enfin la mise sur pied d'un comité de suivi pour exercer un monitoring de la mise en œuvre de ce plan.

Mais au lieu de soutenir leurs arguments sur des faits reconnus, solides et vérifiables, les groupes militants continuent de promouvoir leur raisonnement sur une déformation systématique des faits. La technique s'apparente à celle employée par le Tea Party aux USA qui lui a adapté à son modèle d'organisation les écrits de Saul Alinsky (Rules for Radicals, 1971) qui s'était lui-même inspiré de Machiavel.

La déformation continue

En guise d'exemple, le 11 septembre dernier, Henri Jacob, le président de l'Action Boréale de l'Abitibi et un des lieutenants de la Coalition affirmait sans retenue au journal The Gazette que « le statut quo était inacceptable pendant que des mines continuent d'ouvrir partout au Québec avec seules règles d'encadrement la vielle loi désuète sur les mines ».

Le « debunking » de ces déformations nous amène à constater que depuis l'adoption d'une première loi sur les mines au Québec en 1880, celle-ci fut retouchée près de 115 fois dont les dernières modifications remontent à 2007. On exclut ici les ajustements opérés au régime des droits qui furent apportés en 1994 par le PQ (baisse des redevances de 18% à 12%) et le PLQ en 2010 (hausse des redevances de 12% à 16% et application des règles mines par mines). Pour une vielle loi désuète, monsieur Jacob, on repassera.

Monsieur Jacob et ses camarades aiment bien alerter le grand public de l'avènement prochain de l'Armageddon minier. Telle l'invasion du criquet pèlerin, la huitième plaie s'abattant sur l'Égypte, les sociétés minières selon la Coalition, continuent d'éclore sur tout le Québec.
Les faits sont que depuis 2000 jusqu'à ce jour, il s'est ouvert moins d'une mine par année au Québec. Ainsi de ces 11 mines, seules six sont toujours en opération. Il est vrai que nous retrouvons également six projets qui sont à des degrés divers d'étude et d'analyses de faisabilité. Reste encore trois à cinq ans de travaux de construction et une moyenne d'investissement d'un milliards de dollars par mine. Ainsi dans ce contexte, le ratio d'une mine par année risque d'être maintenu.

Monsieur Jacob a plus à craindre d'une invasion de criquets dans sa cour que de la prolifération de mines au Sud du 47e.

Enfin quant à la notion que c'est le Far West qui règne dans nos régions ressources. Il n'y pas moins de 60 règlements distincts qui gouvernent l'ouverture et l'opération d'une mine et des dizaines d'inspecteurs et de fonctionnaires pour en surveiller l'application.

Ce fait vient contredire les assertions de Me Nicole Kirouac, avocate et personne-ressource du Comité de vigilance à Malartic et aussi membre de la Coalition, que « des centaines de familles souffrent d'impacts négatifs à cause du manque de contrôle et de l'inefficacité du cadre règlementaire actuel des mines au Québec ». Rappelons qu'il y a aujourd'hui tout au plus 15 mines en opération au Québec.

Au lieu de systématiquement pratiquer la distorsion et alimenter un (faux) sentiment d'urgence auprès du grand public, les opposants au développement responsable de nos richesses naturelles et leurs alliés anti-entreprises gagneraient à établir un dialogue constructif avec l'industrie et cesser cette diabolisation destructive.

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  • Les 10 pays les plus polluants

    Voici la liste des 10 pays qui émettaient le plus de CO2 en 2010, selon des données compilées par le Centre américain d'analyse et d'information sur le dioxyde de carbone. (Photo Getty Images)

  • #10 - Arabie saoudite

    (Photo MARWAN NAAMANI/AFP/Getty Images)

  • #9 - Canada

    (Photo MARK RALSTON/AFP/Getty Images)

  • #8 - Corée

    (Photo CHOI JAE-KU/AFP/Getty Images)

  • #7 - Iran

    (Photo FRED DUFOUR/AFP/Getty Images)

  • #6 - Allemagne

    (Photo JOHANNES EISELE/AFP/Getty Images)

  • #5 - Japon

    (Photo YOSHIKAZU TSUNO/AFP/Getty Images)

  • #4 - Russie

    (Photo KIRILL KUDRYAVTSEV/AFP/Getty Images)

  • #3 - Inde

    (Photo ROBERTO SCHMIDT/AFP/Getty Images)

  • #2 - États-Unis

    (Photo by Kevork Djansezian/Getty Images)

  • #1 - Chine

    (Photo PETER PARKS/AFP/Getty Images)

 
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Dans la pétarade des déclarations des milieux écologistes militants et doctrinaux faites récemment sur toutes nos plateformes de diffusion, les bons conseils pleuvaient sur le nouveau gouvernement...
Dans la pétarade des déclarations des milieux écologistes militants et doctrinaux faites récemment sur toutes nos plateformes de diffusion, les bons conseils pleuvaient sur le nouveau gouvernement...
 
 
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18:13 sur 18/09/2012
Simon, en parlant de la qualité de l'écrit de l'auteur, tu devrais donner l'exemple et être capable, au moins, d'écrire correctement les noms des villes de ton Abitibi natale. Malarctique c'est Malartic, rien à voir avec l'Arctique ! Val d'or c'est Val-d'Or... quelle tristesse pour un natif, même pas assez de respect pour écrire correctement... Sache qu'une bonne partie de ma famille est de Malartic. Ceux qui ont été déplacés sont très heureux du traitement, comme tous leurs voisins. Quand je vais Malartic et que je parle aux gens que je rencontre, les commentaires sont plutôt très positifs.
01:04 sur 17/09/2012
Pour être né en abitibi, je peux vous dire, monsieur Rathier, que vous êtes complètement à côté de la "track" comme on dit par chez nous. Vous oubliez toutes les délocalisation forcées que les gens ont subi, par exemple. Et juste pour prendre Malarctique ou Val d'or, où se trouve l'une des plus grandes mine à ciel ouvert... celle qui a fait faillite et est repartie sans boucher le trou. Sans reboiser, sans même décontaminer. et juste en Abitibi, il y a plus d'une dizaine de mineS. Ça peut être la même compagnie qui les exploitent, mais elles doivent compter dans le calcul. Il n'y a pas vraiment de contrôle fait, mais plutôt des cadeaux d'or, de cuivre et tout autre richesse qui font oublier que des gens habitaient cette terre. Cette terre qui a été défriché par nos pères, nos grand-pères.
S'il vous plaît rendez-vous donc sur ces fameux sites, parlez à la population. Les lois sont écrites pour être contournées par l'appas du gain.

Et encore, je ne parle pas de la qualité de vos écrits! Selon vous il y a 11 mines au Québec, dont seulement 6 en activités ... puis quelques plus bas il y en a tout au plus 15 en activités. Je serais curieux de savoir qui font partis de votre entourage et quelles sont les bénéfices que vous en tirez.
À réfléchir!
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Slash22
Quot homines, tot sententiae.
21:16 sur 16/09/2012
«Au lieu de systématiquement pratiquer la distorsion et alimenter un (faux) sentiment d'urgence auprès du grand public, les opposants au développement responsable de nos richesses naturelles et leurs alliés anti-entreprises gagneraient à établir un dialogue constructif avec l'industrie et cesser cette diabolisation destructive.» Le dialogue constructif n`est possible qu`avec des partenaires de bonne foi. Or, les minières n`ont jamais vraiment démontrer leur bonne foi en étant transparentes quant à leurs sites d`exploitation. La distance permet souvent beaucoup trop de discrétion malsaine. Il serait temps pour cette industrie de nous montrer enfin son sens des responsabilités et ce qu`ils entendent faire concrètement afin que nous puissions juger s`il y a urgence ou non !!!
18:26 sur 17/09/2012
Qui êtes-vous pour pouvoir juger de la bonne foi des entreprises? Ahhhh, je vois... en voilà un autre qui détient le monopole ou une partie du monopole de la vertu ! Votre commentaire ne contient aucune information, ce n'est que de la propagande.

Côté mauvaise foi, allez-vous renseigner sur comment les groupes de pression canadien (et québécois) ont accepté d'être financé par de grosses associations US en échange de leur silence dans le choix des cibles. Pire que les entreprises qu'ils pourfendent, ils sont à la remorque d'intérêts étrangers.
03:34 sur 18/09/2012
il y a un bon article que vous devriez lire : http://www.ledevoir.com/culture/livres/359043/le-canada-la-suisse-des-compagnies-minieres

Entre-nous, c'est plutôt banale que de ne pas appliquer à sois ce que l'on reproche à l'autre : Votre commentaire ne contient aucune information, ce n'est que de la propagande.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Slash22
Quot homines, tot sententiae.
20:38 sur 16/09/2012
Voilà un point de vue qui vient ajouter à la confusion du commun des mortels. Mais quand on sait que M. Rathier travaille au sein du groupe SECOR (largement associé au PLQ ainsi qu`aux pro-Desmarais), est un spécialiste du marketing, se retrouve toujours du côté du patronat et des multinationales, ça vient mettre un gros bémol sur ce qu`il avance. Les grosses minières ne voudraient surtout pas voir le Québec se doter d`une loi minière version 2.0 qui risquerait de les rendre un peu plus responsables de leurs activités, et ça, pas besoin de consensus pour le comprendre. Quand les grands patrons risquent de voir leurs bénfices faramineux légèrement menacés par des règles responsabilisantes, c`est toujours de la faute aux écolos qui disent n`importe quoi et de la gaugauche irresponsable économiquement. Bref, un autre lobbyiste aux «bonnes intentions» sélectives qui tente de vendre des frigidaires aux esquimaux et continue de nous prendre pour une belle bande d`imbéciles. La loi sur les mines du Québec a plus de 130 ans. Elle est d`une autre époque et entre en conflit avec d`autres textes législatifs, notamment le Code civil. Ne pas considérer reviser le tout est un total non-sens où les dollars profiteront des passe-passe sémantiques...
12:47 sur 16/09/2012
Merci pour cette mise au point. C'est dommage que nos médias biaisé go gauche québécois ne rapportent jamais votre côté de la médaille.
08:45 sur 19/09/2012
Désolé David1975, mais les médias québécois ne sont pas de gauche, mais plutôt de droite ou de centre mou (sans parler de l'extrême-droite de nos radios-poubelles). Les miniêres n'ont presque jamais ramassé leurs dégats... pensez-vous que ces escrocs feront mieux dans l'avenir ?
08:42 sur 16/09/2012
M. Jacob ou vous-même jouez sur les mots. La réalité est que le régime minier est le même qu'à la fin du XIX sècle, malgré les règlements qui s'y sont greffés.

Le régime forestier, quant à lui, a connu de multiples changements de régimes, dont les derniers, vers 1986 et vers 2010. Voilà ce que voulait dire, probablement, M. Jacob, et que vous auriez pu admettre. À cet égard, oui, le régime minier est désuet, et d'origine coloniale, et il existe un vaste consensus dans la société civile et au sein de l'Assemblée Nationale, pour déterminer de nouvelles règles du jeu, qui vont bien au-delà des «ajustements» dont vous parlez.

Ce n'est pas une demie-vérité, ni une distortion. Si vous ne faites pas partie du consensus (consensus ne veut pas dire unanimité), ne vous en prenez pas à la société toute entière, mais regardez plutôt sous votre chapeau, vous y découvrirez peut-être les véritables causes de votre dissidence. Par exemple, dans un conflit entre votre intérêt immédiat particulier et l'intérêt du Québec à long terme et de son environnement.
23:21 sur 17/09/2012
Consensus: Accord majoritaire, voire unanimité, entre les citoyens d'un pays sur certaines questions (voir le grand dictionnaire terminologique de la langue française).

Si, comme vous le dites, il existe un "vaste consensus" au sein de l'Assemblée Nationale pour déterminer de nouvelles règles, comment expliquer que LSM n'arrive pas à passer ? Si le consensus était si large, il me semble que tout le monde politique devrait se rallier à la révision ? Si le consensus était aussi si large dans la société civile, le momentum devrait se faire sentir, on devrait en entendre parler au moins autant que les frais scolaires, qui eux ne faisaient pas consensus... Il y a définitivement quelque chose qui cloche avec le supposé consensus !!

L'existence de ce consensus, c'est ce que les groupes de pression veulent faire croire (et semble réussir à vous en convaincre) pour se donner une légitimité dans leurs actions et favoriser l'adhésion des "indécis" à leur approche doctrinaire. Il faudrait relire des classiques comme "L'art d'avoir toujours raison" et en particulier le stratagème 7, soit celui traitant de l'atteinte du consensus .
03:50 sur 18/09/2012
C'est vrai, il n'existe pas de véritable consensus sur cette question. Cependant, ne serait-il pas de bonne foi que de reconnaitre que le lobby des minieres pese de tout son poids pour ne pas qu'il se concrétise au sein de l'assemblée nationale ? Et ne serait-il pas juste que de permettre aux québécois de se prononcer sur la question ? Finalement, puisque la majorité des élus actuels à l'assemblée nationale font partis de formations politiques reconnaissant la nécéssité de réviser la LSM, n'est-il pas juste de croire, bien que preuve à déposer on attende, que ce consensus est voie de devenir un fait ? Je vous rappellerai que le lobby que vous vous démenez à défendre (et leurs alliés politiques) sont tout autant à l'oeuvre que les groupes de pression que vous dénoncez dans l'utilisation du fameaux stratagème 7, soit celui traitant de l'atteinte du consensus. Coté politique, les libéraux (alliés politiques du lobby que vous défendez) y sont passés maitres avec des symboles doctrinaires comme ''la juste part'' ou la ''majorité silencieuse''. En attendant, j'attends vos références pour étayer les contre-argumentaires que je me suis fait un plaisir de cibler.
diving in reality
truth and justice as reward
21:03 sur 15/09/2012
Asbestos health effects
http://www.epa.gov/asbestos/pubs/help.html
Some common places where asbestos can be found.
http://www.hse.gov.uk/asbestos/gallery.htm
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jfjoubert
Le pire n'est pas toujours certain.
19:33 sur 15/09/2012
"Enfin quant à la notion que c'est le Far West qui règne dans nos régions ressources. Il n'y pas moins de 60 règlements distincts qui gouvernent l'ouverture et l'opération d'une mine et des dizaines d'inspecteurs et de fonctionnaires pour en surveiller l'application."
Donc, si je vous comprend bien, c le Far West moins 60 règlements. Ouf.
Et des dizaines de personnes pour surveiller toutes les mines au Québec? C'est vrai ça? Eee... ça me parait catastrophique non, pour un si grand territoire?
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Jacques Gauthier
Quis custodiet ipsos custodes?
18:34 sur 15/09/2012
Est-ce que la remédiation des sols inclus des mesures et suivi de protection de l'environnement local pour la durée des risques, c'est-à-dire pour le temps requis aux rejets (tout ce qui n'est pas utilisé comme matière vendue) pour ne plus présenter de risques?
12:00 sur 15/09/2012
Voilà ce que j'appelle remettre les pendules à l'heure juste sur le débat des mines au Québec !