Des mets chinois au pâté chinois
Il fut un temps où les menus de nos restaurants étaient en anglais, notamment les restos chinois qui annonçaient le dice almond chicken, les egg rolls, les spare ribs, etc. Avec l'affichage commercial, les menus reflétaient très bien cette époque caractérisée par une nette domination de l'anglais, y compris au sein d'entreprises exploitées par des francophones.
De nos jours, on voudrait faire de l'étiquetage en français un paravent pour cacher le retour de l'anglais. Ainsi, pour justifier un nouveau programme de 2e cycle qui sera offert uniquement en anglais à l'École des Hautes Études commerciales de Montréal (HÉC) - notamment pour des Chinois -, Madame Kathleen Grant, directrice des communications, a fait la déclaration suivante:
«Ces étudiants-là n'échappent pas complètement au français. Ils vont à la cafétéria manger du 'pâté chinois' et non du 'Chinese pâté'. Ils sont confrontés au français, puisqu'ils baignent dans un environnement en français» (Le Devoir, 22 février 2012).
Qualifiée, entre autres, d'«insondable sottise», cette déclaration vient nous rappeler, à la veille du 35e anniversaire de l'adoption de la loi 101 le 26 août prochain, que rien n'est acquis. La vigilance est toujours de mise. Vigilance proactive menant à la consolidation, à l'élargissement et à l'application rigoureuse de la politique linguistique dont la Charte de la langue française est le noyau.
Une contagion institutionnelle
L'action et la déclaration des HÉC ne viennent ni d'un individu, ni d'une petite entreprise privée. Elles sont les œuvres d'une prestigieuse institution de haut savoir qui n'est pas la première dans le genre, puisque l'Université Laval et l'UQAM l'ont précédée. Deux villes, dont la métropole du Québec, ont manifesté à leur façon, une dérive:
- foin de la loi 101, le maire d'Huntingdon, M. Stéphane Gendron, implante le bilinguisme dans les communications de cette ville de Montérégie avec ses citoyens;
- modifiant l'orthographe et la grammaire du français, la Ville de Montréal s'adresse «o pêrsone ki on dê z'inkapasité intélêktuêl» dans un invraisemblable sabir qui serait, dit-on, plus «fasil a lir é a konprandr»!
Le ministre Camille Laurin affirmait en 1977 que les droits linguistiques énoncés dans la Charte de la langue française qu'il avait conçue devaient être assortis d'«obligations appropriées». Or, a-t-il précisé, c'est «d'abord sur l'État que retombe la première de ces obligations». Outre les ministères, les corporations, les régies ou les conseils, il a mentionné les municipalités et le milieu de l'éducation. Selon M. Laurin, il revient à l'État «de peser d'un poids décisif sur les actes, comportements et habitudes de l'ensemble de la société» (Assemblée nationale, 19 juillet 1977).
Manifestement, l'État a failli à son devoir à cet égard. Il n'a que lui à blâmer, car ni la Charte canadienne des droits et libertés, ni la Cour suprême du Canada ne sont concernées. Pour agir, le gouvernement du Québec n'aurait pas eu à invoquer une quelconque «clause nonobstant».
Un cheval de Troie chez les francophones
L'État québécois a même baissé la garde quant à l'évaluation des convictions et des comportements des citoyens relativement au français. Où sont les enquêtes sociolinguistiques montrant l'évolution des convictions des francophones à propos de leur propre langue? Où sont aussi les études mesurant l'usage du français dans l'espace public par les francophones «bilingues»?
Où sont les programmes gouvernementaux incitant les francophones à parler le français spontanément et à inviter, voire à aider, tout interlocuteur à en faire autant? Qui d'autre que le seul gouvernement francophone d'Amérique du Nord peut prendre le relais d'Impératif français, cet organisme qui loue temps et espace dans les médias pour suggérer de faire entendre du français?
Pour 1000 manifestants francophones réclamant un renforcement de notre politique linguistique, combien sont-ils à exprimer une totale indifférence, voire à justifier l'usage de l'anglais au nom d'une sacro-sainte «ouverture sur le monde»? Pire, combien sont-ils à considérer la question linguistique dérangeante, notamment pour le commerce et les affaires, ces soi-disant chasses gardées de l'anglais? Combien sont-ils à parler joual et à mépriser ceux qui honorent le français, tel Jean Chrétien dans Le confort et l'indifférence (Denys Arcand, 1981)?
Il n'est pas banal de savoir combien de francophones bilingues voient dans l'usage de l'anglais une langue plus prestigieuse et plus efficace en divers domaines : travail, communications, commerce, affaires, information (journaux, radio, télé), carrière scientifique ou artistique, etc. Après tant d'années de laisser-faire, il est urgent d'abattre ce cheval de Troie que l'État a laissé grossir au sein de la majorité francophone. Que ces francophones soient 150 000, 200 000, voire 300 000, n'a pas la même signification que s'ils n'étaient que quelques centaines placés dans des situations particulières.
Un gouvernement francophone ?...
Il y a au gouvernement du Québec le parti des anglophones et immigrants depuis avril 2003. Le Quebec Libéral Party. Comment pouvez-vous dire le contraire ?...
« Il n'est pas banal de savoir combien de francophones bilingues voient dans l'usage de l'anglais une langue plus prestigieuse et plus efficace en divers domaines : travail, communications, commerce, affaires, information (journaux, radio, télé), carrière scientifique ou artistique, etc »
Tous les souverainiste du Bloc et du PQ, sont de cet avais.
Parce que, ils ne sont plus francophones. Ils sont bailingues.
Un bailingue québécois n’appartient plus au Québec, ni au Canada qui n’est pas bailingue. Il est en réalité orphelin.
Au Québec l'anglo-américain n'est pas enseigné comme une langue seconde. Mais, bien comme une langue de remplacement au français, au travail.
CH
Ca prends pourtant pas un DEC pour comprendre. Il n'y a personne ici qui doute que l'anglais n'est pas la langue officielle de tous les pays.
Dans un monde idéal ou les gens de la minorité anglophone du Québec vivrait avec nous et participerais à notre société il y en aurais pas de problème. Mais ce n'est pas le cas! Les institutions anglophone à Montréal sont trop financé par rapport à la population qu'ils "devraient" desservir. Alors cela laisse l'impression que la Majorité Francophone est bien mal foutue. Donc les immigrants qui arrive ici ne sont pas fou et ils voit bien qu'on est mieux servit avec l'anglais à Montréal.
En passant il n'y a rien de mal à imposer sa langue et sa culture quand on est majoritaire dans son pays, c'est même normal! Mais quand on est une minorité dans sont propre pays ils faut en assumer les conséquences.
Un peuple qui meurt ca meur longtemps ca fait mal et pis c'est douloureux longtemps!
Il ne faut pas oublier que nous avons le droit d'être servit en Français partout au Québec. Quand nous n'utilisons pas ce droit cela n'est pas interprète par les immigrants et les anglophones comme du respect et de la tolérance mais bien comme de la faiblesse, et comme un désintéressement de notre propre langue. Et personne ne respect ça!
Oui exiger d'être servit en français c'est exigent et cela va en faire "suer" une couple. Mais c'est la seul façon de ce faire respecter et de durer comme peuple dans le temps. l'alternative reviens à renier 400 ans d'histoire.
Parler une langue correspond à une manière de vivre, une culture. etc. Çà ne me tente pas de devenir américain.
Comprendre l'autre est un avantage dans toutes negociations , et celui qui gagne en general, est celui qui est le plus brillant dans la langue utilisee...
Perdant, gagnant, cela depend de quel cote on aimerait etre... donc 1 langue, 2 langues , 3 langues ne feraient qu'ameliorer notre sort, a mon humble avis. L' addition de connaissances est elle plus a considerer que la soustraction?
pierre m de ruelle
Vouloir imposer le Français comme langue de travail unique équivaut, à mes yeux, à nier les avantages de la technologie des téléphones intelligents, en arguant que le bon vieux téléphone à cadran rotatif traduit mieux les états d'âme de la culture Québécoise, laquelle a commencé à se faire connaître pendant que nous vivions tous pendus au bout du fil du seul appareil téléphonique que nous connaissions alors. Prenons le meilleur des deux mondes et protégeons l'ancien sans décrier le nouveau.
Dans le futur, on ne pourra pas contourner l'obligation pour les Québécois de bien parler et écrire l'Anglais, parce que le futur économique et scientifique du Québec est intimement lié aux exigences internationales qui ont depuis longtemps assis l'Anglais comme langue de communication dans ces domaines.