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Aparté sur la laïcité de l'État pour contrer les revendications radicales

19/03/2015 10:10 EDT | Actualisé 19/05/2015 05:12 EDT

ou Le danger potentiel de l'action de gens refusant de prendre conscience de la nature d'une situation de problèmes

J'entends ici présenter un élément de réflexion sur cette attitude à vouloir éviter de s'attaquer à la nature profonde d'une situation de problème de manière à ne pas remettre en question des motivations de son action. Je procéderai par analogie.

Le refus - ou l'incapacité - de prendre conscience et de traiter de la nature d'une situation de problème à la source, en amont, fait en sorte qu'une foule de situations de problèmes ne peuvent être résoutes, toute action ajoutant alors à l'injustice créée par des précédentes. Ainsi le Mal procède du bien dont se réclament les biens pensants.

La trame des tragédies de l'humanité est entrelacée de deux types de caractères : les méchants et les naïfs, les premiers participant à l'œuvre du Mal par leur nature propre, les autres par leur crédulité, ou par simple besoin inconscient d'être sécurisé par les représentations sécurisantes du Mal incarné...

Qui refuse de voir se transforme en un Quasimodo pathétique traître à ceux qu'il voudrait défendre et aimer...

La coopération de Quasimodo à la recherche d'Esmeralda par le capitaine de la milice illustre le propos : la métamorphose de bonnes intentions en une action néfaste. L'inconscience de la nature de la situation de problème mènerait à la catastrophe ceux que l'on voudrait aider!

La créature Bella Bianco Vestita

«Quasimodo amena lui-même Tristan L'Hermite à toutes les cachettes possibles, lui ouvrit toutes les portes secrètes, les doubles fonds d'autel, les arrière-sacristies... Si la malheureuse y eût été encore, c'est lui qui l'eût livrée...»

Notre Dame de Paris, Victor Hugo

Des manifestations de ce comportement conduisent à des actions navrantes.

Je soumets qu'il peut correspondre assez bien à celui d'adultes si aveuglés par leurs motivations propres qu'ils livrent leurs parents à la réclusion sous le régime des fonctionnaires d'un CSSS, assurément pour apaiser sans le reconnaître des angoisses obsessionnelles ou pour acquérir un sentiment de sécurité et de bonne conscience. Mais les parents âgés ne s'en sortiraient jamais, leur confinement étant perpétuel par le fait même des évaluations d'inaptitude et du syllogisme plénipotentiaire implacable selon lequel on n'aurait plus à demander l'avis de personnes jugées, le libre consentement et la liberté étant alors annihilée au profit de l'interprétation d'une répondante insécure ou d'une travailleuse sociale cherchant à se protéger contre tout recours légal. Refuser de regarder pour ne pas affronter la réalité, quitte à mener au bûcher ceux que l'on devrait pourtant aider, et c'en est fait de la dignité pour le reste des jours des vieux!

Dans le domaine des affaires politiques, observons que l'immigration à portes ouvertes s'ouvre sur des problèmes de non-intégration (extrémisme, criminalité, radicalisation, etc.) alors même que l'apport disproportionné d'une immigration anglotrope marginalise les communautés francophones et les Autochtones. Mais on se refuse à remettre en question cette politique, trop aveuglé par l'idéologie du multiculturalisme et les avantages économiques d'une main-d'œuvre abondante pour certaines régions anglophones.

Nihilisme, laïcité et intégrisme islamiste

L'analogie fournit un éclairage décapant sur cette curieuse manière d'en appeler de la laïcité en tant que moyen de contrer des revendications islamistes de nouveaux arrivants. Certains proclament que la diversité croissante du Québec (pluralité ou multiplicité ?) nous obligerait à effacer progressivement les symboles de l'identité distincte (culture religieuse séculaire, patrimoine culturel et social, etc.) Certains de ceux-là (Bouchard-Taylor) semblent faire évoluer lentement leur réflexion à la lumière d'une accumulation de faits. Heureusement, car il y des évidences qui ne peuvent qu'ébranler les vues théoriques d'un honnête rationaliste - et il n'y a pas de cohésion sans intégration positive fondamentalement, qu'on se refuse ou pas à prendre conscience de cette vérité d'expérience.

Chose certaine, la manifestation populaire d'une tendance à s'effacer pour ne pas déplaire gruge le fondement de volontés d'être en continuité avec l'héritage patrimonial - langue, culture, histoire-. L'intégration linguistique au français paraît déjà compromise par cette attitude à passer à l'anglais dès qu'un immigrant au français hésitant apparaît, donnant ainsi l'impression d'une langue identitaire inepte à la communication inter-culturelle ou à communiquer des choses utiles. Et on refuse de voir que cette attitude de petit peuple rend déjà impossibles tant l'estime de soi que le respect des autres, et sape l'attrait pour la société dite distincte. Refuser de voir, et voilà la naïveté de Quasimodo mise à l'œuvre... et ce trait de caractère général scelle la non-intégration des nouveaux arrivants, leur transfert effectif à l'anglais et à la culture anglo-américaine...

À l'autre bout de ce spectre de la cohésion sociale (et la cohésion sociale est faite de consensus dynamiques en continuité avec les traditions), intégrer les immigrants à la société canadienne-française - ou québécoise - serait les amener à s'approprier notre histoire, notre culture, notre langue identitaire, et une passion pour un projet d'affirmation d'une société distincte.

N'est-ce pas le bon sens, le gros bon sens, qu'un peuple ne progresse pas en abolissant ses héritages? Il n'évolue pas en se déracinant de ses fondements, ni en effaçant les traces historiques? - Mais, faut que je me pousse pour ne pas gêner l'expression des autres, et me réduire à n'être qu'un Canadien errant? - On comprend dès lors que derrière ce changement démographique de l'immigration se cache celui d'un enjeu identitaire, être ou ne pas être (à moyen terme) autrement que dans la perpétuation de luttes angoissantes pour la survie et l'identité. L'immigration ne menace pas la société anglophone, car celle-ci oblige de facto à l'intégration linguistique et à l'américanité (ou sa variante faiblarde, la canadianité angophone). Refuser de voir ce processus, c'est refuser de traiter adéquatement de politiques en matière d'immigration, de langue et de culture.

Ainsi, par analogie, le comportement Quasimodo - répandu dans la population et chez les politiciens - alimente une course vers l'anéantissement, dans la négation d'une liberté et d'une dignité distinctement affirmées.

Ainsi cette navrante attitude nihiliste alimentant l'appel à la laïcité (telle que définie par l'inepte projet de charte de la laïcité/des valeurs ou ses relents impropres à correspondre à la nature de la situation de problèmes) n'est pas non plus l'avenir d'une société stable et viable, mais le présage de son effacement progressif angoissant... pour gêner la montée des affirmations revendicatrices de religions nouvellement installées en territoire canadien, mais sans toutefois gêner la montée de la radicalisation s'érigeant sur le vide créé au sein même de la société distincte...

Comprenons dès lors que la société québécoise assumera le caractère fort de sa culture religieuse patrimoniale ou ne sera pas, littéralement.

Cette affirmation est nécessaire (aurait été indispensable) pour projeter dans l'avenir - en continuité avec notre maître le passé - l'affirmation des contributions inter-culturelles, pour donner la curiosité de s'approprier notre histoire, les luttes résilientes, de comprendre un trait de caractère de la nordicité liée à l'affirmation de la culture religieuse chrétienne d'ici, pour mener les énergies consacrées à l'affirmation sociétale toujours de caractère, d'expression et de culture de langue française identitaire...

Compléments de réflexion :

  1. La duperie du multiculturalisme canadien
  2. Le biais nihiliste québécois

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