Michael Binnion

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La Terre empoisonnée

Publication: 02/11/2013 09:51

Le Devoir rapportait mardi qu'une coalition de groupes environnementaux du Québec m'a écrit une lettre à l'occasion de la Conférence annuelle de l'Association pétrolière et gazière avec l'intention de me provoquer.

C'est réussi! J'écris ce billet sous le coup de l'indignation.

Le groupe accuse mon industrie de chercher à empoissonner l'environnement. Il ajoute ensuite que leur accusation est fondée sur la position de la Banque mondiale, de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et de la communauté scientifique.

Vraiment? La Banque mondiale, l'AIE et même la communauté scientifique croient donc que nous tentons d'empoissonner l'environnement?

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Notre industrie repose sur la science. Nos travailleurs sont en grande partie des ingénieurs, des géologues, des géophysiciens et de nombreux autres scientifiques hautement spécialisés. Ce sont aussi des professionnels régis par des normes et des lignes de conduite.

En outre, nos travailleurs vivent aussi dans l'environnement. Nous sommes non seulement des scientifiques, mais aussi des randonneurs, des skieurs, des chasseurs, des pêcheurs, des cyclistes et des parents. Hé oui, aussi vraisemblable que cela puisse paraître, nos travailleurs ont aussi des enfants! Nos travailleurs aiment boire de l'eau saine et respirer de l'air frais, tout comme leurs enfants.

Comment peut-on envisager que des travailleurs, qui se trouvent parmi les plus qualifiées, les plus savants et les plus expérimentés, ne mettent pas en application leurs savoirs dans leurs décisions au quotidien? Nos travailleurs sont les voisins d'enseignants, d'infirmiers, d'autres travailleurs du secteur pétrolier et même d'environnementalistes. Et ils vivent avec leurs enfants aussi.

Sans énergie, les hôpitaux, les écoles, les iPhones ou même les bicyclettes n'existeraient pas. L'énergie est le fondement de notre société et elle nous concerne tous. Les consommateurs font face à une multitude de choix énergétiques et peuvent décider de la façon d'équilibrer leur « régime » énergétique. Nous améliorons les choix énergétiques tous les jours, ce qui renforce du coup l'équilibre de notre « régime » énergétique.

Je suis fier de notre industrie. Nous travaillons fort, très fort... Ce n'est pas évident d'offrir l'énergie dont tout un chacun a besoin à un prix abordable, tout en réduisant constamment notre empreinte écologique. Pourtant, nous y parvenons. Nous y parvenons en mettant de l'avant de remarquables innovations technologiques.

Nous lisons également les rapports de la Banque mondiale et ceux de l'AIE. Nous sommes des scientifiques qui possédons une expérience concrète et qui sommes à même de comprendre la signification de tels rapports. Ils ne signalent aucunement que notre industrie essaie d'empoissonner l'environnement. N'est-ce pas le comble du ridicule? Ces rapports signalent plutôt qu'il faut poursuivre nos travaux. Il faut trouver de nouvelles et de meilleures technologies. Il s'agit de la seule façon de pouvoir continuer à profiter d'énergie abordable et à réduire notre empreinte écologique.

Nous partageons cette position. Nous la vivons au quotidien.

P.-S.
Nos détracteurs devraient lire la section du rapport de l'AIE qui indique que nous sommes entrés dans l'âge d'or du gaz naturel. Barack Obama parle du gaz naturel comme de la future énergie verte de l'Amérique. Pourtant, les manifestants du Québec entravent le développement du projet de gaz naturel Utica, qui est sans doute la source de gaz naturel la plus propre qui soit en Amérique du Nord. Et ils se disent fiers d'eux?

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  • Prolongement du North East — Access Pipeline

    Longueur : 297 km. Capacité : 350 000 barils par jour de bitume dilué. Investissements : non-disponible. Expansion d'un système d'oléoducs déjà en service. De Conklin, lieu d'extraction des sables bitumineux, jusqu'au terminal Sturgeon, près de Redwater, tous deux en Alberta. Le projet est peu controversé puisque d'autres pipelines existent déjà, presque sur les mêmes tracés. La construction est donc déjà amorcée. Source : Canadian Energy Pipeline Association

  • Northern Gateway — Enbridge

    Longueur : 1,177 km Capacité prévue : 525 000 barils de pétrole par jour Investissements : 5,5 milliards de dollars Enbridge cherche à exporter du pétrole vers la Chine depuis un terminal sur la côte ouest. Le projet est cependant sur la glace. Le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique a refusé d'y donner son aval, considérant qu'Enbridge n'a pas donné de réponse satisfaisante aux inquiétudes de la population et des Premières Nations. Source : Canadian Energy Pipeline Association

  • Ligne 9B — Enbridge

    Longueur : 639 km Capacité : 300 000 barils de pétrole par jour Investissements : 110 millions de dollars (aucune nouvelle construction nécessaire) Un plan B qui devient crucial. Puisque le pétrole albertain se dirige vers une impasse avec deux projets freinés (Northern Gateway et Keystone XL), l'industrie cherche des débouchés à l'Est. Enbridge voudrait inverser le flux de l'oléoduc existant, pour acheminer du pétrole de North Westover (Ontario) jusqu'à Montréal. La compagnie Enbridge promet de fournir un pétrole brut moins dispendieux que celui actuellement importé de l'étranger. Les environnementalistes déplorent que le pétrole des sables bitumineux soit particulièrement polluant. Quelques groupes ont également évoqué des inquiétudes sur la sécurité du transport, rappelant qu'Enbridge a été reconnue responsable de plusieurs déversements aux États-Unis, dont celui de plus de 3 millions de litres au Michigan. La décision est attendue au début 2014. Source : Canadian Energy Pipeline Association

  • Oléoduc Énergie Est — TransCanada

    Longueur totale : 4500 km Capacité : 1 million de barils de pétrole brut par jour Investissements : 12 milliards de dollars L'objectif est de convertir 3000 km de gazoduc en oléoduc entre l'Alberta (Hardistry) et l'Ontario et construire un pipeline supplémentaire de 1400 km jusqu'à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick. Le Québec deviendrait donc un endroit de transit. L'étude du projet qui nécessite de nouvelles infrastructures d'envergure pourrait être assez longue. Il ne démarrera pas avant 2017. Source : Canadian Energy Pipeline Association

  • Keystone XL — Trans Canada

    Longueur : nouveau tronçon de 2000 km. Capacité : 830 000 barils de pétrole par jour Investissements : 7 milliards de dollars. L'industrie albertaine des sables bitumineux cherche à exporter le pétrole de l'Alberta jusqu'aux raffineries du Texas, pour le marché américain. Le projet affronte de l'opposition locale, puisque l'on redoute que les impacts économiques soient faibles et parce que le pétrole des sables bitumineux est réputé très polluant. Le président Obama hésite à approuver cet oléoduc. Source : Canadian Energy Pipeline Association

  • Expansion du pipeline Trans Mountain — Kinder Morgan

    Longueur : 1150 km sont déjà en place, l'expansion prévoit 980 km supplémentaires pour transporter du pétrole brut. Capacité : Faire passer la capacité de 300 000 à 890 000 barils par jour. Investissements : 5,4 milliards de dollars Il s'agit de doubler l'oléoduc déjà existant pour en augmenter la capacité, en conservant à peu près le même tracé. Des inquiétudes ont été soulevées quant à la sécurité du transport par oléoduc, puisque des fuites des tuyaux de cette compagnie sont survenues à plusieurs reprises dans les dernières années. La plus récente anomalie, en juin 2013, aurait laissé échapper jusqu'à 4000 litres. Source : Canadian Energy Pipeline Association

  • Programme « light oil access » — Enbridge

    Longueur : plusieurs projets. Capacité totale : acheminement d'environ 400 000 barils supplémentaires par jour Investissements : 6,2 milliards de dollars pour l'évaluation préliminaire. En réponse aux changements dans la production et la demande en Amérique du Nord, on veut approvisionner davantage les raffineries de l'Ontario, du Québec et du Midwest américain. Au programme : expansion des canalisations, augmentation de la puissance de pompage et de la capacité des terminaux. Les différents projets devraient être sur pied entre 2014 et 2016. Source : Canadian Energy Pipeline Association

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