Michael Binnion

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Mais où est tout le monde?

Publication: 25/05/2013 02:18

Depuis longtemps, on prétend qu'il faut s'y prendre différemment pour exploiter le gaz naturel moderne dans la vallée du Saint-Laurent, car il s'agit de l'une des régions les plus peuplées au Québec. On nous l'a répété quand le moratoire du projet de loi 37 a été déposé. Mais si c'est vrai, où sont tous les gens dont on parle?

J'ai rencontré les représentants de neuf municipalités régionales de comté (MRC) et j'ai beaucoup voyagé dans les basses terres. Je n'y ai pas vraiment vu de populations denses. J'ai donc décidé de me de faire une petite recherche sur les MRC afin de déterminer où sont les habitants. J'ai constaté que la région concernée inclut certains des secteurs les plus peuplés au Canada, mais aussi certains des endroits les moins habités. Vous trouverez ci-dessus, pour information, un fichier sur les densités de population.

La ville de Montréal y est incluse, mais on n'y retrouve pas de schiste. On y compte environ 4 000 personnes par kilomètre carré. Plutôt dense, compte tenu du fait que Hong Kong dénombre 6 500 habitants par km2.

À l'autre extrême, la Côte-de-Beaupré, aussi incluse, compte seulement 5,2 personnes par km2. Ce chiffre est même légèrement inférieur à la densité de l'ensemble de la population de la province de Québec, qui regorge de grands espaces inhabités.

La Pennsylvanie renferme le plus important développement de gaz de schiste au monde, et on y retrouve 107 personnes par km2. La densité de la population en Alberta est un peu plus élevée que celle de la population du Québec (5,25), soit 5,5 habitants par km2. Seules 8 des 33 MRC visées par le projet de loi 37 recensent une population plus dense qu'en Pennsylvanie. La plupart d'entre elles se trouvent dans la région de Montréal.

D'autre part, 13 d'entre elles enregistrent une densité de population inférieure à Red Deer, Alberta (26,9) ou à Jefferson County, Pennsylvanie (26,7), qui sont au cœur du développement pétrolier et gazier.

Contrairement à ce que prétendent les opposants au développement du gaz naturel, la grande majorité des MRC sont très peu peuplées. La densité moyenne de toutes les MRC visées par le moratoire est uniquement de 46,3 personnes par km2, même en incluant les municipalités situées dans la région de Montréal. Sans compter que l'industrie pétrolière et gazière s'intéresse bien peu à la région de Montréal. Comme je l'ai mentionné, on ne retrouve même pas de roche-réservoir dans ce secteur. En l'excluant, la densité de la population est pour ainsi dire équivalente à celle de Red Deer et de Jefferson County.

Du point de vue de la topographie de surface et de la densité de la population, la grande majorité des basses terres du Saint-Laurent est extrêmement propice à l'exploration pétrolière et gazière. Bien entendu, il faut quitter la ville pour le savoir.

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  • CONTRE: la pollution de l'eau

    La fracturation hydraulique, qui consiste à pulvériser un mélange de produits chimiques et de sable sur la pierre pour faire éclose le gaz, pose des risques de contamination de la nappe phréatique. Une douzaine de cas ont été répertoriés aux États-Unis. Les images d'eau qui s'enflamme ont aussi fait le tour du monde. Une <a href="http://insideclimatenews.org/news/20111104/gasfrac-propane-natural-gas-drilling-hydraulic-fracturing-fracking-drinking-water-marcellus-shale-new-york" target="_hplink">nouvelle méthode de fractruation sans eau </a>est envisagée aux États-Unis, mais les écologistes sont sceptiques.

  • POUR: le potentiel énergétique

    Les réserves de gaz de schiste au Québec sont importantes, et le potentiel d'exploitation est indéniable, ce qui pourrait rapporter des redevances à l'État. Dans <em>The Telegraph</em>, Christopher Booker <a href="http://www.telegraph.co.uk/comment/columnists/christopherbooker/8500496/Shale-gas-could-solve-the-worlds-energy-problems.html" target="_hplink">estime que les réserves seraient suffisantes pour assurer les besoins énergétiques pour des centaines d'années</a>.

  • CONTRE: Plus d'émission que le charbon

    Le méthane qui se dégage lors de la fracturation est un des principaux gaz à effet de serre. Selon plusieurs études, ces émissions sont supérieures de 20 % à celles dégagées pendant l'exploitation du charbon.

  • POUR: Plus vert que les autres énergies fossiles

    <a href="http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=natural-gas-could-serve-as-bridge-fuel-to-low-carbon-future" target="_hplink">Les chercheurs du MIT ont conclu</a> que remplacer les centrales de charbon par des centrales de gaz naturel pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de moitié.

  • CONTRE: Des séismes provoqués par la fracturation

    <a href="http://oilprice.com/Energy/Natural-Gas/U.S.-Government-Confirms-Link-Between-Earthquakes-and-Hydraulic-Fracturing.html" target="_hplink">Plusieurs tremblements de terre</a> sont liés à la fracturation hydraulique. L'entreprise britannique <a href="http://www.cuadrillaresources.com/cms/wp-content/uploads/2011/11/Cuadrilla-Resources-Press-Release-02-11-11.pdf" target="_hplink">Cuadrilla Resources</a> a notamment admis que le procédé «provoque des événements sismiques mineurs»

  • POUR: Des emplois

    <a href="http://www.treehugger.com/fossil-fuels/facts-on-fracking-pros-cons-of-hydraulic-fracturing-for-natural-gas-infographic.html" target="_hplink">L'industrie du gaz aux États-Unis emploie 1,2 million de personnes</a> et le département américain de l'Énergie estime que les ressources ont augmenté de 65 % grâce au procédé de fracturation hydraulique. De plus, <a href="http://www.bu.edu/energy/files/2011/07/Fracking-article-Sept-14-2011.pdf" target="_hplink">l'industrie évalue les retombées à 385 milliards de dollars aux États-Unis</a>, selon un article de la revue <em>Nature</em>.

  • CONTRE: Les produits utilisés

    Les entreprises n'ont pas à divulguer les produits qu'ils utilisent dans la fracturation hydraulique aux États-Unis. Est-ce aussi le cas au Canada?

  • POUR: Du temps pour développer les énergies renouvelables

    L'ancien chef de cabinet de Bill Clinton et ancien patron du Center for American Progress <a href="http://www.businessweek.com/magazine/could-shale-gas-reignite-the-us-economy-11032011_page_2.html" target="_hplink">John Podesta croit que le gaz naturel peut</a> devenir un pont au 21e siècle vers des énergies renouvelables.

  • CONTRE: Il faut beaucoup d'eau

    La fracturation hydraulique peut requérir jusqu'à <a href="http://www.hydraulicfracturing.com/Water-Usage/Pages/Information.aspx" target="_hplink">20 millions de litres d'eau</a>. Dans certains cas, <a href="http://www.treehugger.com/fossil-fuels/facts-on-fracking-pros-cons-of-hydraulic-fracturing-for-natural-gas-infographic.html" target="_hplink">moins du tiers de l'eau est récupérée</a>.


Densité de population par MRC

 

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