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La partisannerie est le pire ennemi de la lutte contre la corruption

20/05/2014 12:48 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

Depuis la fin de la dernière campagne électorale, notre parti, le Vrai changement pour Montréal, a martelé que la meilleure arme pour combattre la corruption et la collusion était la transparence. Le cas récent d'un contrat accordé sans appel d'offre à une firme d'avocats dont certains associés sont proches du parti du maire soulève des questions légitimes et ce, que les règles aient été respectées ou non. Notre parti a saisi l'occasion pour présenter une motion au conseil municipal selon laquelle tous les contrats accordés par la Ville devraient être rendus publics et facilement accessibles pour tous. Notre demande ne vise pas à empêcher certains fournisseurs d'obtenir des contrats auprès de la Ville, mais plutôt d'offrir au citoyen la garantie que l'octroi de contrats à la ville de Montréal se réalise au grand jour et ainsi, réduire les risques de favoritisme, de collusion et de corruption.

Plutôt que de voir là une occasion d'assurer un processus intègre au bénéfice des Montréalais, l'administration Coderre s'est contentée de répondre que tous les contrats étaient déjà publics, car ils se retrouvent à l'intérieur des sommaires décisionnels préparés pour les membres du comité exécutif, qui sont disponibles sur le site de la Ville. Malheureusement, cette réponse reflète une approche hypocrite puisqu'elle ne permet pas de changer les mœurs et façons de faire à la Ville, ce qui est au cœur de la problématique de la corruption.

En effet, s'il est vrai que les contrats se retrouvent dans les sommaires décisionnels - dont la majorité des Montréalais entendaient parler pour la première fois la semaine dernière - on ne peut certainement pas parler ici de transparence et d'accessibilité. Les sommaires décisionnels sont des documents de plusieurs centaines de pages produits chaque semaine pour les rencontres du comité exécutif. Il n'existe aucun référencement de leur contenu qui permette de faire une recherche. Par exemple, cela voudrait dire que pour retrouver les contrats accordés à une entreprise spécifique au cours des trois dernières années, un citoyen ou un journaliste devrait éplucher des centaines de milliers de pages de documents. L'information ainsi diffusée maintient un climat d'opacité, au détriment des citoyens. Nous sommes donc malheureusement encore bien loin de la transparence et de l'accessibilité qu'invite notre motion.

Le maire de Montréal, qui a récemment visité New York afin de constater comment leur administration a agi pour contrer la corruption, devrait savoir que la métropole américaine publie non seulement tous les contrats sur son site web, mais aussi l'ensemble des chèques émis par la ville : www.checkbooknyc.com.

Les moyens numériques sont disponibles et éprouvés. La diffusion et le référencement des contrats de la Ville devraient faire partie des priorités du directeur de l'information numérique que l'administration Coderre est justement en train de mettre en place. Il est temps de changer les réflexes et façons de faire vétustes de la Ville : ce n'est pas aux citoyens de se battre pour avoir accès à l'information, c'est la responsabilité de nos administrations de la rendre plus accessible et mieux organisée.

Nous vivons plus que jamais dans un monde où l'information est synonyme de pouvoir. Dans un tel contexte, la seule façon de lutter efficacement à long terme contre la collusion et le pouvoir des initiés est justement de démocratiser l'accès à cette information. Nous avons aujourd'hui les moyens pour le faire. Il ne manque que la volonté politique.

Les intérêts partisans sont en partie responsables des scandales de corruption et de collusion que nous avons connus au cours des dernières années. J'invite en ce sens l'ensemble des membres du conseil municipal à appuyer cette motion et à offrir à Montréal la transparence et l'accessibilité à l'information suffisantes pour rétablir le climat de confiance des Montréalais envers leur ville. Il en va de notre intérêt, à tous.

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