Mélanie Joly

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Montréal aux barricades

Publication: 15/08/2012 12:05

Je vous reviens en force, après de vacances bien méritées. L'été a été très beau et chaud. Outre les questions de météo, à Montréal, sur les terrasses et dans les bars, on parle d'élections. Croyez-moi, depuis que j'ai l'âge de voter, le Québec n'a jamais été aussi politique.

Même les Justiciers Urbains s'en mêlent. D'ailleurs, ils faisaient récemment remarquer que Montréal avait grand besoin de son Batman. Je rajouterais que la ville a également besoin de son Robin des bois. En effet, saviez-vous qu'environ 57% des revenus de toute la province proviennent de la grande région de Montréal? Or, de ce montant, on estime que notre métropole n'en reçoit que 48% de Québec*. Pourquoi cette différence de 9%, qui équivaut à des millions de dollars en financement dans notre région? N'est-il pas là l'argent pour l'extension du métro ou pour l'entretien des pistes cyclables 12 mois par année? Pourquoi personne à la mairie ne monte aux barricades pour réclamer le fait de combler le gap montréalais?

Pourtant, c'est bien temps de le faire! En pleine campagne électorale, les promesses d'aujourd'hui sont (normalement) les décisions de demain. Legault désire rebrasser (encore) les cartes au niveau de l'administration montréalaise. Il désire également mettre l'accent sur les trains de banlieue davantage que sur le métro. Les intentions de Charest et de Marois se font toujours attendre. Mais pourquoi, notre maire Tremblay et notre chef d'opposition, madame Harel, ne formulent-ils pas des demandes claires plutôt qu'une liste d'épicerie? Pourquoi ne font-ils pas en sorte d'attirer les projecteurs sur les besoins de notre ville? Seul Richard Bergeron l'a fait. Son intervention n'a même pas eu d'échos auprès des politiciens nationaux.

On le sait, Montréal, avec ses comtés bien campés, est dans un tel neverland électoral que la métropole du Québec est tantôt snobée par ses politiciens, tantôt fait l'objet d'un paternalisme exagéré. Il est grand temps que Montréal s'affranchisse du provincial en réclamant plus de pouvoirs au niveau de sa gouvernance et de ses revenus. Ce n'est pas à Québec, à tout changement de gouvernement, de s'immiscer dans la gouvernance de Montréal. La métropole doit s'en occuper elle-même (sa réflexion sur le financement des arrondissements en est un bon exemple). Ce n'est pas à Québec d'imposer à Montréal sa dépendance aux taxes foncières. Montréal peut elle-même s'attribuer différents moyens pour se financer (les recettes liées à l'internationalisation du Bixi en est un autre exemple).

Pourquoi vous parlez de tout ça? C'est que je suis profondément convaincue que l'avenir d'une grande ville comme Montréal passe par une plus grande émancipation de ses pouvoirs. Montréal a tout pour faire en sorte d'offrir une qualité de vie extraordinaire aux Montréalais. Il n'en tient qu'au leadership de ses propres politiciens et aux pouvoirs qu'ils seront obtenir auprès du gouvernement provincial. Il ne reste que 21 jours pour monter aux barricades.

*Extrapolation des statistiques fiscales basée sur la répartition des recettes fiscales par région administrative au Québec

 

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