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Le besoin du 3%

04/10/2012 11:00 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST
PC

On le sait maintenant tout bon entrepreneur en construction qui voulait sa part des projets d'infrastructures à Montréal devait verser 3% à la caisse du parti de Gérald Tremblay. 3% de l'argent public versé à des fins partisanes. Lino Zambito l'a fait. D'autres également. Le procédé est connu: à travers le monde et depuis des lustres, au Québec comme ailleurs, nous sommes victimes d'une gangrène que l'on appelle corruption.

Ce qui me révolte au plus haut point dans ce système, c'est ce «besoin » de verser à la caisse. Ce besoin pour un entrepreneur malhonnête, on le comprend : la fin justifie les moyens. Mais qu'en est-il du besoin pour le parti au pouvoir de récolter tout cet argent? Est-ce que la corrélation est si forte entre les coffres bien garnis d'un parti et le pouvoir à la mairie? Moi qui pensais que le pouvoir des idées et des actions transcendait toute forme de politique. Peut-être suis-je trop naïve? Je sais bien que l'argent est le nerf de la guerre. Mais est-il si fondamental qu'il nous assure de gagner des élections? Est-ce que les citoyens sont si désintéressés qu'on peut les prendre pour des valises?

Revenons en arrière: nos élus montréalais crient famine particulièrement depuis la réélection du maire Tremblay en 2009. Apparemment, Montréal étouffait sous le poids des dettes. Comment se donner de l'air? Augmentons les taxes et les contribuables les paieront. Les arrondissements n'arrondissent pas les fins de mois? Pas grave. Coupons dans les services et donnons le droit de surtaxer encore une fois les contribuables.Bref, depuis 2009, la facture des citoyens a augmenté de 16.7%. Une augmentation vertigineuse de près de trois fois l'inflation au cours de la même période!

De 2006 à 2009, la Ville de Montréal a accordé plus de 490 millions en contrat d'infrastructures. 3% de ces sommes auraient été diverties vers le parti du maire Tremblay pour un total évalué à 15 millions. Considérant que ce coût est directement assumé par le contribuable montréalais, ces chiffres sont révoltants. C'est tout simplement faire financer le vol par les Montréalais. Et c'est sans compter le reste des subterfuges frauduleux révélés par la Commission Charbonneau.

Nos élus au pouvoir ont perdu toute légitimité. Alors même que Montréal fait face à des défis majeurs, tant au niveau de son leadership au Québec qu'à sa place dans le monde, nos représentants ont perdu toute forme de crédibilité pour diriger notre ville. Aucun élu du pouvoir ne peut défendre en toute honnêteté que l'augmentation du fardeau fiscal des Montréalais était nécessaire. Toute tentative future d'augmenter les taxes serait d'ajouter l'insulte à l'injure, car les citoyens se demanderont à juste titre à qui profitera cette hausse.

Le parti de Gérald Tremblay aura certes bien plus besoin que de 3%cette fois-ci pour s'assurer d'une autre victoire à la mairie de Montréal.