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Et si le port de Montréal était le véritable enjeu de la commission Charbonneau?

Publication: 15/02/2013 11:52

À suivre les travaux de la commission Charbonneau au quotidien, on en retient l'impression que le crime organisé, si crime organisé il y a, s'est fixé pour objectif non seulement de contrôler le secteur de la construction comme une fin en soi, mais aussi de corrompre au passage des politiciens qui n'attendraient que ça.

Vraie ou fausse, peu importe, c'est l'impression du commun des mortels. Malheureusement, les arbres de la forêt cachent le sentier qui mène à la caverne d'Ali-baba. La présidente de la Commission est limitée par son mandat, vrai! Mais l'examen des faits pourrait l'amener ailleurs.

Présupposée l'implication du crime organisé dans un secteur économique aussi important que celui des contrats publics dans la construction, peut en effet mener à bien des ailleurs, comme disent les poètes. Et un de ces ailleurs pourrait ramener sur la sellette la mission première du crime organisé: le crime! Or, la construction n'est pas un crime mais elle est souvent présentée, aux États-Unis par exemple, comme un territoire fertile pour des crimes possiblement plus graves que les malversations évoquées devant la Commission. Jusqu'à présent, il n'a pas été question de meurtres ou de trafic de drogue. On évoque surtout la collusion et à la corruption comme facilitateur.

Au Québec, le crime organisé se serait-il recyclé dans les ligues mineures?

En fait, peut-on sérieusement aborder de façon accessoire ou collatérale l'infiltration du crime organisé dans la construction sans que l'accessoire devienne le principal? La Commission d'enquête sur le crime organisé des années 70 visait le crime organisé au premier chef et des secteurs économiques dont l'alimentation et la restauration, par exemple, de manière collatérale.

D'où cette question : peut-on seulement effleurer le crime organisé sans ouvrir d'ores et déjà une boite de pandore révélant des crimes majeurs?

Pour mieux comprendre l'enjeu de la démarche, revenons à la question première. Quelle est la mission première du crime organisé? Le crime! Se poser la question c'est y répondre. Il n'est donc pas question de faire de nos caïds, des maçons, des menuisiers ou des entrepreneurs. Mais alors pourquoi se livrent-ils à cet exercice d'une «vie normale vouée au travail»?

Les activités criminelles privilégiées de nos caïds sont le trafic de substance illicites, le proxénétisme, le trafic d'armes, le jeu, la protection, etc. Alors pourquoi faire des fausses factures et déplacer des briques? Et pourquoi Montréal?

Nous pensons qu'il s'agit au premier chef de se rapprocher des donneurs d'ouvrage public, les politiciens, de les coller, de les étouffer de façon à ce qu'ils n'aient plus le choix, une fois «le bras dans le tordeur». La construction devient donc un moyen de provoquer ce rapprochement en créant des occasions. Et ça marche, ça court, semble-t-il. Pourtant, et jusqu'à présent, aucun crime majeur n'a été invoqué: nous nageons littéralement dans la criminalité de «cols blancs».

Mais il y a cette autre question à partir d'un constat alarmant : pourquoi les organisations concentrent-elles toutes leurs efforts sur Montréal? Le point faible de tous les trafics et des transports de biens volés ou de l'argent du crime, c'est la logistique, car il faut bien se mondialiser, entendons devenir global. Dès lors, on peut mieux comprendre l'intérêt pour Montréal et son port. La prise de contrôle d'une porte d'entrée et de sortie sur le continent nord-américain tel que le port de Montréal, et plus précisément de son important mouvement de containers, devient un élément charnière d'une activité criminelle à dimension internationale.

Le maire et le patron de son port vont donc attirer l'attention du milieu criminel. On peut donc raisonnablement penser que le milieu voudra se prononcer sur le choix d'éventuels prétendants à ces postes prestigieux sinon «le business, le vrai, va planter!».

Mais d'emblée, il faut les approcher et les faire saliver: la construction devient donc un véhicule de luxe, imprenable et efficace. Les contrats publics de construction comportent tellement de postes comptables et de procédures pouvant servir à masquer la fraude, la collusion et la corruption, que les chances d'être pris les mains dans le sac sont minimes d'autant plus que le coût des enquêtes pour y arriver est exorbitant.

En s'assurant les contrôle du trafic des containers dans le port de Montréal, autrement dit en maintenant au degré zéro la vérification, la surveillance et le contrôle des contenus, on garde ouverte une porte d'entrée vers les États-Unis pour tous les trafics imaginables, et en sens inverse, pour toutes les sorties d'argent et de bien volés. Ne perdons jamais de vue que nos trafiquants de substances illicites ne visent pas le marché de Joliette, Saint-Lin ou Brossard. On vise plus gros: Chicago, New York, etc. On peut se consoler en disant que l'épée de Damoclès de l'extradition pèse sur leurs têtes.

Mais en attendant, la commission Charbonneau risque de faire chou blanc de l'essentiel puisque le port de Montréal est en dehors de son mandat, ce qui reviendrait à enquêter sur le fédéral!

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  • Jean Roberge

    Le directeur général adjoint de la Ville de Laval, Jean Roberge, a confirmé avoir pris part au système de collusion à la Ville de Laval. « J'y ai moi-même participé », a-t-il confié à la commission Charbonneau. Jean Roberge a pris part à ce système alors qu'il était à la tête de la firme d'ingénieurs Équation Groupe Conseil, de 2002 à 2007. (Source: Radio-Canada)

  • Gaétan Turbide

    Le directeur général de la Ville de Laval, Gaétan Turbide, devait ouvrir le chapitre sur la ville de Laval, mais la commission Charbonneau a mis de côté son témoignage à la dernière minute. Vers 10:30 le matin même où devait débuter son témoignage, la procureure en chef Sonia Lebel a expliqué que la commission avait obtenu de nouvelles informations à son sujet. « À 9 h 15 ce matin, les procureurs de la commission ont appris des informations qui leur font sérieusement mettre en doute la crédibilité du prochain témoin, Gaétan Turbide ». C'est donc l'adjoint de Gaétan Turbide, Jean Roberge, qui est venu témoigner sur les malversations alléguées à la Ville de Laval. (Source: Radio-Canada)

  • Gérald Tremblay

    L'ex-maire de Montréal, Gérald Tremblay, a affirmé avoir congédié le collecteur de fonds Bernard Trépanier après avoir appris qu'il aurait exigé un pot-de-vin de 1 million$ à un promoteur. Le collecteur de fonds aurait demandé cette somme au promoteur SmartCentres pour un projet immobilier dans l'arrondissement Villeray-St-Michel-Parc-Extension. Par ailleurs, Gérald Tremblay a soutenu que son parti, Union Montréal, n'a jamais bénéficié de la fameuse cote de 3% que Bernard Trépanier aurait récolté auprès des firmes de génie collusionnaires. (Source: Radio-Canada)

  • Frank Zampino

    La commission a prouvé que Frank Zampino et Tony Accurso ont fait un voyage ensemble à Las Vegas en septembre 2006, en dévoilant quelques photos faites lors de ce voyage. La commission a du même coup dévoilé quelques photos d'un autre voyage que M. Zampino a effectué avec M. Accurso à Las Vegas, en février, cette fois en compagnie de l'ex-directeur général de la Ville, Robert Abdallah. L'ancien bras droit du maire Gérald Tremblay a admis qu'il a séjourné sur le bateau de l'entrepreneur en construction Tony Accurso avec sa famille dès 2005, sans payer quoi que ce soit. Ce voyage n'avait jamais été révélé, contrairement à ceux qu'il a effectués en février 2007 et 2008, soit avant et après le lancement de l'appel d'offres dans le dossier des contrats d'eau. <em>Le Huffington Post Québec avec Radio-Canada</em>

  • Bernard Trépanier

    Bernard Trépanier a reçu des honoraires de 900 000 $ de Dessau entre 2002 et 2010, dont quelque 150 000 $ alors qu'il occupait le poste de directeur du financement d'Union Montréal. (Source: Radio-Canada.ca)

  • Rosaire Sauriol

    Moins d'une semaine après son témoignage à la commission Charbonneau, le vice-président de la firme Dessau, Rosaire Sauriol, a annoncé qu'il démissionnait du poste qu'il occupait au sein de l'entreprise depuis 1986. (Source: Radio-Canada)

  • Pierre Lavallée

    L'ancien président de BPR Inc., Pierre Lavallée, a confirmé qu'il a accepté de payer la ristourne de 3 % demandée par le directeur du financement d'Union Montréal Bernard Trépanier pour avoir accès aux contrats de la Ville de Montréal. « C'est stupide, on n'aurait jamais dû faire ça, mais on l'a fait ». Pierre Lavallée a démissionné de son poste de président de la firme BPR, qu'il occupait depuis 2008, le 26 mars 2013.

  • Yves Cadotte

    Le Parti libéral du Québec et le Parti québécois sollicitaient directement SNC-Lavalin pour obtenir des contributions politiques, a affirmé le vice-président principal de la firme de génie-conseil, Yves Cadotte. La firme récoltait ensuite les chèques des cadres supérieurs qui voulaient contribuer et les remboursait par des bonis versés spécifiquement à cette fin. (Source: Radio-Canada)

  • Claude Meunier

    Un autre ingénieur, Charles Meunier, qui travaillait cette fois pour la firme BPR, a confirmé qu'il a servi d'intermédiaire pour remettre des milliers de dollars comptant à Bernard Trépanier, l'ancien responsable du financement d'Union Montréal.

  • François Perreault

    Genivar a eu recours à de la fausse facturation pour pouvoir faire du financement politique municipal, a admis un ex-vice-président. François Perreault, qui a été vice-président de Genivar, a assuré que si la firme donnait aux partis politiques, c'est parce qu'elle était sollicitée pour le faire."Si on n'avait pas joué le jeu, je ne crois pas qu'on aurait survécu dans ce monde-là. C'est presque une obligation" au municipal, a-t-il lancé. (Source: Radio-Canada.ca)

  • Christian Ouellet

    Le mode de financement du parti Union Montréal, de 2004 à 2008, venait en partie de celui du Parti libéral du Québec, a expliqué à la Commission Charbonneau Christian Ouellet, ancien directeur général du parti Union Montréal, qui a aussi travaillé au PLQ. Par ailleurs, M. Ouellet, a reçu quelque 60 000 $ par année de la firme de génie-conseil Roche. Il disait n'y voir aucun conflit d'intérêts, n'a jamais avisé de cela le comité exécutif de la Ville ou le maire et a maintenu qu'il ne faisait que cumuler deux mandats à titre de consultant. (Source: Radio-Canada.ca)

  • Claude Léger

    L'ex-directeur général de la Ville de Montréal a admis à la commission Charbonneau que Frank Zampino lui a fait des demandes inappropriées, mais qu'il n'en a jamais parlé à Gérald Tremblay, par crainte... « Est-ce que vous vous seriez qualifié de naïf, que c'est peut-être l'image que vous projetiez? » lui a alors demandé la commissaire France Charbonneau. « Je pense que oui », a répondu Claude Léger. (Source: Radio-Canada)

  • Robert Marcil

    Lors de son témoignage, l'ex-directeur de la réalisation des travaux publics à la Ville de Montréal, Robert Marcil, a assuré qu'il n'était pas au courant que des entrepreneurs en construction faisaient de la collusion pour se répartir des contrats publics.

  • Joseph Farinacci

    L'ex-directeur de la Direction des stratégies et transactions immobilières de la Ville de Montréal, Joseph Farinacci, a affirmé que la vente du site Marc-Aurèle Fortin au promoteur immobilier Petra-St-Luc s'est produite de façon « irrégulière », après que l'ex-président du comité exécutif Frank Zampino, eut intervenu dans ce dossier.

  • Nicolo Milioto

    « C'est quoi la mafia M. Milioto? », lui a demandé la procureure en chef Sonia Lebel.« Je ne sais pas », a répondu l'homme qui fréquentait pourtant Nicolo Rizzuto père au café Consenza. Nicolo Milioto dit ne rien savoir des activités criminelles alléguées de Rizzuto. Il dit avoir croisé certains lieutenants du clan Rizzuto au café Consenza, sans savoir ce qu'ils faisaient dans la vie. (Source: Radio-Canada)

  • Giuseppe Borsellino

    Giuseppe Borsellino a fait des aveux sur son financement d'Union Montréal. Le témoin a entre autres admis qu'il avait fait un voyage de pêche à Plattsburgh le 5 juin 2008 avec Yves Lortie de Genivar et Robert Marcil, à l'époque grand patron des travaux publics à la Ville de Montréal.

  • Michel Lalonde

    Le président de la firme Génius Conseil, Michel Lalonde, affirme que sa firme ainsi que plusieurs autres remettaient des montants en argent à des partis municipaux ou provinciaux pour obtenir des contrats. Union Montréal, Vision Montréal, différentes élus de la rive nord de même que le PLQ, le PQ et l'ADQ auraient notamment bénéficié de ces montants.

  • Le maire de Laval Gilles Vaillancourt démissionne

    Dans la foulée, après avoir été visé par des allégations devant la Commission Charbonneau et ciblé par l'Unité permanente anticorruption (UPAC), <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/09/maire-laval-gilles-vaillancourt-demission_n_2099363.html">Gilles Vaillancourt a démissionné</a>. Par ailleurs, le maire de Mascouche, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/30/le-maire-de-mascouche-demission-marcotte_n_2217433.html">Richard Marcotte, a aussi quitté ses fonctions</a>. (Crédit photo: PC)

  • Le maire de Montréal Gérald Tremblay démissionne

    « On a trahi ma confiance, j'en assume l'entière responsabilité. » — <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/05/gerald-tremblay-retour_n_2075539.html">Gérald Tremblay</a>. (Crédit photo: PC)

  • Martin Dumont

    <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/10/30/martin-dumont-union-montreal-commission-charbonneau_n_2042857.html">Le témoignage de Martin Dumont</a>, ancien organisateur du parti de Gérald Tremblay, est un coup dur pour le maire de Montréal. Il affirme que ce dernier connaissait l'existence d'une double comptabilité dans son parti. (Crédit photo: PC)

  • Luc Leclerc

    Luc Leclerc, ancien surveillant de chantier à la Ville de Montréal,<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/01/luc-leclerc-commission-charbonneau-jeudi_n_2055838.html"> a reconnu avoir reçu au moins 500 000 $ en pots-de-vin</a> de la part d'entrepreneurs en construction. (Crédit photo: PC)

  • Gilles Surprenant

    Gilles Surprenant a corroboré le témoignage de monsieur Zambito. Il a entre autres affirmé avoir reçu <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/10/24/commission-charbonneau-surprenant-_n_2008604.html">quelque 700 000 $ en pots-de-vin</a> de la part des dix entrepreneurs membres du cartel des égouts actif à Montréal entre 2000 et 2008.

  • Lino Zambito

    Lino Zambito a mis à nu le stratagème de corruption et de collusion. Pendant sept jours, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/10/01/commission-charbonneau-lino-zambito-suite-temoignage_n_1928373.html">il explique que la mafia recevait 2,5 % des contrats</a>, le parti du maire Tremblay, 3 %. Il implique notamment le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, et des organisateurs libéraux comme Pierre Bibeau. (Crédit photo: PC)

  • Joe Pistone

    La commission d'enquête sur l'industrie de la construction a entendu l'<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/09/24/commission-charbonneau-joe-pistone-donnie-brasco_n_1908716.html">ex-agent vedette du FBI Joseph Pistone</a>. L'homme de 73 ans a témoigné derrière un paravent, au sujet des des liens que les clans mafieux montréalais ont entretenus avec la famille Bonanno de New York. (Crédit photo: PC)

  • Jacques Duchesneau

    <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/06/18/commission-charbonneau-duchesneau-lundi_n_1605415.html">La commission a entrepris ses audiences</a> avec un témoin incontournable pour mettre la table, Jacques Duchesneau. (Crédit photo: PC)

 
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À suivre les travaux de la commission Charbonneau au quotidien, on en retient l'impression que le crime organisé, si crime organisé il y a, s'est fixé pour objectif non seulement de contrôler le...
À suivre les travaux de la commission Charbonneau au quotidien, on en retient l'impression que le crime organisé, si crime organisé il y a, s'est fixé pour objectif non seulement de contrôler le...
 
 
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21:38 sur 20/02/2013
Just tell it straight, because you know.
20:50 sur 08/03/2013
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