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Le processus actuel de consultation publique à Québec est une farce

Depuis 2009, le maire de Québec a voulu abolir les conseils de quartier ou tout au moins diminuer l’implication des citoyennes et citoyens dans la vie démocratique de Québec.

04/07/2017 16:11 EDT | Actualisé 04/07/2017 16:17 EDT
Pgiam via Getty Images
Au-delà du débat sur le legs du maire Gilles Lamontagne à Saint-Roch, cet épisode révèle surtout le mépris de l’administration municipale actuelle pour les dispositifs de consultation.

Mandaté par le conseil municipal afin de tenir une consultation sur le changement du nom du parc de la jeunesse qui devrait être renommé en l'honneur du défunt maire de Québec Gilles Lamontagne, le conseil d'administration du conseil de quartier de Saint-Roch a rejeté à l'unanimité ce changement de nom lors de son assemblée du 15 juin 2017 et a plutôt proposé à la majorité d'appeler la marina Saint-Roch la marina Gilles Lamontagne.

Le conseil de quartier de Saint-Roch jugeait inapproprié de renommer un espace vert du nom d'un maire associé au béton notamment à la « bétonnisation » de la rivière Saint-Charles qui borde ce parc et à la construction de l'autoroute Dufferin-Montmorency qui s'était faite au prix d'une amputation d'une partie du quartier en dépit d'une opposition âpre des résidentes et résidents. Le rejet du conseil de quartier tient aussi à la symbolique du nom du parc de la jeunesse qui correspond au souhait d'accueillir les jeunes familles dans le quartier et à une volonté maintes fois exprimée par le conseil de quartier de réclamer des logements de grande dimension afin de répondre aux besoins des familles.

Face à une telle décision, nous nous demandons pourquoi consulter le conseil de quartier.

La décision définitive est censée revenir au comité exécutif de la Ville. Or, dès le lendemain de la consultation, avant même la réunion du comité exécutif, le maire de Québec clame que ce changement de nom se fera quoi qu'en dise le conseil de quartier. Face à une telle décision, nous nous demandons pourquoi consulter le conseil de quartier.

Et pourtant, la recommandation du conseil de quartier va dans le sens des avis manifestés par les citoyennes et citoyens. Présent à cette consultation, j'ai relevé que l'assemblée n'a pas refusé d'honorer M. Lamontagne, loin de là. Plusieurs intervenants ont reconnu son engagement au service du bien public (maire, ministre, lieutenant-gouverneur) et qu'il mérite d'être honoré en donnant son nom à un lieu représentatif de l'ampleur de son engagement public. Ceci explique la recommandation de dédier à sa mémoire la marina Saint-Roch, qui est la piscine extérieure la plus utilisée à Québec.

Le maire s'est prononcé contre la position du conseil de quartier avant même que le conseil exécutif ne se réunisse. En outre, ce rejet de la recommandation n'était aucunement motivé, sinon par l'argument fallacieux du faible taux de participation dû précisément au manque d'écoute de l'administration municipale actuelle qui décourage la participation des citoyennes et citoyens aux assemblées des conseils de quartier.

Depuis 2009, le maire de Québec a voulu abolir les conseils de quartier ou tout au moins diminuer l'implication des citoyennes et citoyens dans la vie démocratique de Québec.

En vérité, au-delà du débat sur le legs du maire Gilles Lamontagne à Saint-Roch, cet épisode révèle surtout le mépris de l'administration municipale actuelle pour les dispositifs de consultation. Depuis 2009, le maire de Québec a voulu abolir les conseils de quartier ou tout au moins diminuer l'implication des citoyennes et citoyens dans la vie démocratique de Québec. Dans ces conditions, l'adoption du projet de loi 122 qui confère aux municipalités des pouvoirs supplémentaires notamment en matière de consultation fait craindre une captation de ces pouvoirs au détriment des citoyennes et citoyens. Cette crainte est réelle en raison de la volonté affichée du maire de Québec de supprimer le recours au référendum.

L'élection municipale du 5 novembre 2017 est l'occasion pour les différents partis municipaux de prendre un engagement clair à cet égard. À Québec, Démocratie Québec est le seul parti qui s'engage à maintenir le référendum et à renforcer la consultation publique. Il en va du respect des institutions démocratiques que nous nous sommes collectivement données et qui sont allègrement bafouées depuis 10 ans.

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