Maxime Guérin

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Maxime Guérin
 

Où en sommes-nous?

Publication: 27/11/2012 10:17

Je me demande si, à l'époque de P.E.T. on avait le temps de se poser la question : Mais où en sommes-nous? La crise d'octobre, les felquistes, Pierre Laporte, les mesures de guerre, la constitution... Pas le temps de se poser ladite question!

Aujourd'hui, il est facile de qualifier les époques passées. Donc, dans le temps de Pierre Trudeau, on en était à la réforme constitutionnelle et, à peu près en même temps, au réveil indépendantiste du Québec. Au début des années 1990, on en était à la belle promesse, aux tentatives d'accords et de pactes constitutionnels.

Passé l'échec du référendum de 1995, j'ai l'impression que ce n'est que la société de consommation qui a pris de l'expansion. Les idéaux souverainistes ou fédéralistes ont fait place au train-train politique, au marasme politique. Tout le monde consomme, personne ne vote. Qu'est-ce qui qualifie la société actuelle, celle post-1995? Vous me répondrez en grand nombre que ce sont les technologies. Encore là, les technologies ne sont accessibles qu'à un certain pourcentage de la population.

Ma réflexion est la suivante: si l'engouement pour la souveraineté est faible, celui pour le fédéralisme l'est à peu près tout autant. Quel engouement y a-t-il donc? Le statu quo? Je n'oserais pas y croire.

Ponctuellement, on a eu la vague orange, la réélection de Barack Obama. On pourrait dire la crise isarëlo-palestinienne, mais elle dure depuis si longtemps. Que voit-on, donc, quand on prend le temps d'écouter Génération 2000 à Musimax? Pour moi, il est là le défi politique d'aujourd'hui. En effet, si la classe de 1963 de la Faculté de Droit de l'Université Laval a laissé sa marque avec ses Conrad Black et Brian Mulroney, c'est qu'ils ont fait jaser et qu'ils ont laissé leurs marques, peu importe la qualité de cette marque. Ils ont marqué les époques. Sans remettre en doute les motivations des Stephen Harper, Justin Trudeau, Bob Rae ou Thomas Mulcair de ce monde, comment les gens de la dernière décennie vont-ils marquer l'histoire canadienne et québécoise? C'est un peu le fond de ma question à savoir où nous en sommes.

Je ne crois pas une seconde que Charest va être inscrit dans les livres d'histoire avec la mention "Homme d'État qui a créé le fabuleux plan Nord". Je ne crois pas que Stephen Harper va apparaître comme l'homme aux avions de chasse ou qui a scrappé le registre des armes à feu "au grand bien du Canada". Je ne crois pas que Thomas Mulcair va être cité comme celui qui a renouvellé le parlement canadien, même si je me plais à y rêver. Je crois encore moins que Justin sera cité dans les documentaires pour des phrases aussi étonnantes que "Just watch me". Je le vois encore moins traiter un premier ministre de mangeurs de hot-dogs alors qu'il a à s'excuser pour de vieilles paroles irréfléchies qui ont un énorme coût politique aujourd'hui.

C'est un peu ça, au fond, le marasme politique et les taux de participation faibles. Il ne se passe pas grand-chose. Un évènement marquant?? Le printemps érable. Ce fut une belle cause, un énorme débat. Nous en verrons bientôt l'issu et, pour être honnête, j'ai plutôt l'impression que ce n'est qu'un problème de courte durée. Personne n'a de réelle cause actuelle, profondément motivante qui mobilise les rassemblements politiques où les discours enflammés sont déterminants. La preuve, il suffit pour Legault de répéter son message télésoufflé pour obtenir ses 20 sièges. Avant, quand on avait à choisir notre camp, la question était, pour l'électeur moyen, facilement réglée : souverainiste ou fédéraliste. On allait ensuite dans les rassemblements écouter les Lévesque, Trudeau, Bouchard, etc. On n'avait pas encore affaire à des leaders plastiques. Les leaders s'échappaient et se fâchaient. Les gens réagissaient!

Aujourd'hui, il y a une énorme indifférence face à la question. De plus, les chefs ont les mêmes cassettes en bouche et les partis offrent des options que peu connaissent jusqu'au fond. J'ai vu, dans la série sur René Lévesque à la S.R.C, un homme qui parlait avec spontanéité et coeur. La même chose avec Trudeau. C'était parfois croche, mais au moins c'était franc. C'est pour cela que le télésouffleur de Legault m'énerve autant.

Autrement, on vote donc pour son chef préféré, sans réelle motivation ou conviction forte comme celle de la question identitaire. Le marasme politique, il est entretenu par une offre accrue qui permet à tous de choisir son programme, de choisir son leader plastique. L'actualité et le débat politique sont minés, selon moi, par des divertissements qui nous éloignent du débat politique, qui nous éloignent de l'engagement social dans un débat d'idées. La faute à quoi? O.D. sans aucun doute... Et à la société de consommation plus globalement.

 

Suivre Maxime Guérin sur Twitter: www.twitter.com/MaximeGUCQ

Suivre Du Québec
Je me demande si, à l'époque de P.E.T. on avait le temps de se poser la question : Mais où en sommes-nous? La crise d'octobre, les felquistes, Pierre Laporte, les mesures de guerre, la constitution...
Je me demande si, à l'époque de P.E.T. on avait le temps de se poser la question : Mais où en sommes-nous? La crise d'octobre, les felquistes, Pierre Laporte, les mesures de guerre, la constitution...
 
 
Les commentaires sont clôturés pour cette entrée.
Afficher tout
Favoris
Date de publication  | 
Popularité
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
ombriere
12:11 sur 28/11/2012
vous vous souvenez de la chanson (je veux tout) d'arianne moffat? qui montre à quel point la consommation des choses et des sentiments est un droit acquis . ou pus près( ma vie c'est de la marde) qui dénote à quel point les gens son désabusés ou encore (kankon) de plume qui nous montre à quel point notre société est sclérosé . il y aurait d'autres exemples à donner mais je me contenterai de ceux la pour montré que les années 2000 ne sont pas différentes d'avant 95 nos problèmes ne sont pas plus grave ou plus complexes qu'avant, ils sont ce qu'ils sont . il est plus facile pour nous de dire qu'ils sont plus difficiles et complexes et que nous avons pas les politiciens pour les régler. mais dans les faits on n'écoutent pas les bonnes personnes pcq'ils dérange notre petites vie facile. il n'y a pas de désabusement il y a de l'individualisme à outrance qui nous fait regardez ailleurs
13:28 sur 27/11/2012
Vous l'avez bien dit : la société de surconsommation. Dans l'äge des ténèbres, de Denys Arcand, le mot final pour nos maux sociaux est DÉSINTÉGRATION. C'est la désintrégration d'un idéal. Les idéaux se brisent au nom de quoi? au nom de la surconsommation et de la surproduction. Cela passe aussi par la capitalisation de nos institutions. L'éducation n'est plus que outil au service de la globalisation des marchés, de notre production mécanique et de la consommation automate. Si ça ne sert à rien d'autre qu'à réfléchir, vaut mieux que ce soit proscrit, selon plusieurs. Le moindre geste pour donner un nouveau souffle peut paraître absurde. Mais de ne rien faire l'est encore plus. Il ne faut pas attendre le nouveau Levesque et cie pour incarner un nouvel idéal. Il faut l'incarner. En être un des acteurs au lieu de se contenter du statut de spectateur...
12:47 sur 27/11/2012
Il est vrais que nous n'ayons pas de chef d'état présentement , que des gouverne-ments,
Cela est nécessaire en période transitoire.
Je te rappelles aussi que nous n'avons pas perdus le Référendum en 95 ,on se l'ai fait voler..........pas tout à fait pareil,
De même que les problèmes d'aujourd'hui ne sont pas les mêmes qu'hier et qui sont beaucoup plus préoccupants que ceux d'hier.
Avant de passé a une vision d'avenir, il faut présentement démantelé ,la PYRAMIDE DES FRAUDES ET DES MAGOUILLES de tous genres ,qui ont été ériger dans toutes les sphères de la société.
OUVRAGE HERCULÉENNE en cour................Et cela se produit à la grandeur de la planète ,mondialisation oblige.
Les vrais " LEADERS " EXISTES PRÉSENTEMENT................Ils sont déjà a l'oeuvre .
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
photo
12:43 sur 27/11/2012
Droit pénal: Vous soulignez le scrappage du registre des armes à feu. Ajoutons la contestation de C-10 par le Barreau du Québec:
«Son but est de contester certaines dispositions de la loi, adoptée en mars dernier.
Le projet de loi C-10, baptisé «Projet de loi sur la sécurité des rues et des collectivités», prévoit notamment des peines de prison plus sévères pour les trafiquants de drogue et pour ceux qui commettent des agressions sexuelles sur des enfants. Il inclut aussi des périodes d'incarcération plus longues pour les jeunes contrevenants violents.»
http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/201211/27/01-4598144-le-barreau-du-quebec-conteste-la-loi-omnibus-dottawa-sur-la-criminalite.php

Conclusion: le droit pénal doit relever des provinces. Si les Albertains veulent jouer aux cow-boy, grand bien leur fasse. Mais les provinces moins puritaines (Québec, C-B...) ne doivent pas subir leur loi.

La santé doit également être décentralisée, pour le meilleur ou pour le pire. Les scandinaves ont renfloué leur système de santé en décentralisation au niveau régional. Certaines régions peuvent selon le contexte imposer un ticket modérateur alannt jusqu'à concurrence d'un certain montant.

Ces décentralisations ne viendront pas des feds: ils craignent trop l'impotence.