Maxime Guérin

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Progressisme et fédéralisme

Publication: 09/07/2012 06:26

Deux grands "maux" irréconciliables diront certains. C'est du moins ce que plusieurs croient, étant donné la seule option fédéraliste actuelle qu'incarne le Parti libéral du Québec. En effet, ce dernier a plutôt sombré du côté centre avec légère tendance à droite, comme nous l'a laissé voir la crise du conflit étudiant et le dernier budget Bachand. Ceci étant, je crois sincèrement qu'il est possible de rallier le progressisme de centre-gauche au fédéralisme asymétrique. Par progressisme j'entends la protection et l'amélioration du filet social québécois avec des politiques étatiques plus justes par rapport à la richesse des uns et des autres.

J'ai eu le privilège et la chance de rencontrer, il y a quelques semaines, l'ex-président de la CSQ, M. Réjean Parent, en plein coeur du conflit étudiant. Il était accompagné du secrétaire-trésorier de la CSQ, M. Daniel B. Lafrenière. Ce fut une rencontre très intéressante et M. Parent fut le premier à mettre la question sur la table: peut-on vraiment rallier progressisme et fédéralisme sous la même bannière? L'Union citoyenne du Québec en est un bon exemple. Il me semble que je lis déjà les commentaires habituels de certains indépendantistes moins respectueux de ma position me dire : "toi pis ton beaver club...bla bla bla". Je préfère m'éloigner de cela et plutôt axer sur le progressisme lui-même, dans le contexte fédéral actuel.

Oui, le contexte fédéral actuel comporte plusieurs lacunes, mais elles sont à mon avis surtout concentrées sur l'intervention du gouvernement actuel dans ses domaines de compétences. Pour moi, il est possible de vouloir faire la promotion d'un État québécois plus vert, en ajustant nos règles en matières environnementales, notamment en ce qui concerne le pouvoir du Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Aussi, il est possible de resserrer tout ce qui touche les exploitations pétrolières et des gaz de schiste au Québec, dans notre propre compétence territoriale. Cette intervention touche autant à l'environnement, une compétence partagée entre Québec et Ottawa, qu'à l'exploitation des ressources naturelles. Un autre bon exemple, c'est l'instauration d'un "mini-Kyoto" ou d'une bourse du carbone au Québec. Il serait tout à fait possible de reprendre les lignes du protocole de Kyoto et de les appliquer au Québec, ce qui est déjà sensé se faire, malgré que le fait que l'on en entende peu parler...

D'un autre point de vue, il est possible de vouloir améliorer le système de santé actuel en regardant autre chose que les coupures d'Ottawa vers les provinces. Je crois qu'il est possible pour notre société d'avancer en étudiant une collaboration éventuelle avec les autres provinces pour réduire les coûts associés aux médicaments ou encore en revoyant l'impact de la médecine préventive sur les coûts en santé.

Encore, il est possible pour le Québec de revoir son économie interne afin de favoriser le développement des PME locales ou encore en exigeant de la Caisse de dépôt des investissements locaux plus importants.

Je crois sincèrement, donc, qu'il est possible d'améliorer notre système d'imposition afin de baisser les impôts de la classe moyenne et des ménages à faible revenu en allant chercher des points d'imposition supérieurs chez les plus riches. Il est possible de penser construire un Québec moderne, i.e. un Québec où les inégalités entre les riches et les pauvres sont diminuées et où l'environnement prend une place plus grande dans nos vies.

Ceci étant, il est encore possible d'aller chercher des incitatifs progressistes au palier fédéral afin de les ramener vers le provincial, mais il reste encore que nous avons les moyens de nous donner la volonté de faire de grands changements et de grandes améliorations dans notre société, dans le Québec actuel. Il est temps qu'un groupe politique puisse se faire remarquer avec ces changements et, surtout, que pour ceux qui croient qu'il est possible d'allier progressisme et fédéralisme d'avoir une option concrète sur la table. Voici donc la venue de l'Union citoyenne du Québec, cette alternative pour ceux et celles qui veulent un changement interne au Québec. Nous souhaitons aussi proposer un changement plus externe dans les relations Québec-Ottawa car nous ne pouvons prôner les idéaux statu-quoïstes du PLQ.

C'est donc pour ces raisons que l'UCQ existe, et pour, en gros, donner une option à ceux qui croient qu'il y a encore une place pour la réunion de ces deux "maux" ou "mots" au Québec. C'est aussi pourquoi nous cherchons des candidats intéressants pour l'éventuelle campagne électorale de l'automne qui s'en vient !

maxime.guerin@ucquebec.org

 

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