Maxime Duchesne

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Où est Gérald Tremblay?

Publication: 30/04/2012 00:07

La manifestation du 25 avril a donné lieu à de nombreuses arrestations arbitraires. Des citoyens, ne sachant pas que la manifestation était devenue illégale, se faisaient matraquer, gazer et arrêter. Ce type de situation s'est produit à maintes occasions depuis le début du conflit étudiant. Pourquoi? Parce que certains groupes, masqués et tout de noir vêtus, détruisent tout sur leur passage et attaquent les forces de l'ordre. Et les policiers, épuisés et à bout de patience, cèdent parfois aux provocations de manière démesurée. Pourtant, ces groupes de casseurs n'ont aucune visée stratégique et aucune réelle proposition pour améliorer la société - s'imaginent-ils vraiment que le gouvernement et la police qu'ils honnissent tant tomberont après avoir fracassé quelques vitrines de commerces, avoir bloqué un pont ou avoir lancé des fumigènes dans le métro? Ces actes criminels sont le fruit d'individus frustrés utilisant la manifestation étudiante comme prétexte pour se défouler et faire le « party » sur le dos de contribuables. Par conséquent, il est consternant de voir le maire de Montréal, Gérald Tremblay, convoquer les médias afin de supplier publiquement le gouvernement libéral et les associations étudiantes de renouer les négociations, nonobstant le fait que les casseurs ne se soucient aucunement du dénouement de la crise. Il est grand temps que le maire de Montréal cesse de se plaindre de la situation et agisse en véritable leader.


Interdire les masques lors des manifestations serait un premier pas pour régler le problème. Le sentiment d'agir en toute impunité permet à plusieurs de commettre des actes qu'ils n'oseraient jamais faire s'ils se savaient reconnaissables et observés. Le maire a déjà évoqué la possibilité d'agir en ce sens, avant de finalement reculer sous la pression de groupes prônant les libertés individuelles. Il a récemment réintroduit l'idée et est toujours en réflexion. Dans la conjoncture actuelle, le maire aurait toute la légitimité d'aller de l'avant puisqu'il obtiendrait l'appui d'une majorité de Montréalais. Les groupuscules masqués qui saccagent le centre-ville ne font que satisfaire leur propre désir de destruction et n'obtiennent aucune sympathie de la population. La ville pourrait très bien interdire les masques lors de manifestations tout en permettant aux organisateurs de demander aux responsables municipaux une dérogation lorsqu'appropriée. Par exemple, si un individu veut organiser un rassemblement populaire où les masques ajouteraient quelque chose à l'événement, la ville pourrait fournir une dérogation s'il ne semble pas y avoir de risques de débordements. Interdire le port de masques lors de manifestations ne brimerait donc en aucun cas les droits d'honnêtes citoyens et permettrait de grandement réduire le grabuge au centre-ville, ce qu'autant les citoyens que les associations étudiantes devraient appuyer.

Pour ce qui est des forces de l'ordre, là encore le maire devrait faire preuve de leadership et avertir clairement le chef actuel du Service de Police de la Ville de Montréal, Marc Parent, qu'aucun abus de ses troupes ne sera toléré et que ce dernier devra répondre de leurs actes. S'il est compréhensible que les policiers soient à bout de patience, ceci ne justifie pas pour autant que certains policiers frappent des personnes âgées, matraquent inutilement des jeunes de 17 ans, tirent à bout portant des grenades de gaz CS, arrêtent une foule entière qui n'a jamais été avertie que la manifestation était devenue illégale, etc. La discipline des policiers fait souvent défaut et l'ultime responsable n'est nul autre que celui qui dirige la ville. Les dernières manifestations ont démontré que les policiers peuvent bien faire leur travail malgré les casseurs, il suffit maintenant de s'assurer que la discipline reste constante.

Si certains veulent mettre tout le blâme des dérapages sur le dos de leaders étudiants ou du gouvernement provincial, la réalité est qu'ils ne contrôlent pas les groupes qui dérapent, c'est-à-dire certains policiers et les casseurs. Chacun de ces groupes jette de l'huile sur le feu et enfonce la ville dans une situation chaotique. La patience de la population a ses limites et elle s'attend à plus de leadership du maire. Qu'il cesse de se plaindre devant les médias et qu'il agisse en interdisant immédiatement les masques et en exerçant une pression constante sur le chef du SPVM pour qu'il maintienne une discipline de fer pour ses troupes. Au maire de se réveiller et d'enfin agir en leader!

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Voici un témoignage d'une personne ayant manifesté le 25 avril qui m'a été communiqué par courriel:
« On est parti de la Place Émilie-Gamelin vers 21 h 45. On était, je crois, 7 000 ou 10 000, selon à qui on parle. La marche s'est vraiment faite pacifiquement à l'exception de 3 ou 5 vitrines brisées durant la marche. On était à peu près au centre et à moment donné, la marche s'est arrêtée. Mon amie a reçu un texto qui disait que la manifestation était rendue illégale, mais on n'avait rien entendu d'officiel. 20 secondes après, les grenades tombaient et des lacrymogènes étaient lancées. L'antiémeute fonçait vers nous et on essayait de fuir, mais la foule était trop dense et il était impossible d'avancer. Pendant ce temps-là, l'antiémeute continuait d'avancer et frappait les gens trop lents. D'ailleurs, il y avait un homme qui était ralenti parce qu'il avait son vélo avec lui et il a été frappé. Il a pris les coups à ma place. Ensuite quand on essayait de fuir, toutes les autres rues qu'on prenait étaient bloquées par l'antiémeute qui empêchait le monde de partir. On s'est faufilé dans une ruelle et on a couru de ruelle en ruelle pour échapper à la police. La chose que je reproche aux policiers c'est que l'assaut a été fait 20 secondes après que la manifestation soit déclarée illégale et que lorsqu'on tentait de fuir, même s'ils voyaient qu'il était impossible de bouger puisque la foule était trop compacte, l'antiémeute avançait et frappait tout le monde, et lorsqu'on tentait de se disperser, on se trouvait face à des sections de l'antiémeute qui nous empêchaient de partir. »

 
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