Aujourd'hui plus présent que jamais, le débat gauche-droite n'en demeure pas moins un débat inutile polarisant les opinions autour d'arguments d'une simplicité ahurissante. Les solutions proposées pourraient se résumer à simplement vouloir faire payer les autres. Pour une partie de la gauche, la réponse aux problèmes du Québec est simple : faites payer les riches et les entreprises. La réponse d'une partie de la droite est tout aussi simple : coupez les vivres aux artistes, aux assistés sociaux, aux agences gouvernementales et privatisez autant que possible. La polarisation des opinions et la dégradation du climat social sont les conséquences d'un débat mettant l'accent sur les moyens plutôt que les objectifs. Ainsi les enjeux sont délaissés au profit d'une rhétorique visant davantage à salir les autres que d'argumenter afin de trouver des solutions aux problèmes québécois. Pourtant, le débat gauche-droite ne mène strictement à rien : même le plus à droite des gouvernements devra faire nombre de compromis afin de plaire à l'électorat de gauche, idem pour un gouvernement de gauche envers l'électorat de droite. La population devrait donc éviter de tomber dans le piège de l'aveuglement idéologique afin de constater que les préoccupations de la gauche et de la droite ne sont pas intrinsèquement irréconciliables.
D'un côté, on veut que le contribuable ait un pouvoir d'achat accru en évitant d'être surtaxé pour des avantages qu'il ne perçoit pas. De l'autre côté, on souhaite que l'État intervienne afin de diminuer les écarts de richesse et de donner un accès universel à certains services dits essentiels. Deux problèmes, deux perspectives. Les Québécois sont certainement surtaxés par rapport à leurs voisins, contrairement aux entreprises qui sont parmi les moins imposées d'Amérique et même parfois subventionnées par l'État. Les compagnies minières en sont le parfait exemple, la plupart ne versant pratiquement aucune redevance à l'État et payant des tarifs hydroélectriques avantageux. Pourtant, déréglementer et laisser la « main invisible » du marché décider seraient catastrophique. Nous n'avons qu'à penser aux banques canadiennes qui auraient connues le même sort que les banques américaines si le gouvernement avait suivi l'avis du Parti conservateur, c'est-à-dire déréglementer. La question des écarts de richesses est également un enjeu bien réel, comme le confirment l'accroissement du nombre de familles faisant usage de banques alimentaires et les statistiques sur la pauvreté infantile. La gauche supporte généralement les syndicats sans compromis, contrairement à la droite qui les pourfend systématiquement. Pourtant, dans certaines situations, comme avec Alcan et Avéos, les syndicats protègent les travailleurs face aux abus de certaines multinationales ayant reçu des avantages de l'État, alors que dans d'autres cas, comme nous l'avons vu avec la FTQ-Construction qui refusait la commission d'enquête, le syndicat agit d'abord et avant tout pour son propre intérêt. La solution n'est ni le rejet total des syndicats ni la syndicalisation tous azimuts, mais probablement dans un meilleur encadrement afin d'éviter un monopole syndical comme nous le connaissons aujourd'hui (la FTQ comporte plus de 600 000 membres, 45% des syndiqués québécois, lui donnant ainsi un rapport de force disproportionné face au gouvernement et aux entreprises, leur permettant de paralyser le Québec en un clin d'oeil). Même chose pour les services publics : la solution n'est pas de couper dans les services, mais plutôt d'analyser indépendamment les besoins réels, la gestion et la pertinence des ministères afin d'éviter les gaspillages (comme le traditionnel achat de mobilier en fin d'année fiscale dans le but d'éviter d'avoir son financement revu à la baisse l'année suivante). Bref, il y a du vrai autant chez la droite que chez la gauche. La solution réside au centre et non dans des politiques simplistes (par exemple, couper l'assurance sociale, taxer les riches, etc.).
Le débat gauche-droite mène également à une dégradation du climat social : chaque côté se croit supérieur et accuse l'autre des pires crimes imaginables. Ainsi l'on compare Charest à Hitler, le SPVM au SS, Khadir à un dangereux islamiste, Gabriel Nadeau-Dubois à un agent communiste, etc. La droite croit disposer du monopole de la raison alors que la gauche croit détenir le monopole du cœur, menant à un usage abusif de rhétorique afin de convaincre la population que le Québec est sur le bord du gouffre (par exemple en comparant malhonnêtement la dette nette des autres provinces/États à la dette brute du Québec ou en affirmant que le gouvernement est à un doigt d'imposer une dictature). Au-delà de cette néfaste rhétorique, il y a les faits : les solutions proposées par l'un et l'autre sont impossibles à implémenter. Un parti peut difficilement atteindre le pouvoir dans un système uninominal à un tour comme le nôtre sans viser le centre (indépendamment d'un certain penchant pour la droite ou la gauche). La majorité des électeurs n'étant ni à droite ni à gauche, un parti qui s'éloigne du centre s'éloigne également du pouvoir. Et dans le cas où un parti clairement à gauche ou à droite remporte une majorité de sièges, celui-ci sera malgré tout incapable de mener une véritable « révolution ». C'est ce qu'on appelle la théorie de la « dépendance aux sentiers » : les décisions prises autrefois tracent la voie des décisions qui seront prises demain. Il est tout simplement impossible pour un gouvernement de tout détruire afin d'aller de l'avant avec son programme. Par exemple, le Québec ayant autrefois fait le choix d'un système de santé gratuit et universel, il est aujourd'hui impossible pour un gouvernement de tout privatiser tant l'opposition à la réforme serait vive. La seule manière de procéder pour le gouvernement est par petits pas, c'est-à-dire par des changements incrémentiels, ce qui permet d'éviter de soulever l'ire de la population. En adoptant la taxe santé, le gouvernement Charest a pris un pas vers la droite à défaut de pouvoir aller plus loin, idem pour l'augmentation des tarifs d'Hydro-Québec bien que certains proches à Jean Charest auraient vraisemblablement souhaité sa privatisation. En fait, un changement majeur s'accompagne presque inévitablement par une levée de boucliers. L'augmentation des frais de scolarité est un bon exemple de résistance face au changement, résistance qui n'aurait jamais eu lieu pour une augmentation, par exemple, de 5%. Réformer de fond en comble un système est suicidaire, d'où la raison des changements incrémentiels. Margaret Thatcher, au Royaume-Uni, promettait de faire prendre à son pays un virage complètement à droite, mais n'a pas été en mesure d'aller aussi loin qu'elle le souhaitait, faisant même augmenter la taille de l'État et les dépenses publiques lors de son premier mandat. Idem pour PLQ de Jean Charest qui promettait une « réingénierie de l'État », mais qui n'a pu livrer la marchandise. Un virage complètement à gauche ou à droite n'est donc ni possible, ni souhaitable, rendant le débat inutile par son manque de réalisme.
Anecdotes de Chine
J'aimerais conclure ce billet par deux anecdotes tirées d'une expérience personnelle qui saura, je l'espère, démontrer que tous les problèmes économiques ne sont pas reliés au modèle québécois. J'ai complété mon baccalauréat en 2010 à l'issu d'un stage en Chine. Pays officiellement communiste, mais officieusement (hyper) capitaliste, les contrastes avec le Québec étaient frappants. Je « travaillais » pour une entreprise chinoise d'import-export. « Travaillais » puisque mon rôle dans l'entreprise consistait à corriger les erreurs d'anglais sur le site web de l'entreprise et à boire du thé en passant pour le laowai (étranger) de service lorsque des clients étrangers venaient visiter le siège social. Mais je n'étais pas le seul à ne faire pratiquement rien : les autres employés, tous Chinois, passaient la majeure partie de leur journée à clavarder et à visiter des sites web n'ayant rien à voir avec leur emploi. Pourquoi n'étaient-ils pas plus productifs? Simplement parce que s'ils effectuaient trop rapidement leur travail leur patron n'allait que leur donner une plus grande charge de travail. Comme ils sont payés par journée de travail plutôt qu'à l'heure, ils n'ont aucun intérêt à faire des heures supplémentaires et par conséquent travaillent lentement (pratique généralisée en Chine). Les Québécois, largement syndiqués, ne sont pas aussi improductifs qu'on le croit, alors que les Chinois, non syndiqués, ne sont pas aussi productifs qu'on pourrait le croire!
Une autre partie non-officielle de mon « travail » consistait à faire pratiquer l'anglais à la fille du patron. Un jour la femme de celui-ci m'invita à aller frapper des balles de golf. Elle avait loué une suite d'hôtel avec un balcon d'où il était possible de frapper des balles de golf (les « pauvres » frappaient leurs balles cordés en-dessous). Sa fille était également présente et n'avait pas d'autres choix : elle devait pratiquer son golf autant que son anglais. J'ai demandé à la femme du patron pourquoi souhaitaient-ils faire pratiquer le golf à leur fille. Elle m'a répondu, en toute franchise, que le terrain de golf est le parfait endroit pour discuter d'affaires et pour rencontrer des gens influents! Les patrons chinois, comme les patrons québécois, jouent au golf et socialisent dans le but d'obtenir des gains dans leur carrière ou pour leurs entreprises alors que les « pauvres », en Chine comme au Québec, jouent au golf pour se divertir. Je vous laisse en tirer vos propres conclusions. Comme je l'écrivais plus haut, tout est une question de perspective!
Claude Andre: Le PLQ, un parti confisqué?
Mais peu de gens ne savent pas ce qu'est la droite. Exemple: On pense que le PQ c'est un parti de gauche. Faux. Il a une idée de gauche, un changement majeur, mais en réalité c'est plus un parti du centre, de centre-droit et voir de droite dans plusieurs aspects. Si jamais le Québec se séparait, le PQ serait dorénavant un parti de droite comme le Parti Conservateur.
Le PLQ est au centre, centre droit, droite dans plusieurs dossiers. Ce qui n'est pas normal, le Parti Libéral devrait être à gauche, mais avec un chef qui est un ancien du PC, c'est pourquoi le PLQ est à droite. Même chose pour la CAQ.
Les seuls qui sont vraiment à gauche c'est Optional Nationale.
En résumé, la droite c'est l'autorité, la hiérarchie, le respect de l'ordre avant les libertés, c'est la monarchie. Le parfait exemple est le PC. Dès qu'un parti préconise l'ordre au lieu du dialogue, comme le PLQ, c'est un parti de droite. Même si dans plusieurs dossiers ils sont au centre ou même un peu à gauche, par apparence. Le Plan Nord, Anticosti, la crise étudiante, la loi 78, les connexions avec les riches pour ne pas dire corruption = droite.
Qu'est-il advenu de ce rêve? Notre réalité c'est qu'il faut travailler toujours et sans relâche, de plus en plus vieux, dans une course folle à l'enrichissement. Heu, disons plutôt une course folle au paiement de nos dettes. Et au travers tout ça, la santé publique est en train de péricliter, avec l'obésité qui est devenue un véritable fléau.
Ceci porte des noms: société de consommation et esclavage par l'Économie. Redevenons des humains qui prennent soin de leur planète, et sortons de ce cycle infernal. Nous allons par le fait même constater qu'on a plein d'affinités les uns avec les autres, et que de travailler ensemble c'est une valeur qui n'a pas de prix.
En ce qui me concerne, l'eternel debat gauche-droite est une facon de detourner l'attention. Un pretexte qu'on inventé ceux qui se situent aux deux extremites pour nous faire les poches.
Diviser pour mieux reigner qu'on dit. Qu'on prenne un exemple de droite ou un de gauche, que ce soit les EU ou le Quebec, dans les deux cas les gens pris en souricieres se font plumer. A la fois par l'evasion fiscale et/ou par la spirale incontrolable des depenses publiques.
Et lorsqu'on tente de blamer un cote comme l'autre, ils se defendent en pointant l'autre extremité du doigt. En jettant la responsabilité sur l'aute option. Comme si la mediocrite de un justifiait la mediocrite de l'autre.
Question de s'assurer qu'on pourra continuer a nous faire les poches en toute impunite.
J'ajouterai que puisque la droite et la gauche font tous deux piètre figure en économie; les uns causant une crise économique avec les dépences militaires faramineuses et les pratiques financières douteuses, les autres mettant de l'huile sur le feu (obamacare, qui est en soit même une bonne chose, mais qui aurait pu selon moi être fait pour moins cher)
Si on aditione le tout, je crois que la gauche, en ce moment est une meilleure option. Puisque les deux bords sont aussi médiocres à gérer l'argent public, il reste que la gauche sont les seul qui ont la motivation pour causer des avancées sociales telles le mariage homosexuel, le droit à l'avortement, le droit de mourir dans la dignité, etc, etc mesures simples qui souvent ne coutent quasiment rien, mais qui ont des impacts réels dans la vie des gens.
Pour ce qui est des gens que vous considérez extrêmes, je vous dirai qu'ils ont leur rôle à jouer, ils sont capables du pire comme du meilleur, ce sont eux historiquement qui sont à la base de bien des progrès dont on jouit aujourd'hui vous et moi. Ils sont souvent des semeurs d'idées. Dans la perspective de vos études, on vous dit ce qu'un parti doit faire pour prendre le pouvoir, actuellement, dans notre système de vote majoritaire, c'est bien beau, mais la game est sacrément plus large que ça! Il y a bien des non élus qui finissent à force de manifestations, de combats et de débats à faire progresser des choses. Les féministes par exemple, Chartrand est un autre exemple !
Vous semblez avoir peur que ces discussions entre groupes radicaux dégradent le tissu social! Moi je pense que si les gens se polarisent, c'est parce que le tissus social commençait déjà à sentir la marde, la poule ou l'oeuf, bien fin fin qui pourra statuer là dessus....
Voilà! En gros, je mentionne tout cela parce que je trouve votre discours un peu trop réducteur.
Je répond à votre 20:49 perdu plus bas, vous demandez,
"En quoi ai-je manqué de respect? "
Vous n'avez pas manqué de respect, vous parlez du centre relatif, vous avez raison, cela existe, mais ce n'est qu'un truisme que de dire cela. On pourrait faire aussi du centre une référence absolue, en prenant toute la planète et en classant tous les mouvements et les partis existant. Voilà, je suis mathématicienne et ces histoires de mesures absolues et relatives ne sont rien d'autre qu'un truisme pour moi. Si on effectuait ce classement sur tout les pays modernes démocratique, l'OCDE par exemple, on trouverait un Harper pas mal à droite toute! Écoutez, en ce moment, on reçoit des immigrants réfugiés qu'on ne soignera plus, on peut sur un simple doute les mettre en prison ce qui contrevient à des droits qu'on pensait acquis pour de bon! Je sais l'avortement n'est pas encore interdit, mais quans même....
Je dois dire que vous m'avez choquée en relativisant au sujet d'Harper.....
--Suite à l'autre commentaire, le Huff est très limitant sur la longueur de nos réponses....
Ce que j'aime de la droite c'est qu'elle nous force à nous grouiller pour aller de l'avant. Une certaine forme de compétition mène au dépassement de soi. J'aime aussi le côté du respect de la tradition.
La gauche elle dérape quand elle se met à soutenir une bureaucratie inefficace, et certaines structures syndicales qui protègent la paresse.
Ce qui m'énerve avec la droite c'est l'obsession pour l'enrichissement, à n'importe quel prix; le consumérisme décadent, la superficialité, le gaspillage éhonté des ressources, et le repli sur soi.
Continuellement les travailleurs d'ici se font dire qu'ils doivent faire des concessions, accepter des baisses de salaires, de pension, sinon leurs jobs vont partir au Mexique ou en Chine. Le secteur manufacturier nord-américain disparaît à vue d'oeil et les anciens emplois industriels bien rémunérés sont de plus en plus remplacés par des mcjobs dans le secteur des services.
Le monde change, et il faut s'adapter, c'est vrai. Mais ça ne veut pas dire qu'on devrait abandonner nos principes et ce consensus social qui, cahin-caha, a plutôt bien fonctionné jusqu'ici. Et c'est vraiment abuser des mots que de qualifier comme étant de "gauche" ceux qui veulent défendre ce consensus.
La différence de prix entre ce qui est fabriqué ici et en Chine est largement exagérée. Mais que voulez-vous, le consommateur préfère économiser quelques dollars, et parfois quelques sous, pour un truc moins cher.
Je rêve d'ailleurs au jour où on référera aux gens par le terme de 'citoyens', et non pas de 'consommateurs'.
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La plus grande calamité est de ne pas savoir distinguer sa gauche de sa droite.
Comme chacun sait, à défaut de le savoir faire, on ne parvient jamais à atteindre sa destination.
Et pourquoi donc? Tout simplement parce que la vie n'est pas une ligne droite...
"Comme chacun sait, à défaut de le savoir faire, on ne parvient jamais à atteindre sa destination."
Voilà justement le problème dans la forme que prend aujourd'hui le débat : On s'obstine pour savoir quel véhicule prendre plutôt que de débuter par trouver où nous voulons réellement aller! J'ai pourtant la conviction profonde que les Québécois ne veulent pas s'éloigner substantiellement du système actuel, contrairement à ce que veulent nous faire croire certains idéologues (qu'ils soient à gauche ou à droite).
1. les gains fondamentaux (droits, libertés civiles, mesures sociales, etc.) par et pour la masse des gens, furent obtenus par "la gauche", contre le refus et la résistance implacable de "la droite";
2. la plupart de nos pertes de ces gains furent aux mains de "la droite". Ainsi, "la droite" ne fait plus miroiter le rêve capitaliste de la "société des loisirs", "liberté 55", "régime universel de pension" etc., ayant fait de ce rêve un cauchemar en pillant le trésor public, cannibalisant nos sociétés et détruisant l'environnement dont notre vie dépend. Dans "Days of Destruction, Days of Revolt", Hedges montre comment cela fut fait;
3. Ce n'est pas par l'inefficacité que le miracle chinois, sans précédent dans l'histoire de l'humanité, s'est accompli. Ce n'est pas à ne rien faire que la Chine a sorti 300 millions de ses citoyens de la misère et de la pauvreté. Dans "When China Rules the World", M. Jacques examine comment cela s'est fait, et où cela mènera vraisemblablement le monde. Certains aiment dire que c'est là l'oeuvre d'une certaine "droite"... Je crois qu'ils choisissent sciemment et délibérément d'oublier encore une fois leur gauche; croyant à tort, ce faisant, servir leurs intérêts. -- Il faut savoir vivre dans la vérité, laisser derrière la tromperie et le mensonge dont la droite continue de nous abreuver, dans l'espoir de justifier le conflit permanent et la guerre perpétuelle qui l'enrichissent.
Bien sûr (et j’ai presque envie de dire heureusement), la plupart des électeurs/citoyens sont de centre-gauche ou de centre-droite, par idéologie politique ou par réalisme. Ce même réalisme que partage l’auteur du billet. Il n’empêche que la droite et la gauche ‘ultra’ telles que décrites par l’auteur existent bel et bien, et que tant qu’elles existeront, le débat gauche/droite sera non seulement utile mais essentiel car l’absence de débat signifierait qu’une idéologie l’a emporté sur l’autre. Selon l’auteur, le débat est stérile puisqu’il est impossible pour nos gouvernements d’être tout à fait à droite ou tout à fait à gauche. L’Histoire démontre qu’en fait, c’est le contraire: c’est parce qu’il y a débat et confrontation que l’équilibre des forces est maintenu. Le Centrisme ne fonctionne (malheureusement?) pas dans nos sociétés. Parlez-en à François Bayrou. Le centre politique ne s’atteint que par un constant rapport de force entre la gauche et la droite. C’est un débat relativement nouveau, ou tout au moins qui prend une importance nouvelle au Québec traditionnellement au prise avec le débat entre fédéralisme et souveraineté.
Sans croire qu’il est possible d’instaurer une révolution bolchevik ou un état totalitaire néonazi au Québec ou au Canada du jour au lendemain, s’éloigner du centre est loin d’être impossible. Nous en avons un exemple (presque) tous les jours avec le gouvernement conservateur à Ottawa. Politiques de droite en matière de justice (nouvelle loi sur les contrevenants), d’emploi (changement drastique dans l’assurance chômage), d’environnement, ….
Positifs ou négatifs (selon l’allégeance politique de chacun) tous s’accordent à dire qu’il s’agit de changements majeurs pour le Canada. Il s’agit d’un virage à droite assez drastique. Comme je l’ai mentionné dans mon commentaire, la nécessité de gouverner au centre n’est pas un état de fait inéluctable. C’est, à mon avis, le résultat d’un constant rapport de force, d’un constant débat, entre la droite et la gauche. Nous avons un exemple au niveau national de ce qui arrive lorsque l’une fait défaut.
Cependant, quand on vous lit, on constate que vous ne définissez que par rapport à la gauche et à la droite! Votre texte comporte plein d'arguments gauche vs droite, ce texte est à toute fin pratique un débat gauche-droite...débat inutile selon vous....grand paradoxe....
Voyez-vous, c'est un sophisme de se placer au centre et de dire que la gauche et la droite est dans le champ, car vous ne vous définissez que relativement cette gauche et cette droire....
Merci pour la nuance, parce que moi le débat gauche-droite m'intéresse au plus haut...Cependant, faudrait m'expliquer en quoi la CLASSE est extrémiste! Bon, peut-être pour vous, pas pour moi qui est pour la gratuité scolaire, un modèle adopté dans bien des pays. Je peux concevoir que ces jeunes ne sont pas parfaits mais ils posent de sacrées bonne questions et font concurence un peu à la droite qui est tout de même dans des heures glorieuses! Le pouvoir et le contre pouvoir. ça crée un équilibre qui vous permet le centre....
Un intervenant parle de Jean-François Lisée, qui est une belle illustration du propos de cet article. Il a publié un ouvrage intitulé "La gauche efficace" où il propose des façons de conjuguer certaines idées de gauche et de droite. Résultat, il se fait traiter par certaines personnes de gauche comme un traître, et par d'autres de droite comme l'un des leurs qui refuse de s'assumer. Pourquoi devrait-il choisir une étiquette?
Une publicité du regroupement pour les droits de la personne (je crois) a comme slogan: "Les étiquettes, c'est pour les pots de confiture, pas pour les personnes," ou quelque chose dans ce style. Je pense que cela devrait aussi s'appliquer à la politique.