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L'indépendantisme est une idée lointaine pour le PQ

Si le Parti Québécois fait le choix du bon gouvernement provincial, si le parti continue de mettre en veilleuse une fois de plus sa raison d'être, le résultat sera la défaite.

13/09/2017 11:03 EDT | Actualisé 13/09/2017 11:03 EDT
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Le Québec est toujours une province canadienne, et rien actuellement ne semble laisser croire qu'il y aura un changement prochainement.

En 2014, lors de la campagne électorale, Pauline Marois, alors première ministre du Québec et chef du Parti Québécois, répétait qu'il n'y aurait pas de référendum, tant et aussi longtemps que le peuple québécois ne serait pas prêt. Selon elle, l'élection ne portait que sur le choix d'un gouvernement. Pierre Karl Péladeau annonçait ensuite sa candidature dans la circonscription de Saint-Jérôme pour le Parti Québécois. « Mon adhésion au Parti Québécois est une adhésion à mes valeurs les plus profondes et les plus intimes, c'est-à-dire de faire du Québec un pays ! », dit-il alors avec le poing en l'air. Le candidat fait alors basculer la campagne électorale dans une direction que le Parti Québécois voulait éviter, et qui prévoyait jusque-là une importante victoire.

Le parti doit improviser, et obtient alors son pire résultat électoral depuis leur première élection en 1970. Plusieurs personnes expliquent cette défaite tout simplement par le fait que les Québécois ne voulaient pas de référendum, et que le Parti Québécois était incapable de convaincre la population qu'il n'y en aurait pas. D'autres annoncent encore une fois la mort de l'idée de l'indépendance.

Par contre, si le Parti Québécois fait le choix du bon gouvernement provincial, si le parti continue de mettre en veilleuse une fois de plus sa raison d'être, le résultat sera la défaite.

En 2016, durant la course à la chefferie du Parti Québécois, Martine Ouellet, alors candidate à la succession de Pierre Karl Péladeau, accusait alors ses adversaires de compromettre le projet indépendantiste. Selon elle, l'enjeu central de la course devait être la stratégie d'accession à l'indépendance. Elle explique alors que le Parti Québécois a deux choix devant lui : celui du bon gouvernement provincial ou celui de l'indépendance du Québec. Par contre, si le Parti Québécois fait le choix du bon gouvernement provincial, si le parti continue de mettre en veilleuse une fois de plus sa raison d'être, le résultat sera la défaite. Selon elle, les élections de 2018 porteront sur l'indépendance du Québec, qu'on le veuille ou non. Alors, elle propose de préparer le terrain pour pouvoir gagner. « Pour vaincre la ''peur du référendum'', il nous faut dès maintenant mettre en place un plan clair, emballant et détaillé pour bâtir le Québec souverain. Notre parti doit s'assumer. Oui nous sommes indépendantistes et oui, nous considérons que c'est ce qu'il y a de mieux pour l'avenir du Québec. Cessons d'être sur la défensive. »

En dépit de ses arguments, Alexandre Cloutier, Jean-François Lisée et Paul St-Pierre Plamondon refusent alors de promettre la tenue d'un référendum sur l'indépendance du Québec dans un prochain mandat, soit entre 2018 et 2022. Pour Jean-François Lisée, qui allait être élu comme chef du Parti Québécois, il fallait faire preuve de « lucidité » et de « pragmatisme », afin de « chasser les libéraux en 2018 et de réussir l'indépendance après 2022, dans cet ordre. » « Si au vote de cet automne, les membres du Parti Québécois me choisissent, alors dès ce moment il sera clair pour tous qu'un gouvernement du Parti québécois élu en octobre 2018 ne tiendra pas de référendum, n'enclenchera aucune démarche souverainiste de gouvernement, ne dépensera pas un sou de fond public pour son option pendant ce mandat. Cet engagement doit être en fer forgé. La porte fermée à double tour. », dit-il alors.

Or, plus de cinquante ans après l'émergence de l'idée de l'indépendance, le Québec n'est toujours pas indépendant.

Or, plus de cinquante ans après l'émergence de l'idée de l'indépendance, le Québec n'est toujours pas indépendant. Le Québec est toujours une province canadienne, et rien actuellement ne semble laisser croire qu'il y aura un changement prochainement. Surtout que le chef actuel du Parti Québécois, Jean-François Lisée, semble proposer exactement cette même stratégie étapiste de « bon gouvernement », avec son aspiration à battre les libéraux pour remettre à une date ultérieure l'indépendance du Québec. Or, la meilleure alternative pour battre les libéraux semble être aujourd'hui la Coalition Avenir Québec, qui surpasse le Parti Québécois dans les sondages, et ce, même chez les francophones.

Cette stratégie renforce donc l'idée selon laquelle l'indépendantisme ne serait plus qu'une idée lointaine pour le Parti Québécois, alors que le parti ne se consacrerait plus à rompre avec le régime canadien, qui condamnerait le Québec à son inachèvement, mais plutôt à s'y installer confortablement.