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Forum de Davos: la nécessité de s'engager dans le débat public

22/01/2015 11:59 EST | Actualisé 24/03/2015 05:12 EDT

Cette semaine, la 45e édition de la rencontre annuelle du Forum économique mondial prend place à Davos, sous fond de tensions géopolitiques, d'une économie mondiale qui bat de l'aile tout en coexistant avec une concentration de richesse et un écart historique entre les plus riches et les plus pauvres de la planète. Tous ces enjeux pèsent lourds sur la confiance déjà fragile que la population accorde aux entreprises et gouvernements.

Sous le thème du Nouveau contexte mondial (The New Global Context), l'événement est certes une plateforme de discussions sur ces enjeux économiques et politiques, mais au fil des années, l'événement est aussi devenu un incontournable pour discuter, sensibiliser et engager les leaders des grandes institutions (gouvernements, organisations internationales, entreprises, organisations non gouvernementales, chercheurs académiques, artistes) à des enjeux qui vont au-delà de la sphère purement économique, comme les changements climatiques, la gestion des ressources naturelles, les enjeux de santé publique, l'avenir d'Internet et l'état des infrastructures.

Encore plus concrètement, ces discussions ont aussi permis le développement de plusieurs initiatives multipartites pour engager les dirigeants d'entreprise à collaborer pour résoudre des enjeux telles la corruption, l'équité homme-femme ou pour repenser les problèmes environnementaux et économiques via la promotion de l'économie circulaire, l'investissement d'impact et la consommation responsable.

En marge des ateliers de discussion portant sur les grands enjeux mondiaux, la rencontre de Davos est bien sûr aussi propice au réseautage, discussions d'affaires et autres événements mondains.

Mais à une époque où le cynisme est généralisé, les dirigeants d'entreprise qui se rendent à Davos ont l'opportunité d'affirmer leur leadership et de s'impliquer avec leurs parties prenantes afin de trouver des solutions aux enjeux qui touchent le futur d'un système économique envers lequel la population a de moins en moins confiance.

Avec des publics de plus en plus critiques, connectés et engagés, les dirigeants d'entreprise doivent, en plus de rendre des comptes à leurs actionnaires, répondre aux attentes grandissantes de diverses parties prenantes pour demeurer légitimes. Ainsi, à travers leurs actions et idées, ils sont désormais évalués en fonction de leur degré d'engagement avec leurs parties prenantes; de la contribution de leur entreprise à la société et de la raison d'être de leur compagnie. Une nouvelle donne qui redéfinit leur rôle dans la société.

Ce qui est rassurant, c'est que les compagnies canadiennes sont bien positionnées pour faire avancer le débat. Par exemple, au-delà de leur succès en affaires, il semble que les entreprises canadiennes comprennent que la durabilité est un enjeu stratégique. Plus de 26 compagnies canadiennes font partie des indices de durabilité Dow Jones Sustainability Indices. Opérant au sein de diverses industries telles l'aéronautique, les services financiers, le vêtement, l'immobilier, le commerce de détail, les mines, le transport par rail ou les télécommunications, ces leaders sont des intervenants crédibles pour aider à trouver des solutions aux grands enjeux qui touchent leurs industries et la société tout entière.

Ainsi, le Forum économique mondial ou encore, la conférence globale du Milken Institute, la Clinton Global Initiative, les conférences TED ou plus près de nous le Forum de Banff, le Forum Économique International des Amériques ou C2MTL, représentent tous de réelles opportunités pour les dirigeants des entreprises canadiennes de s'engager dans le débat par leur leadership intellectuel. Et ce leadership intellectuel est non seulement bienvenu, mais nécessaire et attendu de leurs parties prenantes.

Dans le contexte actuel, le risque de demeurer sur les lignes de côté des forums comme celui de Davos où ces enjeux sont discutés est réel. Il n'est peut-être pas reflété dans les résultats financiers à court terme; mais à long terme, pourrait affecter des compagnies voire des industries entières qui n'auront pas eu la vision de s'engager, d'innover et de collaborer à trouver des solutions d'affaires durables.

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