Matthew Dubé

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F-35: Les conservateurs ont la tête dure

Publication: 28/03/2012 10:07

«Personne n'est plus sourd que celui qui ne veut rien entendre», dit le proverbe. Jamais cette expression n'aura si bien servi que dans le dossier de l'achat par le gouvernement conservateur des avions de chasse F-35, la dépense militaire la plus coûteuse de l'histoire du pays.

Pendant des mois, Stephen Harper et ses acolytes se sont entêtés à répéter sur toutes les tribunes qu'ils allaient de l'avant avec cet achat controversé, peu importe ce qu'en disaient les sondages, l'opposition, les médias, le directeur parlementaire du budget, les économistes, les syndicats, les groupes communautaires...

Les critiques avaient beau se multiplier de part et d'autre de la société, les conservateurs ont gardé les yeux fermés, se sont bouchés les oreilles et ont foncé tête première, sans réfléchir.

Au NPD, nous avons tenté de leur expliquer à maintes reprises pourquoi ce plan n'avait aucun sens. Nous leur avons fourni des chiffres convaincants, des analyses d'experts et des points de vue de citoyens inquiets. Rien n'y faisait! Condescendants et mesquins dans leurs répliques, les conservateurs ont fait comme si de rien n'était et ont juré tous leurs grands dieux que le programme des F-35 était là pour rester.

Or, la réalité les a rattrapés. Les indices que ce programme se dirige vers un fiasco monumental s'accumulent. Le prix unitaire d'un F-35 est passé de 75 à 125 millions $, sans compter l'entretien et les autres dépenses inhérentes. Alors que Stephen Harper a répété ad nauseam que le programme coûterait au total entre 14 et 16 milliards de dollars, les estimations situent aujourd'hui le coût pour les contribuables à près du double, soit 30 milliards. L'échéancier de livraison a été repoussé de plusieurs années. Des doutes ont été émis quant à l'efficacité des appareils dans le Grand Nord canadien. Puis, un à un, les pays partenaires du programme ont exprimé des réserves et ont revu leurs achats potentiels à la baisse.

Depuis, les conservateurs nous ont offert un revirement spectaculaire. Placé devant cet état de fait désastreux, le gouvernement Harper bat aujourd'hui en retraite et affirme qu'il est ouvert à réviser sa position. Il était temps! Avec un gouvernement avec la tête aussi dure, on peut dire qu'on a eu chaud. Espérons maintenant que les conservateurs accepteront d'entendre ce que les autres ont à dire la prochaine fois qu'ils auront une décision à prendre...