Matthew Dubé

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Assurance-emploi: les «bons» et les «mauvais» chômeurs

Publication: 29/05/2012 09:52

Si j'ai bien compris le raisonnement de la ministre du Travail Diane Finley, les chômeurs canadiens se divisent désormais en deux catégories: les «bons» et les «mauvais».

C'est en effet ce que je retiens de l'annonce ahurissante effectuée cette semaine par le gouvernement conservateur quant à la réforme de l'assurance-emploi.

Selon d'obscurs critères décidés de façon tout à fait arbitraire par le gouvernement, Mme Finley forcera désormais certains chômeurs à accepter n'importe quel emploi situé à moins d'une heure de leur domicile, même s'il est moins bien rémunéré que leur travail précédent. S'ils refusent, le couperet tombera et leurs prestations seront carrément annulées.

Et qui sera considéré comme un «mauvais» chômeur aux yeux de l'auguste ministre? Notamment les travailleurs saisonniers, soit ceux qui bûchent à la sueur de leur front pour assurer la sécurité alimentaire de notre pays.

Je m'oppose vivement à ce changement de cap radical.

Mes valeurs progressistes et humanistes m'empêchent d'accepter qu'un concitoyen en situation de détresse puisse être trahi de la sorte par son gouvernement. Les prestations de chômage sont en effet une assurance collective à laquelle contribuent tous les travailleurs: refuser ce droit à des cotisants est ainsi une mesure abjecte et profondément révoltante.

Le pire, c'est que cette réforme n'a jamais été discutée lors de la campagne électorale, qui s'est déroulée il y a à peine un an. Bien qu'ils en aient eu l'occasion à mille et une reprises, les conservateurs n'ont jamais mentionné leur intention de sabrer l'assurance-chômage comme ils le font aujourd'hui. Tout comme la hausse de l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse, la destruction des règles environnementales et la réforme de l'immigration, ils ont plutôt attendu d'obtenir leur majorité pour dévoiler leur agenda caché et entamer leur travail de destruction.

Avaient-ils peur que les électeurs se rebiffent à l'idée de voir leur filet social fondre comme neige au soleil?

Comme je l'ai déjà exposé dans une chronique précédente, je crois profondément au système démocratique. Il semble toutefois de plus en plus apparent que les conservateurs, eux, n'en aient rien à cirer. Dès lors qu'ils ont obtenu leur majorité, ils ont commencé à gouverner comme si le pays leur appartenait, se moquant ouvertement de l'Opposition officielle et des fonctionnaires chargés de les épauler.

Le mépris des conservateurs pour leurs concitoyens est absolument ahurissant. La réforme de l'assurance-emploi qu'ils ont annoncée cette semaine n'est qu'un chapitre de plus dans le grand livre de leurs trahisons.

Il ne nous reste plus qu'à retrousser nos manches et à préparer la riposte.

 
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