Mathilde Mercier

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Mathilde Mercier
 

Le destin de Tcheguevara Saint-Jean

Publication: 03/05/2012 08:51

Il ne porte pas de béret, ne fume pas le cigare, mais révolutionne déjà le petit écran dans la série quotidienne 30 Vies de Fabienne Larouche. Tcheguevara St-Jean, alias Edmond-Pierre Jean-Claude, fascine déjà les jeunes de son quartier, Saint-Michel. Portrait d'un jeune acteur appelé à en devenir un grand.

Au téléphone, la voix est mature, le ton est assuré, le dialogue est fluide. À tout juste 18 ans, le parcours et la personnalité de Tcheguevara St-Jean l'ont amené à incarner le rôle d'un adolescent (Edmond-Pierre Jean-Claude) qui n'a pas eu une enfance facile et dont le père est en prison pour meurtre.

« C'était moi! Je me suis tout de suite demandé si quelqu'un avait raconté aux scénaristes ce qui s'est passé dans ma vie. Edmond me ressemblait trop. Quand je ne suis pas d'accord avec quelque chose, je donne mon opinion, même si ce n'est pas le bon moment. J'aime la vérité, dire les choses vraies. En plus, comme moi, il aime la boxe » , explique Tcheguevara qui a été très surpris à la lecture du scénario.

Les clés du succès : détermination et motivation

Le jeune homme, qui avoue être têtu sans pourtant faire n'importe quoi, n'a pas fait que de la boxe. « Je me découvre un certain talent caché à chaque fois que je touche à quelque chose de nouveau, explique-t-il. Je n'aime pas rester sur mon lit et manger, il faut que je sois occupé. » Depuis, tout ce qu'a entrepris le jeune athlète (basket-ball, football, rap, cours d'art dramatique) s'est concrétisé par quelque chose de positif.

Avec tous ces nouveaux projets, le temps lui manquait pour continuer la boxe, mais il reconnait l'effet que ce sport a eu sur lui. « La boxe m'a rendu plus mature, m'a donné une conscience, m'a fait réfléchir et m'a appris à calmer mes émotions.»

Sans prétendre jouer les grands révolutionnaires, Tcheguevara affirme être un nouveau Che à sa façon dans sa volonté de changer les choses et d'aller le plus loin possible. « Je ne veux pas avoir ce nom-là pour rien. Il me démarque. Peut-être que mes parents ont ressenti que j'irais loin, que j'étais quelqu'un de spécial », précise-t-il.

Forger son destin

Lorsqu'on lui demande si ce n'est pas trop de pression sur les épaules d'un jeune homme de 18 ans de devenir le nouveau modèle de son école (Louis-Joseph-Papineau) voire de tout le quartier Saint-Michel, Tcheguevara répond par un « non » catégorique.

« Je viens de Saint-Michel qui a une réputation...vous savez! Alors, je ne veux décevoir personne. Ils ont tous espoir en moi. Les gens m'encouragent et me disent 'Vas-y Tche! On est avec toi, tu es un modèle pour les jeunes et les adultes qui ont échoué», rapporte l'acteur.

« Il est la preuve que la destinée n'est qu'un concept utopique. Pour les jeunes de Saint-Michel, il est devenu un modèle, alors qu'il n'y a pas longtemps il faisait partie des statistiques négatives », ajoute Carla Beauvais, une de ses proches amies.

« J'ai passé un an à réfléchir dans ma chambre. J'ai appris à ne pas être inconscient. Quand on me donne un conseil, j'en prends compte. Mon professeur de sciences, M. Paradis, m'a dit un jour "si vous voulez réussir dans la vie, ne faites pas ce que vous voulez, mais ce qui est bon pour vous"».

Depuis, le jeune homme continue de tracer son parcours professionnel vers une carrière dans le cinéma et l'art dramatique. Il entreprend même de poursuivre ses études au cégep en théâtre. Sa persévérance semble porter fruits puisqu'il a décroché le premier rôle dans le dernier film du réalisateur québécois Charles-Olivier Michaud (Sur le rythme (2010), Snow & Ashes (2009)) et L'exil, qui devrait sortir cet automne.


L'article original paru sur Souche Magazine

 

Suivre Mathilde Mercier sur Twitter: www.twitter.com/Mathild_Mercier

Suivre Le HuffPost Québec