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Débat: le corps des chefs

21/03/2014 12:29 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

Il est reconnu que la télévision transmet en premier lieu le langage du corps. Volontaire ou non, la communication non verbale a un impact majeur sur l'image des politiciens. À l'occasion du débat des chefs du 20 mars 2014, nous avons réalisé une analyse de la communication non verbale des chefs en présence. Sans prétention scientifique, voici donc quelques observations pertinentes sur le plan politique et de l'image, le tout dans une complète neutralité partisane.

Dans le cadre de notre analyse, notre attention s'est portée sur la posture, sur l'émotion transmise, sur l'apparence de sincérité et sur les possibles messages involontaires des quatre chefs. Nous avons volontairement ignoré le contenu et les positions des uns et des autres, mais tout en sachant que l'image des politiciens a un impact direct sur leur crédibilité pour réaliser nos attentes comme citoyens. En général, nous nous attendons à des politiciens qui sont à la fois déterminés, à l'écoute et sincères dans leurs propositions.

Certains constats objectifs réunissent tous les chefs en présence. Comme l'est la poignée de main pour une première impression, tous se tiennent droits, ce qui inspire l'observateur. Nous avons également remarqué un usage actif des mains pour tous les candidats, ce qui anime un débat, dans le bon sens du terme. Aucun lapsus assassin. Par contre, possiblement pour des raisons d'organisation, tous les candidats semblaient chercher à quel endroit regarder lors du débat. Cela a eu un impact négatif sur l'impression de sincérité.

Pauline Marois : déterminée, mais énervée

Mme Marois portait une tenue sobre. Elle a été certes combative et déterminée. Elle avait réponse aux questions et interpellait l'adversaire. Par contre, elle écoutait peu. Son langage non verbal lors de l'écoute des questions parlait pour elle : attentive toujours, parfois sévère, voire négative. Elle a fermé les yeux lors d'une question et tourné le dos lors d'une autre. Elle a tourné la tête à répétition sur une dernière. La confiance en elle et le désir de marquer ont peut-être suscité cet effet.

Philippe Couillard : un calme à deux vitesses

M. Couillard portait le lys et une cravate bleue. Il a été d'un calme exemplaire tout au long du débat. Presque trop, même, dans sa première demie, suscitant difficilement l'enthousiasme dans son intonation et sa gestuelle. Par contre, le sourire et la cordialité sont entrés en scène à la moitié du débat, sans perte de vitesse sur le plan du calme. On a même senti ses adversaires lui céder le passage à quelques reprises.

François Legault: enflammé et incrédule

Nous ne pourrions pas aborder le non verbal sans aborder un aspect extérieur qui se remarque. La cravate rayée par ailleurs en pente de M. Legault a agacé notre œil à l'occasion. Il ne faudrait pas que cela occulte sa capacité à livrer son message de façon enflammée et avec des modulations intéressantes dans sa voix. C'était probablement le candidat le plus agréable à entendre. Il utilise l'humour. Par contre, un non verbal d'incrédulité lors de l'attente des questions et les lèvres serrées ont occasionnellement distrait notre attention.

Françoise David: sincère et digne

Mme David parle toujours avec sincérité. Elle affiche un grand respect pour ses adversaires, même quand cela n'est pas réciproque, et sait utiliser l'humour. Elle sourit sans manque de respect pour le sujet dont elle parle.

Qui a gagné?

Qui a gagné? La réponse à cette question dépend du contenu, que nous n'abordons pas. Sur le strict plan de l'image, la nervosité de Mme Marois a transparu, de même que le calme de M. Couillard. Mme Marois a néanmoins eu l'air déterminé. Et M. Couillard en a imposé. Mais pas à Mme Marois. M. Legault et Mme David ont démontré leur aise. La suite vous appartient...

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