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Les A's-pos de Montréal

11/07/2014 11:38 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

Depuis deux ou trois ans, chaque fois qu'il y a une équipe en difficultés financières dans la MLB (Ligue majeure de Baseball), on évoque la potentielle relocalisation d'une équipe de baseball à Montréal.

L'an dernier, il était beaucoup question des Rays de Tampa Bay, qui, même en présentant une solide formation sur le terrain et en atteignant les très restreintes séries d'après saison à quatre reprises depuis 2008, peinent à attirer de nombreux spectateurs au Tropicana Field.

Il est plausible de croire que la ville de Tampa Bay en Floride possède le climat idéal pour la pratique et la popularité du baseball. Sauf que, l'équation n'est pas si facile.

On a souvent dit à Montréal que le Stade olympique était un grand handicap pour une équipe de baseball. Il est laid, il pue, il est désuet en plus d'être recouvert d'une toile rétractable qui ne se rétracte même pas. Une toile qui, soit dit en passant, est encore plus facile à percer qu'un condom de la marque la moins dispendieuse.

Le Tropicana Field, qui de par son nom possède un lien fort avec les oranges et pour cette même raison, représente très bien l'État de la Floride, souffre également d'un problème très similaire.

À la suite du départ des Expos et à la fermeture du Hubert H. Humphrey Metrodome au Minnesota, il est le dernier Mohican des stades entièrement recouverts par une toile. Le Rogers Center de Toronto est quant à lui muni d'un toit rétractable solide opéré par un système très efficace qui lui permet de s'ouvrir ou de se fermer en seulement 20 minutes.

Difficile de s'imaginer avoir envie d'aller assister à un match de balle à l'intérieur alors qu'il fait beau et chaud à l'extérieur. C'est pourtant la réalité avec laquelle, les partisans de baseball de la Floride doivent composer. Ça, ou bien aller voir les maudits Marlins de Loria dans leur nouveau stade «ultra trop space pour la vie», munie d'une hideuse statue ambulante au champ centre gauche.

Le cas des Rays, qui ne font toujours pas mieux au niveau de l'assistance ayant été mis sur la glace pour le moment, une autre possibilité de transfère à fait surface.

Les Athletics d'Oakland, qui possèdent une grande tradition victorieuse sont maintenant confrontés à une réelle possibilité de relocalisation. Les performances de l'équipe ne sont pas au centre de la problématique, car c'est encore une fois, une question de bâtiment.

Le O. Co Coliseum qui accueille également les Raiders dans la NFL est un stade multifonctionnel très vétuste. Alors que le projet d'un nouveau stade n'est pas encore dans les plans concrets, les A's tentent simplement de renouveler leur bail avec les propriétaires du stade (la ville d'Oakland et le comté d'Alameda).

L'équipe vise une prolongation de bail de 10 ans, mais pour des raisons que le commun des mortels ignore, la négociation branle dans le manche depuis plus de 14 mois. C'est pourquoi les Athletics, probablement dans une stratégie de négociation, commencent à envisager le déménagement de la concession.

L'ancien joueur des Expos, Warren Cromartie, on le sait, travaille très fort afin de ramener une équipe de baseball en sol montréalais. Les deux matchs d'exhibition disputés au Stade olympique entre les Mets et les Jays en mars dernier furent un grand succès et l'enthousiasme pour le baseball à Montréal est plus vivant que jamais. Pas étonnant qu'à la suite de cela, chaque fois qu'une équipe est menacée de déménager, la ville de Montréal revient tout le temps.

Même si le conseiller municipal d'Oakland Larry Reid, affirme que le déménagement des A's est imminent si ceux-ci ne signent pas un bail d'une durée de dix ans, je ne crois pas vraiment aux chances que l'équipe aboutisse à Montréal. Il est vrai que Montréal, bien que celui-ci soit très désuet, est l'une des seules villes en Amérique du Nord n'ayant pas d'équipe de la MLB, à posséder un stade «techniquement» apte à en recevoir une temporairement.

C'est plate pour les partisans qui attendent impatiemment depuis 2004 le retour permanent d'une équipe, mais les A's ne bougeront pas d'Oakland de sitôt, ni aucune autre équipe d'ailleurs. Le baseball majeur se fait une fierté d'être le sport où le moins d'équipes ont changé d'adresse dans les 20 dernières années, la plus récente étant les Expos qui ont quitté pour Washington en 2004.

Selon moi, le retour d'un club de balle à Montréal passe par l'expansion. Sauf que le commissaire Bud Selig a récemment mentionné qu'il était bien à l'aise avec ses 30 équipes et qu'aucune expansion n'était prévue dans un avenir rapproché. La croyance populaire veut également que tant et aussi longtemps que ce dinosaure, qui a approuvé le départ des Expos, sera en poste, le retour du baseball à Montréal de manière permanente est impossible.

Cependant, afin d'avoir un meilleur échantillon que les deux matchs présentés presqu'à guichets fermés en mars, à savoir si le baseball pourrait être de nouveau viable à Montréal, il existe une intéressante alternative.

Souvenez-vous de la saison 2003, où les Expos de Montréal sont devenus les Expos de San Juan, Puerto Rico durant 22 parties locales...

Est-ce que cela ne pourrait pas être une véritable façon de mesurer l'intérêt pour le baseball à Montréal?

Prenez une équipe qui a de la difficulté aux tourniquets, comme c'était le cas pour les Expos durant leur lente agonie et faites leurs disputer le quart de leurs matchs locaux de saison régulière au Stade olympique.

Même si je suis à 100% en faveur du retour des Expos depuis le lendemain qu'ils nous ont quittés, ce serait le pas le plus important à faire, avant même de penser au retour et à la construction d'un nouveau stade. Si l'on atteint une moyenne de 25 000 - 30 000 spectateurs pour ces matchs, les nombreux sceptiques seront enfin confondus et l'odeur d'un retour potentiel d'une équipe du baseball majeur se fera sentir aux quatre coins de l'Amérique du Nord.

Mais d'ici là, arrêtez de tourner le fer dans la plaie en rapportant faussement la nouvelle que telle ou telle équipe de la MLB est à veille de déménager à Montréal. Ça ne fait pas très sérieux!

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Gary Carter (1954-2012)


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