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Caisse libre-service avec service et caisse avec service sans service!

07/08/2014 11:17 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

Y a-t-il une file d'attente moins glorieuse que celle qui mène au paiement de tes emplettes dans un magasin d'alimentation, quel qu'il soit?

C'est sûr que la file d'attente dans les banques d'aliments pour les plus démunis et celle menant à une fouille corporelle dans un poste frontalier doivent être fort désagréable aussi, remarque.

Mais quand tu es pressé de quitter le supermarché, c'est-à-dire, à chaque mozusse de fois que tu y vas et que tu dois encore attendre l'ultime confrontation aux caisses, il y a de quoi soupirer.

Déjà quand tu viens de survivre au ridicule trafic routier d'une épicerie avec tous ces chauffards de paniers qui ne respectent aucunement les règles non écrites du code de la route de l'établissement.

Serait-ce trop demander que le paiement de tes achats se fasse rapidement et paisiblement?

Si tu apprécies toujours le contact humain, ou que tu ne comprends pas comment la caisse libre-service fonctionne, tu te mets en rang pour les caisses traditionnelles.

La première confrontation survient généralement avec l'usager précédent, qui est en train de, ou tout juste à veille de payer. Tu commences à mettre tes trucs sur le tapis en empiétant légèrement sur son espace et pour une raison territoriale, il y a toujours un conflit qui se créé. Celui-ci se mesure généralement avec une échelle allant de très subtil à disproportionné.

Le «cylindre» en forme de carré qui sert de barre pour séparer les achats ne te tient jamais à l'abri d'une chute d'inventaire qui pourrait traverser la clôture. Étant donné que t'as probablement empilé ton épicerie de 200$ sur 1/5 de tapis pour tenter de faire accélérer le processus.

Ensuite, il y a ce moment étrange ou le client précédent finit de payer et où le premier eye-contact s'effectue, mais où on ne sait pas trop s'il le moment est encore venu de dire bonjour.

Quand le moment arrive enfin, des fois on se le dit et d'autres fois, d'un commun accord avec la caissière, il est comme rendu trop tard pour le dire, depuis que nos regards se sont croisés, dépendamment du temps que ça a pris au client malhabile précédent de payer avec Interac. C'est comme de souhaiter la Bonne Année! en février, même si c'est quelqu'un que tu n'as pas vu depuis deux ans. Oublie-ça rendu là, tsé...

Souvent, la transaction se passe sans anicroche et tu repars chez toi sans histoire. Mais quand tu pognes mon type de caissière préférée, soit celle qui se fout complètement de ton existence pendant le court laps de temps que dure la transaction...

Celle-là ne te dit clairement pas bonjour et jase avec son emballeur du dude qu'elle s'est poigné hier, de celui qu'elle se pognera ce soir et de celui qu'elle se pognera demain. Déjà là, on parle d'informations pas mal moins intéressantes que celles sur la vie des stars dans les magazines avoisinants la caisse que je n'achète pas, vous en conviendrez? Ce serait à la rigueur un sujet de pause pour tuer l'espoir du petit emballeur qui collectionne du courage depuis quatre mois pour lui demander de sortir avec elle, non?

« Ce n'est pas que je m'en câlisse de votre histoire que je dois interrompre à l'instant, mais il serait peut-être temps, jeune fille, de m'indiquer le montant de la transaction et de procéder à celle-ci, afin que je puisse sacrer mon camp et aller manger ma goberge lousse en jogging sur mon divan. »

En allant au Super C ou au Maxi, tu peux sauver cette partie-là, mais puisqu'il n'y a pas d'emballeurs... tu dois emballer toi-même.

« Hey là, c'est parce que la raison pour laquelle je n'ai jamais été emballeur de ma vie, c'est peut-être parce que je suis du genre à mettre les trucs durs sur les trucs mou... Pis toé tu m';aisses emballer ma commande seul? Bravo! »

Bref, c'est pour éviter ce contact indésirable avec un humain qui ne désire pas faire son travail que j'utilise fréquemment les caisses libre-service et surtout aussi afin de sauver du précieux temps. La file d'attente pour ces caisses est souvent beaucoup moins longue, parce que l'imbécile heureux moyen ne sait pas encore comment ça fonctionne la technologie en 2014. À cette ère où autant les mémés que les bébés possèdent un ordinateur, une tablette ou un téléphone intelligent. La mémé appelle l'infirmière directement de sa tablette alors que le bébé a son application hochet sur son cellulaire à 800$ qu'il agite allègrement dans le «y a pas de stress» le plus total.

L'expression «libre-service» m'inspire liberté et indépendance. Comme quand maman te laisse faire des trucs considérés autrefois comme dangereux, sans supervision parentale, pour la toute première fois.

Comme un pays qui déclare son indépendance :

« Mère patrie/caissière, je n'ai plus besoin de toi! »

Comment se fait-il, peu importe si mon nombre d'articles se situe entre 1 et 257, qu'il m'est impossible de compléter la transaction, sans avoir eu recours au moins une fois à la préposée du service libre-service?

Je sais qu'il faut sélectionner l'option sac, avant de déposer ses sacs sur la plateforme, je sais comment rentrer les codes de fruits et légumes, je sais toute ostie, je suis plus une machine que la machine.

Sérieusement cet appareil a définitivement des failles. Je dirais même qu'elle a des caprices, parce que la plupart de mes besoins d'interventions de la préposée avec sa manette portative ou postée à la tour de contrôle ont rapport avec un article n'ayant pas été scanné au goût de la machine. Trop vite, pas assez vite, trop proche, trop loin...

« Veuillez attendre le préposé! »

Non, mais ta yeule, je veux simplement partir d'ici un jour pour aller faire le facing de mon épicerie dans mes armoires et mon frigo.

Il y a des endroits où le bad trip de la caisse électronique est corrigé immédiatement grâce à une préposée alerte qui règle les problèmes de tous en même temps. Et il y a les endroits où les préposées s'occupent d'un dossier à la fois. Généralement, tu attends longtemps parce que la préposée est en train d'apprendre le fonctionnement complet du système à une famille d'origine étrangère ou à une personne âgée s'étant dispersée de son groupe.

Mais revenons-en à la mention libre-service.

Quand je vais à la station-service libre-service, est-ce qu'il y a un pompiste qui m'assiste dans ma démarche pour mettre de l'essence?

Nooo!

Alors pourquoi à l'épicerie y a-t-il une caissière (sous une autre appellation) qui doit m'assister à chaque fois, dans ma transaction avec une caisse électronique libre-service?

Je dis ça de même là, mais je n'ai jamais eu besoin d'un banquier pour faire une transaction dans un guichet automatique non plus.

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