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Mode, gastronomie, littérature, musique, endroits touristiques: les incontournables en Haïti

02/04/2013 02:52 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT
rollingsinhaiti.wordpress.com

En planifiant mon prochain voyage en Haïti, j'ai cru bon de me préparer autrement. Mon planning habituel se limite au booking de meetings et à m'assurer que j'aurais le temps de m'arrêter au supermarché pour faire le plein de ketchup Famosa, de café haïtien et, évidemment, de Barbancourt.

Mais, cette fois-ci, j'ai décidé de demander à des influenceurs de me guider et de me donner leurs musts, coté musique, gastronomie, destinations touristiques, mode et littérature.

«Les Incontournables d'Haiti»

Haïti, les arrêts obligatoires.

Les Incontournables touristiques, selonStéphanie Balmir Villedrouin Stéphanie Villedrouin est la Ministre du Tourisme en Haiti.

- Parc National Historique, Milot (dans le Nord): Témoin d'un passé glorieux, où s'installent la Citadelle Laferrière, le Palais Sans Soucis et la Paroisse de Milot. Reconnu par l'UNESCO comme Patrimoine Mondial.

- Saut d'eau (dans le Plateau Central): Site de haut pèlerinage religieux suite à l'apparition de la Vierge Marie le 16 juillet 1848. Une des plus belles cascades du monde tel que mentionné, entre autres, dans le magazine Paris Match.

- Grottes Marie Jeanne, Port-à-Piment (dans le Sud): Abritant près de 30 salles, les Grottes Marie Jeanne sont une des plus grandes et des plus spectaculaires grottes des Caraïbes.

- Ile à Vache (dans le Sud) : l'ile au trésor, vestige des boucaniers. La perle cachée d'Haïti. Ile où le Bluenose de Nouvelle-Écosse a été abandonné en 1946.

- Village de Noailles à Croix-des-bouquets (dans l'Ouest): Là où se cachent la culture et l'artisanat d'Haïti, dont l'une de leur spécialité, le fer découpé.

Haiti, Chic.

Les Incontournables de la mode, selonFrançoise Élizée. Françoise Élizée est designer d'accessoires mode. Elle fait le va-et-vient entre Miami et Port-au-Prince.

- Le Boudoir de Françoise Elizée

Le Boudoir de Françoise Élizée se trouve aux chics (et nouvelles) Galeries Oasis. Elle se spécialise en accessoires de mode. Les pochettes et sacs en peaux d'animaux exotiques, par exemple, sont signés Françoise Élizée.

- Le magasin Ojimoda

Ce magasin est niché dans les jardins du nouveau resto Redstone Grill; les femmes y retrouvent chez Ojimoda une sélection de designers Européens pendant que les hommes attendent au lounge du restaurant.

- Ayiti Natives

Caroline Sada est la fondatrice de cette marque organique de produits pour le corps. J'adore le savon "Love". L'emballage du savon en fait un beau cadeau à offrir, sans oublier que la marque n'utilise que des huiles pures qui garantissent une superbe expérience organique.

- Les foulards Sandilou

J'ai découvert Sandilou à la gigantesque foire qui se déroule chaque année à l'hôtel Karibe. Sandilou est une marque de foulards peints à la main. Chaque foulard est peint ou teint sur des tissus 100% rayonne. J'en ai un que je porte tout le temps avec ma veste en jean.

- Les trésors de Gerry

J'ai aussi découvert cette designer à la foire de l'hôtel Karibe. J'ai acheté un collier turquoise de sa collection. J'ai bien hâte de le porter avec un chemisier blanc, dès mon retour à Miami. Les pièces de Gerry sont faites à la main. Elle utilise de la corne et des pierres colorées. Impossible de passer inaperçue lorsqu'on porte ses morceaux.

Haiti, page par page.

Les incontournables en littérature, selonMarie-France Lemaine. Marie-France Lemaine est recherchiste à l'émission "Plus On Est De Fous, Plus On Lit", à la radio de Radio-Canada et détient une maitrise en littérature comparée.

"J'ai volontairement omis Dany Laferrière, parce que tout le monde le connaît mais il a, selon moi, écrit le plus grand livre sur Haïti, L'Énigme du retour. J'ai aussi omis Jacques Stephen Alexis, l'un des plus importants auteurs. René Depestre aussi, Marie Vieux Chauvet, Gary Victor et Lyonel Trouillot. Je dirais plutôt que mes choix sont très personnels. Ces choix permettent de découvrir Haïti et quelques-uns de ses auteurs les plus intéressants". - Marie-France Lemaine.

GOUVERNEURS DE LA ROSÉE, Jacques Roumain (Port-au-Prince, Imprimerie de l'État, 1944 / Mémoire d'encrier, 2004)

Un grand classique de la littérature haïtienne, de l'écrivain et homme politique Jacques Roumain, publié en 1944, peu après la mort de l'auteur, et traduit dans une vingtaine de langues.

Manuel, de retour au pays après avoir connu la dure condition des ouvriers agricoles à Cuba, découvre que Fonds-Rouge, son village natal, est en proie à la sècheresse et que la misère a divisé les habitants en 2 camps rivaux. Avec l'aide de la jeune Annaïse, il se met en tête de trouver et ramener la source à Fonds-Rouge, et de rassembler les villageois désunis en évoquant la solidarité et la dignité des peuples.

C'est une histoire d'amour et de courage, et surtout le chant d'amour d'un écrivain pour son peuple et son pays, écrit dans une langue magnifique. Pour découvrir un autre visage d'Haïti, celui des campagnes et des paysans.

LES IMMORTELLES, Makenzy Orcel (Mémoire d'encrier, 2010)

C'est le 1er roman, très fort, d'un jeune et talentueux poète né à Port-au-Prince en 1983, et découvert par l'auteur-éditeur Rodney St-Éloi (qui, il faut le souligner, fait un travail magnifique en publiant auteurs haïtiens établis et nouvelles voix aux éditions Mémoire d'encrier).

Makenzy Orcel dit avoir écrit ce roman dans la rue, dans l'urgence, dans les décombres de sa ville détruite par le séisme.

Les Immortelles, ce sont les prostituées de Port-au-Prince. À travers ce récit envoûtant et poétique, Makenzy Orcel donne une voix à ces femmes, disparues dans l'indifférence. Un roman percutant, qui évoque bien sûr la tragédie du tremblement de terre de 2010, mais qui parle aussi d'amour, de poésie, de la vie, de la mort. Un récit coup-de-poing, où l'on sent les vibrations des rues de Port-au-Prince.

Publié en France l'automne dernier aux éditions Zulma, le roman y a été chaleureusement accueilli par la critique.

MÈRE-SOLITUDE, Émile Ollivier (Albin-Michel 1983 / Serpent à plumes, 1999)

Né en 1940 à Port-au-Prince, Emile Ollivier s'est exilé au Québec au milieu des années 60. Il enseigna à l'Université de Montréal pendant 25 ans et publia de nombreux romans, nouvelles et essais remarqués, avant de décéder en 2002.

Mère-solitude, son premier roman, lui valut le prix Jacques-Roumain et fut traduit en anglais et en italien. Emile Ollivier y trace l'histoire d'Haïti à travers le portrait, sur plusieurs générations, de la famille Morelli. Tout y est évoqué: l'incroyable métissage culturel d'Haïti, les clivages sociaux, la misère, la richesse, la violence, l'amour, etc. À la fois très haïtien et complètement universel. Un grand roman postmoderne. C'est un peu, selon moi, le Cent ans de solitude d'Haïti.

ANTHOLOGIE SECRÈTE, Frankétienne (Mémoire d'encrier, 2005)

Excellente introduction à l'univers du monument qu'est Frankétienne, cette Anthologie secrète rassemble poèmes, entretiens, pensées, photos et dessins. Mais j'aurais pu proposer tout Frankétienne. Véritable mythe, Frankétienne est poète, romancier (il a publié le 1er roman en créole haïtien, Dezafi, en 1975), essayiste, dramaturge, peintre, sculpteur, musicien, etc. Profondément attaché à son pays qu'il a toujours refusé de quitter, même pendant les pires années Duvalier, il a sans cesse puisé dans toutes les formes d'expressions populaires haïtiennes (vaudou, musique, tradition orale) pour créer de nouvelles esthétiques, en embrassant le chaos et le désordre. À 76 ans, il est encore l'auteur le plus avant-gardiste et inclassable d'Haïti.

LE BRISEUR DE ROSÉE, Edwidge Danticat (Boréal, 2005)

Edwidge Danticat est une auteure américaine, née en Haïti en 1969. Elle écrit en anglais, mais toute son œuvre (à découvrir, traduite en français, chez Grasset et Boréal) est marquée par Haïti.

Pour comprendre les traces laissées par l'une des périodes les plus noires de l'histoire du pays - la dictature de Duvalier - il faut absolument lire Le Briseur de rosée (shoukèt laroze en créole) : c'est ainsi qu'étaient surnommés les hommes, sous Duvalier, qui pénétraient à l'aube chez les gens pour les conduire dans les prisons où ils seraient torturés. Nous découvrons ce briseur de rosée une fois qu'il a refait sa vie à Brooklyn, à travers les regards de sa fille, de sa femme, de ses voisins, qui ne savent pas grand-chose de son passé, et à travers ceux d'anciennes victimes. Danticat explore ici les questions du pardon, de la mémoire, de la survivance et de l'espoir. Bouleversant et magnifiquement écrit, par l'une des écrivaines contemporaines les plus intéressantes, à mon avis (Salman Rushdie le pense aussi. Lire ici.).

Haïti, dans la bouche.

Les incontournables en gastronomie, selon leChef Ron Duprat

Le Chef Ron Duprat a participé à la populaire émission de télévision Top Chef: Las Vegas. Il a aussi cuisiné pour l'orbite Beyoncé, le chanteur Usher et le Président d'Haïti, Michel Martelly. Soyez patients ... il ouvre bientôt son propre resto.

Blanc Manger

Tasso, de boeuf où de chèvre.

Soupe calalou

Macaroni Au Gratin

Griot de porc avec plantains frits

Et parce que je suis gourmande, j'ai fait appel à un deuxième Chef, pour avoir encore plus de tuyaux bouffe.

Les incontournables en gastronomie, selon leChef Dimitri Lilavois

Le Chef Dimi œuvre au restaurant de l'Hôtel Plaza, à Port-au-Prince.

Café Com'ça : Petit et intime, avec un des meilleurs ceviche dégusté en Haïti.

Hôtel Le Plaza: Le restaurant de l'hôtel offre un délicieux buffet créole.

Presque partout dans Le Sud: Qu'on dise Jacmel, Port Salut, Les Cayes où l'Ile à Vache, impossible d'échapper au lambi et aux homards frais, grillés sur la plage. Toute une expérience pour les sens.

Djon Djon: ce produit typiquement haïtien à l'arôme unique et fait de champignons séchés, rehausse plusieurs plats (surtout les riz et les ragouts).

Restaurant/Bar Mozaïk: Je retourne souvent à ce restaurant de Pétion-Ville pour son agneau grillé.

Haiti, the beat goes on

Les incontournables en musique, selon Antoine Grand'Pierre.

Antoine Grand'Pierre est banquier à Port-au-Prince, mélomane et ancien membre du groupe de musique D'Jous.

"En raison de la richesse et la diversité de la musique haïtienne, 5 titres sont nettement insuffisants pour que tous soient représentés... donc j'en mets plus. Sur la liste, de la musique populaire: il y a le konpa jazz, le rap créole, le raga konpa et toutes les chansons multi genres ou hybrides comme celle de Beethova Obas et celle d'Émeline Michel ne sont pas là. Sans parler des boléros, biguines, marzouka et des big bands haïtiens de la première moitié du siècle dernier. Il s'agit surtout d'une liste qui essaie de faire ressortir les styles musicaux de la musique populaire haïtienne qui a, à la fois, marqué le public, avec sa popularité, et qui a eu une reconnaissance au-delà des frontières haïtiennes." - Antoine Grand'Pierre.

Ti-Carole, Nemours Jean-Baptiste

Andréanne, Tropicana d'Haiti (avec Gazman Couleur)

New York City, Tabou Combo

Mon Conpè, Coupé Cloué

David, D.P. Express

Kem' Pa sote, Boukman Eksperyans

Lè Nap Fè Lanmou, Mizik Mizik

Mon Colonel, Michel Martelly

À la dérive, Mizik Mizik, avec Erik Charles

Player, Carimi

Biznis Pam', Djakout Mizik

Histoire, Arly Larivière et New Look