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Philippe Couillard place le Québec en position de faiblesse

23/06/2017 08:14 EDT | Actualisé 23/06/2017 08:14 EDT

Le 1er juin dernier, le gouvernement de Philippe Couillard annonçait en grande pompe qu'il entendait partir en tournée à travers le Canada afin d'expliquer que « Québécois, c'est notre façon d'être Canadien ». Il s'est empressé de préciser qu'il ne souhaitait pas débattre tout de suite de la question constitutionnelle, mais qu'ultimement, si ça adonne et que les astres s'alignent, il aimerait bien être celui qui ferait entrer le Québec dans la constitution canadienne.

Surprenant ? Pas du tout. Lors de la campagne à la chefferie de son parti, il avait annoncé ses couleurs. Le 21 avril dernier, son lieutenant Jean-Marc Fournier prononçait un discours à la Maison du Canada à Londres, discours qui s'intitulait « Québécois, our way of being Canadian : les appartenances plurielles ».

Il disait notamment ceci : « Nous croyons que la formule fédérale canadienne, conçue en 1867 pour unir les forces d'une population peu nombreuse, répartie sur un territoire immense, au sein d'un système politique devant tenir compte des différences des groupes qui la composaient, nous donne encore aujourd'hui le cadre nécessaire pour concilier avec succès la diversité et l'unité. 150 ans après, ce cadre demeure cependant à parfaire pour mieux respecter et reconnaître les identités de chacun ».

L'intention de forcer le Québec à entrer dans la constitution canadienne à l'occasion du 150e anniversaire du Canada est on ne peut plus claire.

Si l'annonce du 1er juin a semblé bien opportune, compte tenu de l'enfilade de révélations pour le moins gênantes pour le premier ministre, il n'en demeure pas moins qu'on ne prépare pas un document de 200 pages sur le coin d'une table pour faire diversion. L'annonce a probablement été devancée, tout simplement.

À moins que Philippe Couillard et Justin Trudeau aient conclu une entente secrète, les probabilités de la grande « réconciliation » sont bien minces...

Avant même d'avoir lu le document, Justin Trudeau s'est empressé de dire qu'il n'était pas question de rouvrir la constitution. On ne peut pas lui reprocher d'être inconséquent : il a toujours tenu ce discours. Lui qui nie la notion d'identité canadienne, comment peut-on penser un instant qu'il reconnaîtrait une nation québécoise ? Alors, à moins que Philippe Couillard et Justin Trudeau aient conclu une entente secrète, les probabilités de la grande « réconciliation » sont bien minces...

La grande séduction ...

Le gouvernement libéral se lance donc dans une entreprise de séduction au parfum électoraliste. Après avoir essuyé de multiples « non » d'Ottawa - pensons seulement aux transferts en santé - voilà que Philippe Couillard place le Québec en position de faiblesse en se mettant les deux genoux à terre avant même de commencer.

Depuis le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, jamais un premier ministre libéral québécois n'a envisagé de signer ce document fruit d'un coup tordu. Les deux tentatives d'accord, Meech et Charlottetown, se sont soldées par des échecs retentissants. Le référendum de Charlottetown est particulièrement révélateur, le Canada trouvant que le Québec en voulait trop et le Québec considérant qu'il n'en obtenait pas assez. Deux visions irréconciliables.

Cette tactique du gouvernement libéral ressemble bien plus à une tentative de préparer les Québécois en vue d'une signature à rabais de la Constitution canadienne. La seule façon de régler une fois pour toutes la crise constitutionnelle est de réaliser l'indépendance du Québec. C'est incontournable afin d'agir et d'évoluer dans un monde où la mondialisation et la globalisation sont là pour rester.

Justin Trudeau vient d'envoyer une gifle de plus au Québec, après celle de la localisation du Bureau des infrastructures à Toronto. Soyons réalistes, le Québec ne pourra être mieux servi que par lui-même. Il ne sert à rien de perdre notre temps et nos illusions à venir quémander des reconnaissances ou de nouveaux pouvoirs à Ottawa. L'indépendance donnera au Québec tous les pouvoirs qui nous manquent, en plus de la reconnaissance internationale. Alors, n'ayons plus peur !

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