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Il y a un an, on m’a diagnostiqué un cancer du sein

Messieurs, il n’y a pas que le cancer de la prostate qui peut nous atteindre, le cancer du sein aussi.

25/10/2017 09:00 EDT
Getty Images
Le cancer du sein masculin est une réalité dont les hommes doivent être mis au courant.

Il y a un an, on m'a diagnostiqué un cancer du sein.

Eh oui! Un cancer du sein chez l'homme ça se peut...

Au Québec, chaque année, 1 femme sur 8 aura un diagnostic de cancer du sein et 1% des cancers du sein touchera les hommes.

Mon histoire est un peu bizarre, mais elle reflète bien la réalité du cancer du sein masculin. Étant infirmier de formation, j'étais probablement le gars le mieux placé pour détecter les signes avant-coureurs d'un cancer, mais cela m'a passé sous les yeux sans que je réalise quoi que ce soit.

Mai 2016

C'est mon chat qui a trouvé mon cancer... Un beau samedi, je venais de me réveiller et notre petit chat jouait dans le lit. Quand il marché sur mon mamelon gauche, j'ai ressenti une douleur électrique! En me tâtant le sein gauche, j'ai bien senti une bosse.

Quatre jours ont passé... la bosse était toujours là et mon sein gauche restait sensible.

J'en ai donc parlé à ma conjointe qui est infirmière aussi et elle m'a forcé à aller voir mon médecin de famille.

Les choses ont déboulé rapidement !

Mammographie, qui montre effectivement une anomalie.

Étape suivante; l'échographie, on confirme une masse de 3 centimètres.

Ensuite, biopsie à l'hôpital St-Sacrement au centre des maladies du sein. Le diagnostic est tombé. J'avais un cancer.

J'ai 49 ans. Je suis actif et productif professionnellement. Mes affaires vont bien. Mais là, la vie s'arrête, je ne crois plus en l'avenir. Je vais mourir.

Je suis détruit. J'ai 49 ans. Je suis actif et productif professionnellement. Mes affaires vont bien. Mais là, la vie s'arrête, je ne crois plus en l'avenir. Je vais mourir.

On me prescrit une panoplie d'examens pour vérifier l'étendue des dommages.

Heureusement, il ne semble pas y avoir trop de dégâts. Pas de trace de cancer ailleurs. J'ai donc subi une mastectomie radicale gauche le 5 août 2016.

Le fait de se faire retirer une masse cancéreuse n'est pas une fin en soi, mais le début d'un long processus d'acceptation et de remise en question.

J'ai dû suivre un traitement de chimiothérapie pendant 12 semaines.

Très honnêtement, la chimio, c'est pire que tout le reste, parce que là... t'es malade en tab...*#!!*

Mois avant la chirurgie, je n'avais jamais eu le moindre symptôme, mais durant la chimio, j'ai eu l'impression de mourir à petit feu pendant trois mois...

Novembre 2016

Fini la chimio.

Je reprends progressivement mes activités.

Janvier 2017

Mon corps reprend des forces graduellement. La fatigue persiste et n'est jamais bien loin.

Ma mission

Pendant mes traitements de chimio, je suis tombé par hasard sur une entrevue à la radio, d'une fille et son père tous les deux atteints du cancer du sein.

Le cancer du sein masculin est une réalité dont les hommes doivent être mis au courant.

Je n'étais pas seul. Le cancer du sein masculin est une réalité dont les hommes doivent être mis au courant. C'est à ce moment que je me suis donné comme mission de tirer quelque chose de positif de mon malheur. J'allais partager quelque chose de très personnel avec un maximum de gens pour sensibiliser la population à l'existence du cancer du sein masculin.

J'ai communiqué avec la Fondation du cancer du sein du Québec pour devenir ambassadeur.

Me voilà un an plus tard. Je suis toujours là. Je suis un survivant du cancer. Je suis maintenant plus en forme que jamais. Mon seul traitement actuel est la prise quotidienne de Tamoxiphen, ce qui fait que j'ai des chaleurs comme une femme ménopausée, mais je vis très bien avec cela.

Bien sûr, il y a toujours la crainte d'une récidive. Je suis étroitement suivi par mon oncologue pour les 4 prochaines années.

Mon message est assez simple et n'implique pas de somme d'argent astronomique : messieurs, il n'y a pas que le cancer de la prostate qui peut nous atteindre, le cancer du sein aussi.

Il est reconnu que le cancer du sein masculin est plus meurtrier que chez la femme et cela est en grande partie dû au diagnostic tardif de la maladie.

Il est reconnu que le cancer du sein masculin est plus meurtrier que chez la femme et cela est en grande partie dû au diagnostic tardif de la maladie.

Examinez-vous, ou demandez à votre conjointe de le faire, une bosse sur un sein pour un homme ou un mamelon rétracté, ce n'est pas plus normal que chez la femme. Dans le doute, allez voir votre médecin.

La recherche en cancer du sein progresse rapidement et de nouveaux traitements extrêmement prometteurs pointent à l'horizon. Mais avant d'avoir un traitement qui éradiquera la maladie, il va de soi que les gens atteints ont encore besoin de soutien et de ressources comme celles qui s'offrent à la Fondation du cancer du sein du Québec. Je vous invite cordialement à donner généreusement.

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