LES BLOGUES

Joël Robuchon au Casino: le Montréal gastronomique gagnant

28/02/2017 09:23 EST | Actualisé 28/02/2017 12:37 EST

C'est bien de monter aux barricades pour protéger ce en quoi l'on croit: la langue, l'histoire, le terroir.

C'est bien de se prononcer, de dénoncer, mais parfois il est trop tard.

Pendant presque 15 ans, le casino de Montréal a accueilli des clients dans son restaurant haut de gamme, le Nuances.

Pendant presque 15 ans, c'est un chef québécois, Jean-Pierre Curtat, qui officiait en cuisine.

Pendant presque 15 ans, lui et son équipe ont fait la promotion des produits québécois.

Et ce, dans le plus total des désintérêts.

Et puis soudain, coup de circuit: Le chef cuisinier du siècle selon Gault-Millau prendra cette année le relai de Monsieur Curtat.

J'étais moi-même ambivalent au début. Et plus le temps passe, plus je me rends compte que Montréal sortira gagnante de cette histoire.

Joël Robuchon est le chef le plus étoilé du Guide Michelin, avec 30 étoiles dans le monde. Il est à la tête d'un immense empire gastronomique.

L'avoir à Montréal, c'est avoir un gigantesque billboard publicitaire pour le Montréal gastronomique.

C'est de montrer au reste de la planète culinaire que nous existons. Nous existions avant lui, et nous existerions sans lui, mais le prestige d'avoir Joël Robuchon à Montréal rayonnera chez les touristes venant visiter notre métropole.

Peut-être même que sa simple présence fera enfin venir le Guide Michelin au Canada, pourtant déjà présent à New York, Chicago et San Francisco, entre autres.

L'Atelier de Joël Robuchon devrait être considéré comme une attraction touristique. Les Américains et les Européens en quête de qualité gustative envisageront peut-être plus rapidement la possibilité de venir à Montréal dépenser leurs puissantes monnaies. Et j'ai l'impression que ça ne peut qu'être bénéfique pour le reste de la restauration.

Avec le Joe Beef, le Pied de cochon, le Toqué et tous les restaurants qui resplendissent déjà à l'étranger, on peut se targuer d'avoir maintenant un projecteur géant braqué sur nous.

On dénonce par ailleurs énormément la façon dont le restaurant Atelier a été financé. Supposément sans appel d'offres. Mais on aurait pu appeler à quoi, exactement? Offrir l'opportunité à un chef superstar québécois? On dit que Martin Picard aurait pu nous éblouir de sa folie, que David McMillan (et Frédéric Morin) aurait pu ouvrir un autre établissement culte, que Normand Laprise aurait pu y installer son restaurant?

A-t-on pensé que cela ne les intéresse peut-être pas? Qu'ils sont, comme moi, sûrement conscients du fait que la main-d'oeuvre qualifiée est quasi absente du marché provincial, et que le mieux pour eux soit de se concentrer sur leurs divers restaurants ainsi que la formation des cuisiniers sur le marché du travail? Leur talent est incroyable, mais leurs mains sont déjà pleines, à mon avis.

Je pense que personne au Québec n'aurait pu relever ce défi. Je pense que le meilleur pour le faire c'est Joël Robuchon. Ou plutôt la bannière Robuchon.

Je pense que personne au Québec n'aurait pu relever ce défi. Je pense que le meilleur pour le faire c'est Joël Robuchon. Ou plutôt la bannière Robuchon. Car il ne faut pas se leurrer, il ne sera pas aux fourneaux. C'est son équipe qui sera sur place. Son équipe d'employés québécois qui cuisinera des produits québécois. C'est l'équipe locale qui fera rouler l'économie locale.

Je ne dispose pas de la vérité absolue, mais on pourrait s'en reparler dans 5 ans? Quand le Joe Beef, le Pied de cochon, le Toqué et plusieurs autres auront leur(s) macaron(s) Michelin.

Dans le fond, Robuchon est ici grâce à leur travail acharné.

Merci à vous, messieurs, de faire resplendir notre ville.

Merci d'accepter que Robuchon vienne chez vous afin de vous confirmer que vous aviez raison: Montréal est sur la carte.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST



Restaurants montréalais ouverts le lundi soir

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter