Martin Dumas

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Sortie de crise

Publication: 24/05/2012 16:07

En ce qu'elle obéit à une stratégie presque inévitablement électoraliste, l'action du gouvernement traduit mal, face à la résistance des étudiants grévistes, la nécessité d'examiner l'un des principaux enjeux de la crise actuelle. Cet enjeu se découvre en suivant le fil des refus exprimés par les étudiants, à la suite de propositions gouvernementales concernant tantôt le régime des prêts et bourses et le remboursement des emprunts, tantôt l'étalement temporel d'une hausse des droits de scolarité, mais jamais encore la détermination globale de cette hausse (d'environ 75%). Ces étudiants rejettent des propositions qu'une majorité de Québécois estiment par ailleurs raisonnables, dégageant ainsi avec le gouvernement l'espace d'une polarisation politique en vue des prochaines élections. L'enjeu de fond, sur cet échiquier instable, n'apparaît plus comme celui de l'accessibilité aux études supérieures, puisque la conjugaison des offres gouvernementales n'aurait vraisemblablement pas pour effet de resserrer indûment l'accès à l'Université. Il apparaît plus certainement comme celui de la solidarité intergénérationnelle. Les étudiants grévistes d'aujourd'hui remettent en question l'idée que leur juste part dans le financement des universités ne correspond plus à la juste part assumée par les cohortes du passé et plus spécialement, peut-être, celles des années 70 et 80, puisque les premières hausses de droits de scolarité furent imposées à l'aube des années 90.

Au moins deux solutions pourraient satisfaire aux exigences d'un test de solidarité intergénérationnelle. La première consisterait à réduire quelque peu la hausse prévue des droits de scolarité d'une somme à récupérer auprès de la population active, sous la forme d'un impôt spécial sur le revenu. Dans l'esprit utilitaire qui l'anime, ce partage n'est pas injuste dans la mesure où la population active se dit majoritairement favorable à une hausse des droits de scolarité, alors même que ses leaders auraient sous-contribué (financièrement) au développement de l'Université.

La deuxième solution renvoie à une conception plus ouverte de la solidarité intergénérationnelle en ce sens qu'elle implique un gel des droits de scolarité combiné à une hausse de l'investissement de l'état dans l'éducation supérieure. Sauf à anticiper un revirement extraordinaire de la stratégie gouvernementale, le scénario réaliste d'un tel gel n'est envisageable que dans le cadre d'un débat public sur la question, en campagne électorale. Une telle campagne serait aussi l'occasion de délibérer plus sereinement autour des couleurs à donner à notre démocratie libérale. Mais dans la recherche d'une sortie de crise, il appartient au premier ministre de déclencher rapidement des élections ou d'offrir aux étudiants grévistes une solution satisfaisant au test de la solidarité intergénérationnelle, avec ou sans l'aide de médiateurs.

 
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19:10 sur 24/05/2012
JE vois le problème différemment, veut on un système d éducation gratuit , si oui c'est par l'impôt sur le revenu de tout le monde , comme la santé. Je continue à croire que l'on est capable de se payer ces 2 sytèmes. Par contre j'aimerais bien qu'il y est un meilleur suivi ,à savoir meilleur controle sur les dépenses , autant dans la santé que dans l'éducation. J'ai l impression que si on pouvais mieux gérer les abus nous pourrions toujours nous payer ces deux systèmes. On trouve bien de l'argent pour des choses qui ne sont pas nécessairement des priorités.
18:18 sur 24/05/2012
encore une théorie et des paroles pour une crise étudiante qui ne devrait toucher que les droits de scolarité... a le lire on croirait que le québec est a feu et a sang...
15:19 sur 25/05/2012
Le titre suggère que nous vivons une crise, soit (le niez-vous?) Mais quelle phrase du texte laisse entendre que "le Québec est à feu et à sang"?
Cordialement, PMD
17:03 sur 24/05/2012
Pourquoi ne voir encore que l'argent des contribuables pour régler cette crise. Tous les contribuables confondus ont augmentés leur contribution aux revenus de l'État, alors que les entreprises ( surtout les grandes ) on diminuer leur part au fil des ans.

Qu'on aille chercher l'argent où elle est. Une simple taxe de 0.7% ( moins que 1%) sur les transactions financières permettrait de payer tous les montants nécessaires à ce que demande les universités et même plus....Alors pourquoi piger dans les poches des jeunes avant même qu'ils ne deviennent eux-mêmes la classe moyenne la plus taxée, imposée, tarifée en Amérique ?
18:23 sur 24/05/2012
Bien d'accord: il existe plusieurs sources de financement intelligentes, qui ne toucheraient pas la classe moyenne (voir par exemple sur le site de la Classe). D'ailleurs il est nuisible pour la société dans son ensemble que les étudiants s'endettent quand ils étudient, puisque ce sont les banques qui ramassent les intérêts qu'ils doivent ensuite payer. Ces intérêts (qui représentent des montants importants à l'échelle de la province), ils pourraient les dépenser dans l'économie au lieu de les donner aux banques, ce qui profiterait à tout le monde en faisant rouler l'économie. C’est plus tard qu’ils doivent payer, par leurs impôts, comme tout le monde.
15:28 sur 25/05/2012
Vous opteriez donc pour la solution deuxième. On ne peut imaginer sans froncer les sourcils que le gouvernement actuel prenne l'initiative d'imposer une taxe spéciale sur les revenus de sociétés pour combler le manque à gagner issu du gel des droits de scolarité. Enfin, un gouvernement national (moins encore provincial), même étatsunien, ne peut à lui seul taxer les "transactions financières" de manière efficace. Il faut ici ouvrir le débat sur la gouvernance mondiale et non nationale. Cordialement, PMD
09:09 sur 26/05/2012
Et avec la mondialisation cela deviendra de plus en plus difficile de lutter contre l'appétit vorace du grand capital, car on nous ressortira continuellement qu'il ne sert à rien d'agir localement si tout le reste de la planète n'agit pas de la même manière. Nous avons un choix à faire soit qu'on permet encore à ce grand capital à devenir tout puissant ou on recommence à mettre des mécanismes de contrôle