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Propos condescendants sur les femmes: quand un député conservateur se ridiculise

Le manque de jugement de Gerry Ritz, député conservateur, a fait le tour du Canada, traversant même l'océan.

25/09/2017 11:17 EDT | Actualisé 25/09/2017 11:17 EDT
Chris Wattie / Reuters
La réplique de la ministre n'est pas cinglante, elle est intelligente.

Il semble que l'étroitesse d'esprit n'a pas de profession précise. Elle se propage dans tous les milieux comme en politique, par exemple, au sein du gouvernement conservateur. D'emblée, nous pouvons crier au sexisme, à l'intimidation, au dénigrement et à la misogynie, mais au-delà de tout cela, il semble que l'ignorance, l'inconscience et l'absence de considération féminine soient à l'origine d'une bassesse intellectuelle sans nom.

Le manque de jugement de Gerry Ritz, député conservateur, a fait le tour du Canada, traversant même l'océan, si bien que FranceSoir a trouvé le sujet croustillant. En effet, Ritz a traité la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, de « Barbie du climat ». Faute d'un discours intelligent, pourquoi ne pas attaquer l'intégrité et l'apparence d'une ministre en passant ? Cela représente avec exactitude le fond de sa pensée et sa considération pour les femmes.

De son côté, FranceSoir en rajoute une couche en rapportant ceci : « La réplique cinglante est venue directement de la ministre : "Usez-vous d'un langage sexiste à propos de votre fille, votre mère, votre sœur ? Nous avons besoin de plus de femmes en politique. Vos commentaires sexistes ne nous arrêteront pas", a répondu Mme McKenna également sur son compte Twitter. » La réplique de la ministre n'est pas cinglante, elle est intelligente. Les propos du député sont choquants, pas la réplique qui, en fait, n'est qu'une question brillante.

Il n'a que transmis à voix haute le regard qu'il pose sur les femmes de manière générale, rien de plus.

Ce qui est dommage, c'est que la réponse à la question de Mme McKenna est probablement : OUI. Gerry Ritz doit considérer toutes les femmes intelligentes comme étant de simples Barbies. Il n'a que transmis à voix haute le regard qu'il pose sur les femmes de manière générale, rien de plus. Malgré ses excuses contraintes et forcées, en raison du tollé général, le député n'en pense pas moins.

En parallèle à cela, les écoles tentent de gérer la cyberintimidation entre les ados, les entreprises désirent contrer le bitchage au sein de leurs équipes et la méchanceté verbale bat son plein dans les milieux familiaux. Il semble que les émotions soient difficilement gérables lorsqu'il s'agit d'allocutions professionnelles, que les réseaux sociaux sont devenus — pour bien des gens — des dépotoirs d'injures et de méchancetés gratuites, belles plateformes pour certains représentants politiques, entre autres.

En plus de soulever une question pertinente, Mme McKenna, exprime l'idée qu'il faut que les femmes soient plus présentes dans le domaine politique. Soit. Mais qui a vraiment envie de souffrir de commentaires aussi ignobles de la part de certains hommes frustrés ? Évidemment, il ne faut pas baisser les bras, car là est l'intention de bien des mâles mal léchés de décourager les femmes de faire carrière en politique, tandis que d'autres encouragent leur initiative.

Une chose est certaine, nous ne devons pas cesser de croire en l'évolution humaine qui, semble-t-il, est plus rapide que celle des animaux. L'avenir nous le dira. Pour l'instant, les femmes politiques, entre autres, continuent d'être jugées de manière... cinglante, dans leur intégrité et dans leur apparence.