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La femme qu’on n’attendait pas!

Nous ne pouvons pas dire que « la physicienne du pouvoir », celle que personne n'attendait, ne marquera pas son passage dans le décor politique mondial.

09/10/2017 08:00 EDT | Actualisé 09/10/2017 08:00 EDT
Fabrizio Bensch / Reuters
Mme Merkel a fait ses études en physique avec une thèse de doctorat sur la physique quantique et la chimie théorique.

Dans son ouvrage, Les femmes qui pensent sont dangereuses, l'auteur Stefan Bollmann titre son texte sur Angela Merkel, « La femme qu'on n'attendait pas ». Les propos de la chancelière fédérale allemande sont rapportés ainsi : « Je ne crois pas que je serais devenue femme politique si j'avais vécu à l'Ouest. Je serais peut-être devenue professeur, ou bien interprète. Il s'est simplement passé tant de choses si étonnantes, et si rapidement. »

Mme Merkel a fait ses études en physique avec une thèse de doctorat sur la physique quantique et la chimie théorique. Personne, elle comprise, n'aurait pu imaginer la suite des événements. Ses parcours professionnel et personnel sont hors du commun et inattendus. Le magazine Forbes l'a désignée, à cinq reprises, comme étant la femme la plus puissante du monde, ce n'est pas rien. Sans tambour ni trompette, en 1990, elle fut ministre fédérale des Affaires féminines et de la Jeunesse, en 2000, présidente de la CDU (l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne), en 2002, elle devient chef de l'opposition, et finalement, en 2005, première femme à la fonction de chancelière fédérale allemande.

Ce qui impressionne chez cette femme, c'est qu'elle n'est ni féministe ni garante d'une bonne politique des femmes.

Elle est surnommée, par le magazine Stern, « la physicienne du pouvoir », puisqu'elle analyse les problèmes tels des formules. Ce qui impressionne chez cette femme, c'est qu'elle n'est ni féministe ni garante d'une bonne politique des femmes. Avec discipline et autorité, Mme Merkel démontre avec succès ce que veut dire être reconnue en tant que femme, au-delà des attributs et des attentes traditionnelles, selon M. Bollmann.

Ne pas être attendue serait peut-être un gage de réussite dans le monde politique, puisqu'à l'origine cela peut être synonyme d'un combat humanitaire réel au lieu d'un désir d'assouvir le besoin de l'ego. Mme Merkel se moque de son apparence dans la mesure où elle n'hésite pas à porter plusieurs fois les mêmes vêtements dans ses activités officielles. Nous pouvons aussi être impressionnés par le fait que, contrairement à Hillary Clinton, elle ne se targue pas du fait qu'elle soit une femme en politique. Les ragots machistes lui coulent sur le dos comme sur celui d'un canard. Elle agit selon le bien de sa patrie et reste sourde aux attaques.

Dans la biographie d'Angela Merkel, Un destin, la préface d'Alastair Campbell rapporte d'elle une vision fort juste, avec peu de mots. « Fascinante, elle l'est aussi parce qu'elle représente une des rares femmes dans un monde, celui des dirigeants de la planète, dominé par les hommes. "Je ne suis pas vaniteuse. Je sais utiliser la vanité des hommes", dit-elle. Une femme très privée dans un rôle très public, qui préfère rentrer chez elle tous les soirs dans le modeste appartement qu'elle habite avec son mari plutôt que de vivre dans les fastes de la chancellerie. [...] Elle ne va pas crier sur les toits qu'elle est forte. Elle est forte, point. »

Tous ne peuvent partager ses points de vue, ses actions, ni ses prises de position, mais, une chose est certaine, nous ne pouvons nier l'idée qu'elle dirige à sa façon, dans un mouvement original et très personnalisé. Nous ne pouvons pas dire que « la physicienne du pouvoir », celle que personne n'attendait, ne marquera pas son passage dans le décor politique mondial. En espérant que quelques-uns s'en inspirent.