Marjolaine Boutin Sweet

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Pourquoi nous ne devons pas privatiser la Société canadienne d'hypothèque et de logement

Publication: 14/11/2012 11:57

Visiblement, le ministre des Finances Jim Flaherty n'a tiré aucune leçon de la crise économique qui a touché les États-Unis et le monde dans les dernières années. Son intention de privatiser la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) pourrait se révéler très dangereuse pour le Canada.

Devant le tollé soulevé par cette idée saugrenue chez plusieurs journalistes, économistes et spécialistes, le ministre n'a pas rassuré personne. Au contraire! Confronté à mes nombreuses questions à la Chambre des communes à ce sujet, M. Flaherty n'a pas fermé la porte à la privatisation de la SCHL, se bornant à dire qu'il n'avait pas l'intention d'aller de l'avant avec ce projet «pour le moment». A-t-il un agenda caché à long terme? Poser la question, je crains que ce soit malheureusement y répondre.

Pourtant, la SCHL est une richesse incroyablement précieuse pour les Canadiens.

Fondée en 1946 après la Deuxième Guerre mondiale, cette société d'État responsable de l'habitation au Canada avait pour mandat de répondre aux besoins de logement des anciens combattants de retour au pays et de s'occuper de divers programmes de logement.

Au fil des décennies, l'institution s'est développée en mettant sur pieds des programmes destinés, entre autres, aux familles, aux Autochtones et aux personnes handicapées. Elle a conclu des partenariats avec des OSBL et participé à la construction de coopératives d'habitation. Elle a contribué à la recherche en matière d'habitation et encouragé la rénovation d'habitations insalubres.

Mais la plupart des gens connaissent surtout la SCHL par son populaire programme d'assurance prêt hypothécaire. Celui-ci permet aux personnes qui n'ont pas 20% de liquidité à mettre comme mise de fonds pour l'achat d'une propriété à pouvoir tout de même obtenir un prêt d'une institution financière.

Puisque l'intérêt premier des compagnies privées est de faire du profit, la privatisation de la SCHL ferait disparaitre d'un coup ces acquis. Un marché déréglementé pourrait surchauffer, exactement comme cela s'est produit aux États-Unis.

Les risques de voir se gonfler une bulle immobilière augmenteraient. Lorsque l'offre excède la demande, la valeur des propriétés est affectée à la baisse et peut mener à un krach si la valeur de l'emprunt est plus haute que la valeur de la propriété.

Le ministre Flaherty est assez intelligent pour savoir tout cela. Malgré tout, il souhaite abandonner le meilleur outil que nous avons à notre disposition pour assurer la confiance et la stabilité du marché immobilier au pays. C'est proprement incompréhensible.

Le gouvernement canadien devrait plutôt tirer des leçons de ce qui est arrivé aux sociétés par actions Fannie Mae et Freddie Mac aux États-Unis qui, au plus fort de la crise des subprimes, ont dû être secourues par les contribuables américains. Qu'arrivera-t-il si la SCHL, une fois privatisée, échoue comme elles? Le gouvernement devrait réparer les pots cassés. Avons-nous vraiment les moyens d'affronter une telle catastrophe?

À la lumière de toutes ces informations, je crois qu'il est essentiel de garantir le caractère public de la SCHL. C'est seulement ainsi que nous pourrons continuer à aider les gens à trouver des solutions à leurs problèmes d'habitation. J'invite dès maintenant le ministre Flaherty à rassurer, une fois pour toutes, la population au sujet de ses intentions.

 

Suivre Marjolaine Boutin Sweet sur Twitter: www.twitter.com/MarjBoutinSweet

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Visiblement, le ministre des Finances Jim Flaherty n'a tiré aucune leçon de la crise économique qui a touché les États-Unis et le monde dans les dernières années. Son intention de privatiser la...
 
 
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Date de publication  | 
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22:08 sur 14/11/2012
Encore une idée du libéralisme à tout va dont les contribuables ont déjà payé les pots cassés.
Il est temps de s'opposer à ce pouvoir de la finance qui tend à devenir une dictature, ou seul le profit compte faisant fi de toute valeur humaine.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Pedro Individuo
17:52 sur 14/11/2012
"Mais la plupart des gens connaissent surtout la SCHL par son populaire programme d'assurance prêt hypothécaire. Celui-ci permet aux personnes qui n'ont pas 20% de liquidité à mettre comme mise de fonds pour l'achat d'une propriété à pouvoir tout de même obtenir un prêt d'une institution financière."

ce qui est justement responsable de la bulle immobilière qui nous touche

"Un marché déréglementé pourrait surchauffer, exactement comme cela s'est produit aux États-Unis."

mythe socialiste
18:11 sur 14/11/2012
"ce qui est justement responsable de la bulle immobilière qui nous touche."

Mythe libertarien.

Vous ne trouvez rien d'intelligent à dire, justement parce que la SCHL est un organisme qui fonctionne remarquablement bien.

Et nous avons vu les résultats désastreux de la déréglementation aux USA et cela n'est un mythe socialiste que pour ceux qui vivent sur une autre planète où la réalité n'est jamais envisagée qu'à travers le prisme déformant imposé par une idéologie tordue et où les préjugés tiennent lieu de raisonnement.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Pedro Individuo
09:14 sur 15/11/2012
" justement parce que la SCHL est un organisme qui fonctionne remarquablement bien. "

c'est un organisme gouvernemental qui garanti des hypothèques. C'est sûr, il n'y a pas de risque d'échec

"Et nous avons vu les résultats désastreux de la déréglementation aux USA et cela n'est un mythe socialiste "

Alors pourquoi la crise est prédite depuis 2002?

Bref, meilleure chance la prochaine fois
12:46 sur 14/11/2012
"Le ministre Flaherty est assez intelligent pour savoir tout cela. Malgré tout, il souhaite abandonner le meilleur outil que nous avons à notre disposition pour assurer la confiance et la stabilité du marché immobilier au pays. C'est proprement incompréhensible."

Vous savez tout comme moi et bien d'autres que ce n'est pas incompréhensible, c'est idéologique et l'idéologie des réformistes n'a rien à voir, de près ou de loin, avec le jugement et la compréhension de la réalité, elle n'est que fanatisme et aveuglement.

À l'effet délétère de cette idéologie, on pourrait probablement aussi ajouter celui des enveloppes brunes et dans tout ce qui concerne le domaine financier, les intérêts sont voraces et l'avidité est sans bornes, il est donc fort probable que l'importance des enveloppes brunes soit conséquente.