Mario Asselin

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Rendre hommage au réseau public d'éducation sans dénigrer l'école privée

Publication: 04/10/2012 15:13

Tout comme elle l'avait fait en 2009 à l'occasion de la première édition de la Semaine pour l'école publique, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) a récidivé cette année avec la 4e édition de son initiative, toujours axée sur le débat du financement de l'enseignement privé. La question d'un certain acharnement à réactiver une polémique sur un sujet qui ne fait pas vraiment de doute dans la population en général se pose.

En 2009, la FAE avait publié les résultats d'une étude qui faisaient mention d'une économie potentielle de 86 millions de dollars si on cessait de financer les écoles privées et qu'un transfert de 50% de la clientèle actuelle allait vers le public. L'étude menée par Jean-François Landry ne semble plus en ligne, mais j'en avais parlé dans un billet sur mon blogue. J'avais surtout décrié le manque de réalisme de la prémisse de l'auteur :

« Le "chercheur" connaît très mal le monde scolaire s'il croit que son hypothèse tiendra la route longtemps... Couper 50% des effectifs d'une école c'est l'équivalent de dire que l'école n'existe plus, dans la grande majorité des cas. À Montréal, je veux bien croire que le grand nombre de demandes pourrait faire en sorte que plusieurs écoles pourraient survivre avec des frais de 7 969 $ facturés aux parents d'un élève (je me base sur le chiffre de la page 18 de l'étude), mais croire que le privé «garderait» 50% de sa clientèle demande un acte de foi... disons... ardent. Mais faisons l'hypothèse qu'à Montréal, ça tiendrait la route. Ailleurs en province, couper 50% des élèves, ça veut dire fermer 90% des écoles privées. Quelques écoles privées à Sherbrooke, quelques autres à Québec, une à Trois-Rivières ou dans les Bois-Francs peut-être... Jamais on ne pourra croire que seulement 50% des élèves de ces régions vont continuer à pouvoir fréquenter le privé. L'offre ne sera plus présente et ça va coûter trop cher. Reprenons le 388,7 M$ de la page 26; à combien de pourcentage de retour vers le public, il n'y a plus d'économie? À 72 872 élèves de retour au public, on a un coût nul, c'est à dire dans la proportion d'un retour de 63 pour cent des élèves du privé vers le public. Dans le cas d'un retour de 80% (chiffre beaucoup plus réaliste - et encore? - tenant compte des disparités régionales au Québec), le résultat passe d'une économie à un coût de 102 M$. Conclusion... s'il faut couper les subventions au privé, il ne faudrait pas penser le faire en économisant. Je demeure intéressé à connaître tout renseignement sur ce chercheur, Jean-François Landry, dont les hypothèses s'apparentent à de la comptabilité très créative. »

Aujourd'hui en 2012, la FAE arrive avec « des économies potentielles » encore plus farfelues de 500 millions de dollars (source); d'où sortent ces chiffres ?

Cette idée que l'État pourrait économiser de l'argent en abolissant le financement accordé à l'école privée me surprend toujours. Un même élève va coûter 100% au MELS au lieu du 60% actuel au privé. Plusieurs études ont démontré qu'autour de 15% des écoles privées seulement vont pouvoir rester ouvertes (majoritairement sur l'île de Montréal) si les parents doivent payer 100% des coûts de fréquentation d'une école privée plus du tout financée par l'État. Consécutivement, tous les élèves de familles de classe moyenne actuellement au privé iraient fréquenter les écoles publiques ce qui entraînerait un sur-coût de 40% pour les finances publiques. « Les économies » engendrées par le fait que les élèves des 15% d'écoles restantes ne soient plus financées ne compteraient pas beaucoup dans la colonne des chiffres quand viendrait le temps des comptes. Cesser de financer l'école privée ce n'est pas économiser de l'argent, mais plutôt devoir en mettre davantage.

Sur la stricte question de l'argent, ce débat est perdu d'avance. Pourquoi le refaire chaque année ?

Il y a probablement plein de raisons de critiquer l'école privée, mais en cette semaine de promotion de l'école publique, pourquoi toujours soulever ce genre de question qui situe le message au mauvais endroit ?

L'école publique fait déjà beaucoup pour redorer son image et elle me semble sur une belle lancée ces dernières années. Aujourd'hui, tous ces reportages (1, 2, 3) sur le projet de l'École secondaire Pierre-Dupuy me semblent un bon indicateur du genre de ligne de communication qui devrait être privilégiée : la motivation des élèves et la persévérance scolaire passent par un projet éducatif innovant et original qui répond à tous les besoins des jeunes et l'école publique innove constamment en ce sens !

Bien sûr, je plaide pour plus d'autonomie à l'école publique et le développement d'un meilleur sentiment d'appartenance à son école. Je crois que le projet d'une semaine de promotion de l'école publique c'est l'occasion de regarder ce qu'on fait déjà de bien et de construire sur ses acquis. Je m'étonne qu'on cherche à faire porter le débat sur l'école privée et que, conséquemment, on lise dans des quotidiens ce genre d'article qui va dans le sens contraire de ce que la FAE et tous les intervenants souhaitent.

La force des écoles publiques réside dans sa capacité à rassembler tout le monde et ce n'est pas en divisant les Québécois que les syndiqués de la FAE connaîtront du succès par son initiative. Au moins, la nouvelle ministre de l'Éducation n'est pas tombée dans le piège et a parlé des écoles publiques pour les bonnes raisons :

« Parallèlement au contexte de la Semaine pour l'école publique, la ministre Malavoy a participé ce matin à une rencontre du Réseau réussite Montréal, qui vise notamment à soutenir la persévérance scolaire. Elle a profité de l'occasion pour souligner toute l'importance qu'elle accorde au dynamisme des différents acteurs de la communauté pour ce qui est de la mobilisation autour du milieu scolaire. À ce propos, il va sans dire que l'école publique demeure un outil incontournable. »

 

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21:14 sur 08/10/2012
Je suis orthopédagogue en milieu scolaire et maman de trois adolescents. Mon expérience m'a convaincue de militer en faveur de l'école publique, pour garantir sa qualité et éviter un élitisme malsain. J'ai plusieurs collègues qui ont enseigné au privé et qui ont observé que l'enseignement qu'on y prodigue n'est pas meilleur qu'au publique. Les enseignants qu'on y retrouve bénéficient de moins de perfectionnement que dans le réseau publique. Au secondaire, plusieurs élèves favorisés partent pour le privé et le secteur publique se retrouve, par conséquent, avec des classes où il y a une proportion plus grande d'élèves faibles, ce qui baisse le niveau général et alourdi la tâche des enseignants. Mon fils aîné est brillant et il a été à l'école publique. Il vient de commencer le Cégep et ça ne l'a pas empêché d'aller en Science de la santé et d'y réussir. Le financement des écoles privées par le gouvernement doit cesser. Non pas pour des raisons d'économie, mais parcequ'on a un systême publique qui est là pour tous. C'est la meilleure façon de garantir que celui-ci reste de qualité!
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reneehoude
02:34 sur 06/10/2012
Les parents qui envoient leurs enfants à l'école privé payent deux fois. Ils payent à 100% pour l'école publique, et 60% de plus pour l'école privée. Madame Marois a bousiller l'éducation et la santé avec des décisions irréfléchies, lorsque le PQ était au pouvoir et maintenant un autre de ses plans catastrophiques qui ne tient pas debout et qui dérangeraient l'équilibre social fragile, mettant en péril plusieurs écoles privés qui présentement forment de nos étudiants les plus performants.

Le PQ veut épargner...comment fera t'il çela lorsque certains parents n'étant plus capables de payer l'école privée à 100% placeront leurs enfantsdans des écoles publiques. Il vous faudra alors construire de nouvelles écoles avec l'argent qui tombera des arbres, je suppose?

J'ai beaucoup de doute sur la compétence de Marois avec tout ces décisions trop hatives et peu réflchies. Allons y... faisons payer les riches encore plus en cancellant les subventions en plus de les surtaxér avec l'impöt.

C'est bien le Quebekistan ou le Cubac que Dame au Carré Rouge espère pour l'avenir du Québec. Vive la Québec Vide!
10:28 sur 06/10/2012
De toute évidence, vous préfériez le gouvernement précédent, constitué de mafieux et de lèche-culs de la finance...

Get over it ! Les électeurs ont parlé, et un vent de fraicheur souffle à Québec !

"...décisions trop hatives et peu réflchies..." ?
Marois s'est tout simplement affairée à concrétiser, sans perdre de temps, les promesses qui faisaient partie de sa plate-forme électorale. Ça doit être ça qui sème la confusion chez vous... en tant que libéral, le concept d'un gouvernement qui tient ses promesses et qui agit avec efficacité vous semble totalement étranger...
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ioj
22:21 sur 05/10/2012
La raison principale de donner son enfant au privé c'est justement d'essayer de lui créer l'environnement où il sera entouré de "bons enfants", les parents à tort ou à raison ayant peur que leur progéniture sera entourée des enfants qu'ils ne veulent pas être dans le rôle de camarade de classe
14:26 sur 05/10/2012
Les écoles privées sont plus performantes que le public, alors, fermons le privé, logique syndicale......
18:15 sur 05/10/2012
Facile d'être plus "performant" quand tu filtre ta clientèle potentielle pour n'accepter que les individus qui sont déjà au départ plus performant que la moyenne, et que tu interdis l'accès aux élèves à problème.
08:29 sur 06/10/2012
Très bien répondu ... Le gouvernement devrait surtout faire en sorte que cette pratique des écoles privées qui consiste à jeter dehors les élèves qu'elles ne veulent plus, surtout l'année sur laquelle va être basé le classement de l'actualité, soit interdite purement et simplement.
08:25 sur 08/10/2012
Comme si ''la sélection'' était la seule choses qui rendent les écoles privées proformante.

Mais tout ce qui rend l'école privées performante est passer sous silence, parce que l'appliquer au public viendrais changer les facon de faire. Alors la propagane syndicale démonise le privé pour éliminer la concurence et les comparaisons.
09:03 sur 05/10/2012
Malheureusement, vous n'expliquez pas pourquoi les écoles privés font passer des examens d'entrés à leurs élèves ni pourquoi un élève qui aura des difficultés sera rejeté vers le public ni ne détaillé si un élève présentant une forme d'handicap lui permettant d'accéder à l'école public sera accepté au privé.

Il y a une forme de filtration au privé qui créé une nuisance au public. Si le privé prend l'argent du public, il doit assumer toutes les responsabilités du public et accepter tous les élèves sans discrimination.

Un point personnel qui me titille est d'apprendre qu'un représentant public (député, ministre) et surtout lorsqu'il s'agit d'un ministre de l'éducation envoie ses enfants étudier au privé. Quel exemple éloquent de support.
15:49 sur 05/10/2012
Ma première intention par ce billet était de discuter des « bons coups » du réseau public d'éducation. Votre question nous oblige à continuer de parler du privé... M'enfin.

Dans plusieurs écoles privées sur l'île de Montréal, les examens d'entrée servent à sélectionner les élèves puisqu'il y a dans ces quelques écoles beaucoup plus de demandes que de places disponibles. Cette vingtaine d'écoles pourraient procéder autrement pour attribuer les places, je vous l'accorde; cette situation n'est pas représentative du portrait global au Québec où la grande majorité des écoles privées n'a pas autant de demandes que de places disponibles. À ce moment, les examens d'entrée ont d'autres fonctions, dont celle de former des groupes plus homogènes ou de s'assurer d'avoir à l'interne les services pour aider les élèves une fois accueillis.

Les parents d'élèves du privé paient les mêmes taxes que ceux qui fréquentent des écoles publiques. Je ne vois pas comment on peut affirmer qu'ils « prennent l'argent du public ».

N'oublions pas que douze écoles privées accueillent spécifiquement les élèves EHDAA et que d'autres offrant des services de résidences (pensionnats) font plus que « leur part » dans l'accueil d'élèves en difficultés d'apprentissage ou de retard scolaire.
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Pedro Individuo
08:06 sur 05/10/2012
Solution : couper tout financement de l'éducation. Ça règle les problèmes
18:17 sur 05/10/2012
C'était la solution du précédent gouvernement.
Les électeurs ont réglé ce problème...
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Pedro Individuo
07:41 sur 08/10/2012
"C'était la solution du précédent gouvernement"

le budget de l'éducation a augmenté de plus de 4G$ (nominal) sous Charest. Quelle coupure totale?
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Francois Rochon
Il n'y a pas de honte à préférer le bonheur
19:11 sur 04/10/2012
Mr Asselin, vous ne prenez pas en compte un des aspects essentiels de l'équation... Tous les élèves n'ont pas le même côut. Les élèves en adaptation scolaire, les élèves en difficultés d'adaptation... tous les élèves ayant des besoins spéciaux. posant des problèmes particuliers.. tous les élèves couteux... sont au public. Les élèves qui au secondaire suivent un cheminenemnt vers un métiers coutent cher.
l.Élève qui pose problème le privé ne le garde pas longtemps... le public en hérite.
On peut même penser qu'en vidant l'école publique des "bons" élève on lui nuit. et on nuità tous ceux qui pour toute sortes de raisons restent au public.
Ça me permet même de me demander si l'actuelle subvention ne couvre pas en fait 100% ou à peu près des côuts réels pour offrir un cours secondaire au privé si on exclut tous les trucs spéciaux qu'on y offre quelques fois.
10:47 sur 05/10/2012
Monsieur Rochon vous exprimez exactement ce que je pense. J'ai été collée 32 années consécutives au système scolaire en tant que parent, j'ai fait des études tardives au collège et à l'université et j'estime qu'une meilleure gestion des écoles ferait en sorte qu'on n'aurait même pas à se questionner sur la pertinence des écoles privées. Les écoles privées ne sont qu'une "mode" qui devrait être assumée entièrement par ceux qui, pour toute sorte de raisons plus ou moins valables, croient en avoir plus pour leur argent. Ce sont les enseignants et les élèves qui font l'école et pas le "style" qu'on veut lui attribuer et l'argent qu'on est prêt à y investir souvent sans que ça en donne "plus" à nos enfants. Améliorons la gestion des ressources humaines et administrative dans nos écoles publiques et mettons l'argent où elle sera le plus efficacement dépensé pour nos jeunes d'abord et ceux responsables de leur éducation par la suite.
15:57 sur 05/10/2012
« Tous les élèves ayant des besoins spéciaux posant des problèmes particuliers... tous les élèves couteux... sont au public. »

Cette affirmation témoigne d'une méconnaissance du réseau privé. Oublions la vingtaine d'écoles à Montréal et quelques-unes - ça ne dépasse pas dix - ailleurs au Québec qui sélectionnent les élèves sur la base de leurs résultats, plus de soixante-quinze pour cent des écoles ont moins de demandes que de places disponibles et ouvrent leurs portes à toutes les catégories d'élèves tout en offrant des bourses d'études aux familles à revenus modestes.

N'oublions pas que douze écoles privées accueillent spécifiquement les élèves EHDAA et que d'autres offrant des services de résidences (pensionnats) font plus que « leur part » dans l'accueil d'élèves en difficultés d'apprentissage ou de retard scolaire. Pour un élève « au régulier » au public financé à 100%, il y a bel et bien un financement à moins de 60% « au régulier » privé. On compare ici « des pommes » avec « des pommes ».
21:10 sur 06/10/2012
"...plus de soixante-quinze pour cent des écoles ont moins de demandes que de places disponibles et ouvrent leurs portes à toutes les catégories d'élèves tout en offrant des bourses d'études aux familles à revenus modestes." La publicité correspond à quel pourcentage de leur budget pour aller chercher de la clientèle? C'est aussi parfois nécessaire et/ou utile d'accepter des "cas" pour avoir les subventions correspondantes. Et s'il y avait plus de demandes que de places disponibles qu'adviendrait-il des "cas"? L'école publique n'et plus tellement gratuite de nos jours..... encore là on dépense beaucoup de sous pour la "vendre". Moi j'aimerais vraiment qu'on dépense des sous pour améliorer l'école publique pour qu'il y ait une place pour chacun des écoliers.