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En politique, la vie est un outil

23/03/2017 09:41 EDT | Actualisé 23/03/2017 09:41 EDT

Bientôt, les médias parleront des élections municipales au Québec. Au cœur des célébrations du 375e anniversaire de Montréal, nous connaitrons les noms de ceux et celles qui brigueront les 103 postes de conseillers et de maires de notre ville. Des politiciens déjà engagés et de nouveaux visages seront élus.

Il y a quatre ans, à cette période de l'année, j'entamais une grande réflexion. Il faut comprendre qu'à ce moment précis de ma vie, je n'avais jamais envisagé de devenir politicienne. Mon fils n'avait que quelques mois, j'étais en congé de maternité et je devais retourner à la direction d'un organisme communautaire que j'affectionnais d'amour. Je voulais également avoir un deuxième enfant. Plusieurs projets personnels qui, à mes yeux, ne pouvaient s'arrimer avec un engagement politique. N'empêche, une petite flamme en moi s'est allumée quand un élu déjà en poste m'a interpellé pour m'inviter dans son équipe pour les élections de 2013.

Je crois qu'il y a quatre façons d'arriver en politique: être issu d'une famille politique (pensons à notre premier ministre du Canada), s'impliquer dans un parti politique, créer son propre parti politique ou se faire remarquer par un parti en raison de son rayonnement ou de son expertise. Il semblerait donc que mon engagement en prévention de la criminalité à Montréal et dans mon propre quartier, à titre de fondatrice d'un centre de loisirs ait attiré l'attention. Bref, trois partis politiques m'ont interpellé pour que je sois candidate aux élections municipales. Trois hommes, en fait. Trois hommes qui me connaissaient un peu, assez pour voir en moi ce petit quelque chose qu'un politicien doit avoir: une vie.

J'ai alors compris que ce que je croyais être ma vulnérabilité si je me lançais en politique est certainement ma plus grande force.

Ce que ces hommes savaient, je l'ai découvert lors de mes rencontres avec les quelques élus que je connaissais à l'époque et qui ont accepté de me raconter leur parcours. Il me savait possiblement intéressée, mais encore à convaincre. Ils m'ont dévoilé leurs histoires. Celle d'un parent demandant des soins particuliers, celle d'adolescents terminant leurs études et celle d'une garde partagée un peu compliquée... Des expériences de vie qui ont guidé leur manière de faire de la politique. Des réalités diverses qui les gardent connectés à la (vraie) vie. Ce fut pour moi une surprise. J'ai réalisé que pour moi les politiciens étaient plus que des gens en fonction, des humains engagés. Pourtant. J'ai alors compris que ce que je croyais être ma vulnérabilité si je me lançais en politique est certainement ma plus grande force. Qu'une jeune femme politicienne qui a des enfants ait nécessairement un bagage de vie et une expérience de la ville qui peut différer des autres élus et que cette voix doit être entendue.

Nous ne réalisons pas qu'il est possible de faire évoluer, voire de changer le monde dans lequel nous vivons. La plupart du temps, nous préférons croire que la politique est compliquée et les politiciens corrompus. Que ce n'est pas un univers pour nous ou pas le bon moment pour faire le grand saut. Mille raisons, aussi bonnes que mauvaises, qui nous empêchent de nous engager. Il y a quatre ans, j'entamais une grande réflexion. Ce qui a fait la différence est tout simple: l'humain derrière la politique et la conviction que ma vie, mon histoire constituerait un atout. Aujourd'hui, je peux le confirmer.

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