Marie-Claude Ducas

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Deux choses que je ne comprends vraiment pas dans ces histoires de sweepstakes

Publication: 2/03/2012 00:49

Ainsi donc, la Cour suprême du Canada a donné raison à un Québécois dans sa poursuite envers la compagnie qui publie le magazine Time. Celui-ci avait reçu une lettre, de laquelle il comprenait avoir gagné 833 337 $ (US) dans le « sweepstake » de Time. Évidemment, il n'avait pas lu les petits caractères... Ceux et celles qui sont abonnés, ou ont déjà été abonnés, à Sélection du Reader's Digest , sont déjà familier avec cette formule de « sweepstakes », qu'on est toujours censés avoir gagnés... (Pour ma part, ma famille était abonnée, et j'ai pratiquement appris à lire dans Sélection.)

Et depuis toujours, dans ces affaires de « sweepstakes », il y a deux choses que je n'ai jamais comprises :

1-Comment quelqu'un peut-il être naïf et crédule au point de croire qu'il aurait soudain, comme ça, gagné une telle somme? Et sans même se donner la peine de lire les plus petits caractères?

Mais surtout:

2-Pourquoi des entreprises aussi respectées et crédibles que Time ou Reader's Digest s'en vont-elles compromettre leur crédibilité et leur réputation avec des idioties pareilles? Qu'ont-elles à gagner? Pour aller glaner la valeur de quelques dollars en abonnements, elles annulent l'équivalent de millions qu'elles dépensent par ailleurs pour améliorer et maintenir leur image. En plus, ce sont des entreprises dont la mission et les valeurs de base reposent sur l'information, sur le fait d'éclairer le public, et de l'encourager à s'éduquer. Pourquoi, ensuite, faire des initiatives de marketing qui semblent vouloir duper des gens particulièrement mal informés? Il y a là quelque chose qui, il me semble, ne cadre vraiment pas.

Y a-t-il des conseillers en communications dans ces entreprises? Y a-t-il quelqu'un qui réfléchit à ces stratégies? Et, parmi ceux et celles qui lisent ce blogue, y en a-t-il qui ont VRAIMENT cru avoir gagné une somme importante en recevant de telles lettres?

 

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Ainsi donc, la Cour suprême du Canada a donné raison à un Québécois dans sa poursuite envers la compagnie qui publie le magazine Time. Celui-ci avait reçu une lettre, de laquelle il comprenait ...
Ainsi donc, la Cour suprême du Canada a donné raison à un Québécois dans sa poursuite envers la compagnie qui publie le magazine Time. Celui-ci avait reçu une lettre, de laquelle il comprenait ...
 
 
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Pierre Deruelle
pierre m de ruelle
11:55 sur 03/03/2012
Parce que ces entreprises misent sur la loi des statistiques et probabilites...il a y dans toute la population un % lucratif de poires a ceuillir, de pigeons a plumer, de poissons a pecher... et d'apres le nombre de messages publies, il y aura un retour positif de nouvelle clientele qui 'est fait convaincre... pas plus complique que cela, en autant les + soient plus grands que les -, en termes de revenus.

pierre m de ruelle
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
richard in obihiro
translator
20:44 sur 02/03/2012
La raison est bien simple : les conseillers en communications de ces entreprises sont des psychologues qui savent depuis longtemps, à l'instar de P.T.Barnum, que ''there's a sucker born every minute''. Leçon apprise, leçon comprise. Et on pourrait sûrement dire la même chose de 90% des messages publicitaires télévisés... Qui croit encore que la publicité exige d'être intelligente? Il s'agit, ni plus, ni moins, de ''faire jaser''. C'est tout.
12:36 sur 03/03/2012
Vous avez hélas raison... En fait, je devrais dire: vous aviez raison. Mais, en notre ère de médias sociaux, les gens réclament, de la part des entreprises, de plus en plus d'intelligence, et de transparence. De telles organisations traînent des structures et des façons de faire héritées du siècle dernier, et qui cadrent de moins en moins avec les réalités d'aujourd'hui. Dommage.
04:58 sur 02/03/2012
Puisque vous demandez si cela nous est arrivé. Oui moi c'est arrivé il y a 20 ans.

En fait ma soeur qui habite au Saguenay et qui n'est pas très scolarisée est monté chez moi à Montréal avec mon père. Elle croyait avoir gagné une somme très importante. Elle était abonnée et croyait donc possible d'être gagnante. Simple employée de restaurant et qui ne s'intéresse pas trop au monde la finance elle était convaincue.

Arrivés chez moi ils m'ont fait lire le tout. Puisqu'ils étaient si convaincu je n'ai pas cherché d'arnaques. J'étais septique mais je n'avais pas assez de vécu à l'époque pour comprendre la subtilité de certaines phrases légales. Finalement après quelques appels nous avons constaté que c'était un attrape-nigaud. On gagnait probablement le droit de participer au tirage. Ma soeur a gaspillé son argent dans ce voyage chez moi.

Aujourd'hui toutefois je gère un cabinet et j'ai habituellement plusieurs causes légales qui se rendent en cours de justice. Je ne me ferais plus avoir.
15:50 sur 02/03/2012
Merci de votre témoignage!
Et puis, une précision au sujet de mon billet. J'ai écrit: "pour glaner la valeur de quelques dollars en abonnements..." Dans les fait, c'est plus complexe: ce qui fait souvent vivre de tels magazines, c'est la publicité (et, dans le cas de Reader's Digest, les listes d'abonnés, à qui on peut vendre ensuite plein de produits connexes). Le nerf de la guerre, en tout cas, c'est la quantité et la qualité des abonnés, que l'on cherche ensuite à monnayer. Mais même dans ce cas, la formule des "swpeepstakes" ne colle pas avec une stratégie intelligente...