Ainsi donc, la Cour suprême du Canada a donné raison à un Québécois dans sa poursuite envers la compagnie qui publie le magazine Time. Celui-ci avait reçu une lettre, de laquelle il comprenait avoir gagné 833 337 $ (US) dans le « sweepstake » de Time. Évidemment, il n'avait pas lu les petits caractères... Ceux et celles qui sont abonnés, ou ont déjà été abonnés, à Sélection du Reader's Digest , sont déjà familier avec cette formule de « sweepstakes », qu'on est toujours censés avoir gagnés... (Pour ma part, ma famille était abonnée, et j'ai pratiquement appris à lire dans Sélection.)
Et depuis toujours, dans ces affaires de « sweepstakes », il y a deux choses que je n'ai jamais comprises :
1-Comment quelqu'un peut-il être naïf et crédule au point de croire qu'il aurait soudain, comme ça, gagné une telle somme? Et sans même se donner la peine de lire les plus petits caractères?
Mais surtout:
2-Pourquoi des entreprises aussi respectées et crédibles que Time ou Reader's Digest s'en vont-elles compromettre leur crédibilité et leur réputation avec des idioties pareilles? Qu'ont-elles à gagner? Pour aller glaner la valeur de quelques dollars en abonnements, elles annulent l'équivalent de millions qu'elles dépensent par ailleurs pour améliorer et maintenir leur image. En plus, ce sont des entreprises dont la mission et les valeurs de base reposent sur l'information, sur le fait d'éclairer le public, et de l'encourager à s'éduquer. Pourquoi, ensuite, faire des initiatives de marketing qui semblent vouloir duper des gens particulièrement mal informés? Il y a là quelque chose qui, il me semble, ne cadre vraiment pas.
Y a-t-il des conseillers en communications dans ces entreprises? Y a-t-il quelqu'un qui réfléchit à ces stratégies? Et, parmi ceux et celles qui lisent ce blogue, y en a-t-il qui ont VRAIMENT cru avoir gagné une somme importante en recevant de telles lettres?
Suivre Marie-Claude Ducas sur Twitter: www.twitter.com/mcducas
pierre m de ruelle
En fait ma soeur qui habite au Saguenay et qui n'est pas très scolarisée est monté chez moi à Montréal avec mon père. Elle croyait avoir gagné une somme très importante. Elle était abonnée et croyait donc possible d'être gagnante. Simple employée de restaurant et qui ne s'intéresse pas trop au monde la finance elle était convaincue.
Arrivés chez moi ils m'ont fait lire le tout. Puisqu'ils étaient si convaincu je n'ai pas cherché d'arnaques. J'étais septique mais je n'avais pas assez de vécu à l'époque pour comprendre la subtilité de certaines phrases légales. Finalement après quelques appels nous avons constaté que c'était un attrape-nigaud. On gagnait probablement le droit de participer au tirage. Ma soeur a gaspillé son argent dans ce voyage chez moi.
Aujourd'hui toutefois je gère un cabinet et j'ai habituellement plusieurs causes légales qui se rendent en cours de justice. Je ne me ferais plus avoir.
Et puis, une précision au sujet de mon billet. J'ai écrit: "pour glaner la valeur de quelques dollars en abonnements..." Dans les fait, c'est plus complexe: ce qui fait souvent vivre de tels magazines, c'est la publicité (et, dans le cas de Reader's Digest, les listes d'abonnés, à qui on peut vendre ensuite plein de produits connexes). Le nerf de la guerre, en tout cas, c'est la quantité et la qualité des abonnés, que l'on cherche ensuite à monnayer. Mais même dans ce cas, la formule des "swpeepstakes" ne colle pas avec une stratégie intelligente...