Ces jours-ci, on remet à l'avant-plan les attentes indues auxquelles sont exposé(e)s les patients (et en l'occurence les patientes) atteint(e)s de certains cancers, pour des traitements, et même certains examens cruciaux. Ça continue d'ailleurs dans The Gazette, qui a attaché le grelot. Et il y a des questions qui, il me semble, deviennent de plus en plus difficiles à éviter.
Des questions comme : la cause des patients cancéreux serait-elle mieux servie s'ils pouvaient (de même que leurs proches) s'organiser pour descendre dans la rue avec des pancartes, déranger le plus de monde possible et perturber le fonctionnement de la ville ? S'ils avaient des porte-parole télégéniques, capables de « faire » de multiples apparitions aux infos, et à à peu près toutes les émissions d'affaires publiques, et de devenir les enfants chéris de l'élite intellectuelle, médiatique et communicationnelle ? S'ils avaient dans leurs rangs davantage de gens disposant du temps, des moyens et de la capacité de concevoir de petits vidéos, d'imaginer des slogans rigolos, des parodies de films et de chansons, des photos drôles, des détournements de proverbes ou d'expressions connues, qui se «retwittent» en masse et récoltent quantité de « like » sur Facebook ? De s' "indigner" à longueur de journée sur ces mêmes médias sociaux, à grands renforts de formules « punchées »?
Des questions comme : alors que, on le sait tous, l'argent manque (et attendons juste voir, le budget de la semaine prochaine), en vertu de quoi décidera-t-on des priorités à l'avenir? Est-ce que ce sera désormais en favorisant ceux qui seront arrivés à faire le plus de bruit, à « tirer à eux la couverte» de l'attention, médiatique et autre ? Pourquoi l'université, et pas l'école primaire ? Et même, pour commencer, la petite enfance ? Alors que, on le sait de plus en plus, c'est là qu'il est crucial d'intervenir pour prévenir le décrochage... et bien d'autres problèmes sociaux ? Pourquoi pas pour davantage de ressources pour aider les parents d'enfants handicapés ? Plus d'aide pour les enfants autistes, et leurs parents ? Plus de professionnels (orthophonistes, éducateurs spécialisés, etc.) pour les enfants en difficultés d'apprentissage ? Pourquoi pas les soins palliatifs, les ressources permettant aux gens de mourir paisiblement et dans la dignité ? On pourrait continuer longtemps...
Voici un élément de réponse. Il ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais... Ces autres «causes» (on va les appeler comme ça) concerne des gens qui n'ont pas le même temps, ni les même ressources, pour monopoliser autant l'attention. Pour faire parler d'eux en instaurant des mouvements « de rue » et en y participant, en s'arrangeant pour faire du bruit dans les médias y compris les médias sociaux... Parce qu'ils sont trop pris, justement, avec leurs problèmes. Quelqu'un qui a une job (avec pas forcément des horaires souples ou un patron cool et compréhensif...), des obligations financières et un enfant avec un handicap, ou des difficultés d'apprentissage, n'ira pas manifester dans la rue plusieurs jours en ligne, et ne passera pas son temps à multiplier les interventions sur Facebook. Pas plus que celui ou celle dont le conjoint est atteint d'un cancer, et qui se débat dans les méandres du système de santé. Ce qui ne veut pas dire que ces gens sont 'individualistes' ou manquent de sens civique (ou «d'esprit citoyen», comme on dit maintenant).
Et je pose une autre question qui ne plaira sans doute pas davantage: au nom de de quelle «gauche» les adeptes du « carré rouge » en sont-ils venus à tout cristalliser autour d'un refus absolu d'augmentation des frais universitaires, au détriment de tout le reste ? Où est la compassion, où est le réel souci de justice sociale ? Avec un peu de recul, cela ressemble davantage à un exercice de « au plus fort la poche ». Il y a une « gang » qui a gagné, bravo. Mais qu'on ne vienne pas en plus se draper dans de beaux discours altruistes.
Je vais citer ici ce qu'un de mes contacts avait publié sur Facebook au printemps dernier, au plus fort de la crise étudiante: « Je pense que le gel des frais de scolarités n'est pas une option. Qu'un moratoire serait une autre procrastination, synonyme d'incurie. Je pense que les étudiants forts d'une caution populaire, d'un succès d'estime, de la pression de leurs propres troupes et d'un louvoiement collectif ont fini par croire qu'ils peuvent renverser la vapeur totalement, et infléchir la décision gouvernementale. (...) Avec un rapport de force entaché par la complaisance collective, où peu de personnes de la société civile n'osent parler du fond, s'attardant sur la sémantique de l'un, la blague de l'autre ou la bavure policière. Je pense qu'à force de nostalgisme soixante-huitard et de refus d'établir clairement un principe de juste financement de l'école par les étudiants, nous avons créé un monstre. Je nous souhaite plus de courage devant les défis publics qui nous attendent. » Aujourd'hui, on continue dans la procrastination...
Je termine avec une autre idée qui ne plaira pas. On a vu bien des pseudo-révolutionnaires évoquer « Le confort et l'indifférence », en référence avec le film de 1982 conçu et réalisé par Denys Arcand. Sous-entendu : nous, qui manifestons, nous sommes les « vrais », ceux qui veulent travailler pour une société meilleure. Alors que les autres sont englués dans leur confort, avec leur (un ou deux) char(s), leur hypothèque, leur bungalow de banlieue... et indifférents aux grands idéaux collectifs. Et je pose la question : est-ce que ça se pourrait que, depuis 30 ans, la cartographie du « confort et de l'indifférence » ait changé ? Que le « confort » soit devenu, aussi, celui de certains qui se confortent avec l'idée qu'ils sont altruistes et « de gauche », tout en défendant, au fond, leurs privilèges (travail intéressant et payant, parfois syndiqué et protégé, fond de pension, éducation supérieure et à peu de frais, etc.) ? Et tout en se montrant, au bout du compte, plutôt indifférents au sort de ceux qui ne sont pas «des leurs»?
Autrement dit: alors que les banlieusards étaient ceux qui, auparavant, incarnaient « le confort et l'indifférence, » aujourd'hui, c'est peut-être, au moins autant, les fameux « bobos » (bourgeois-bohèmes) ?
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Cette question présume que le gouvernement se fout de la santé, ce qui est faux vu l'Argent investi en santé.
De plus il me semble qu'on voit pas mal de gens prendre la rue pour amasser des fonds pour le cancer. Il ne leur est pas nécessaire de rajouter le bruit des casseroles pour amasser de l'Argent.
Vos comparaisons me semblent pluttôt boiteuses.
D'avoir choisi les terroristes étudiants au lieu de reanimer le système de santé, frôle l'illogique extrême. Et qui va payer pour ces saloperies d'étudiants et ce manque d'intelligence... nous les cons souffrants, attendant des années avant de recevoir des traitement qui pourraient nous faire mener vers la mort, et tout autres souffrants qui n'ont même pas un médecins de famille! d Marois!
Je n'ai aucun respect pour Marois et ces p-kiss. Dieu que je suis exaspérée!
Parlons donc de cancer petite madame. La petite madame s'est-elle déjà interrogée par exemple sur la Société canadienne du cancer et ses équivalents ailleurs sur la planète qui existent depuis des décennies, qui ont récolté des milliards pour les cancéreux au fil des années. La petite madame s'est-elle déjà interrogée sur ce qu'il est advenu de tout cet argent ? Quelle proportion de l'argent récolté a-t-elle vraiment servi aux malades ou à la recherche ? Quelle est la proportion des gens concernés qui bénéficie de cet argent ?
La petite madame questionne-t-elle les salaires faramineux versés à certaines catégories de médecins spécialistes ? La petite madame se pose-t-elle des questions philosophiques sur les entreprises informatiques qui ont empoché des centaines de millions sans livrer la marchandise dans le scandale de l'informatisation des dossiers médicaux. La petite madame s'intéresse-t-elle à dénoncer l'horrible avidité de ces entreprises et médecins dont la cupidité prive des malades de soins et en oblige d'autres à attendre pour des chirurgies ? La petite madame dénonce-t-elle les médecins qui fraudent le système, avantagent leur clientèle privée, chargent des frais inventés ? La petite madame est-elle émue par les pensionnaires des CHSLD qu'on maltraite, qu'on abandonne là pour mourir et qu'on traite comme on ne le ferait pas avec des chiens ?
On peut argumenter sans utiliser des expressions réductrices et condescendantes. Plus on s'adresse directement au coeur et à l'intelligence des gens, (et ça suppose de leur en reconnaître) mieux on peut atteindre un dialogue véritable et enrichissant. Mais dès qu'on n'y prend pas garde, si on inclut des propos blessants ou insultants, on finit par n'atteindre que les armures des gens, et alors, même s'il y avait un message digne d'intérêt pour la tête ou le coeur de quelqu'un, il n'est reçu que par son sabre et son bouclier.
Personnellement, je crois que les luttes sociales sont le véritable ennemi. L'ennemi n'est pas la personne de l'autre côté du mur, c'est le mur lui-même. Dans le conflit étudiant, l'ennemi n'était ni les carrés rouges, ni le gouvernement libéral, mais le conflit lui-même. Et ce genre d'ennemi, on l'abbat par le dialogue, la négociation, la transparence, etc.
Mais je respecte quand même les positions plus combatives.
Permettez-moi par contre, à 61 ans, de considérer qu'il y a beaucoup de gens qui n'ont ni cœur, ni intelligence, ils n'ont qu'un porte-monnaie. Et permettez-moi aussi de savoir les identifier.
Assez c'est assez...les slogans vides mènent trop de monde irréfléchi !
Évidemment, le simplisme simplet et les propos stupides, vous apparaissent toujours comme des vérités premières. Ignorance, préjugés et manque de jugement, dans votre cas, intérêt dans celui de la petite madame.
En y repensant, si c'était à refaire, je publierais ce billet sur le HuffPost en lui donnant un autre titre: "Le confort et l'indifférence... ne sont plus forcément où l'on pense".
Un contribuable qui gagne aujourd’hui 150 000 $ peut compter sur au moins 10 000 $ de plus dans ses poches qu’il y a 12 ans.
Un travailleur québécois qui gagne de son côté 300 000 $ jouit d’au moins 15 000 $ de plus chaque année qu’en l’an 2000.
Le PLQ a réduit les impôts de ceux qui gagnent le plus et augmenté la TVQ qui heurte beaucoup plus le porte-monnaie des gagne-petit que des mieux nantis.
Les banques, qui nagent dans les profits, paient des taux ridicules d’impôt :
Banque Laurentienne : 467 millions de profits, juste 9.2% d’impôt Banque Nationale : 4 milliards de profits, juste 15,2% d’impôt TD : 16 milliards de profits, juste 15,5% d’impôt Banque Impériale de commerce : 9.7 milliards de profits, juste 16% d’impots Scotia : 17,6 milliards de profits, juste 19,2% BMO : 9,9 milliards de profits, juste 19,2% Royal : 24,3 milliards de profits, juste 19,2%
Power Corporation n’a payé que 12,8% d’impôt ! Le CN 11,7%, SNC Lavallin 6,2%, Rodgers 5,1%, Enbrigde 5,3%, Québecor 3,8%.
Les 99 grandes cies ont fait des profits de 283,7milliards en 3 ans. Elles n’ont payé que 55,3 milliards d’impôt, soit 19,5%
L.impôt corporatif du Québec est le plus bas de toutes les provinces canadiennes.
Et vous voulez les enrichir encore plus.
Je dois dire que je suis actuellement en traitement pour un cancer et vous mettez exactement les mots sur ce qui me dégoûte profondément dans le discours libéral. Je trouve cela complètement dégueulasse et irrespectueux. Comme si les bonnes causes s'excluaient mutuellement, alors que souvent, au contraire, elles convergent. Combien de fois plusieurs problèmes peuvent se résoudre par une seule et même solution?
Ils sont rendus tellement loin dans le renversement des choses et des sens. «Au plus fort la poche» pour décrire la gauche très modérée des revendications du printemps, alors que cette expression pourrait être la règle d'or d'une société libérale, qui a tendance à protéger voire accentuer les rapports de force économiques. «Monopoliser les médias», alors que les médias ont fait preuve de plusieurs erreurs factuelles et de biais anti-étudiants et qu'ils sont, au contraire, monopolisés par des gens comme Éric Duhaime, Martineau, Jean Lapierre, Mario Dumont, des gens de droite qui teintent la culture politique au Québec jour après jour depuis des années!!
Ils accusent les souverainistes de diviser, mais le projet tend pourtant la main à tout le monde, contrairement à mettre les étudiants et les cancéreux à dos (ce billet), les étudiants et la classe moyenne à dos (Charest), à mettre les boomers et les plus jeunes à dos (Duhaime), etc.
Et toute cette dynamique continue de causer bien des dommages, dont on ne réalise pas encore toute l'ampleur...
Mais le cancer du Québec est la présence gauche du PQ. C'est un non-désiré par les Québécois. Les élections l'ont prouvé. La principale raison pourquoi le Québec a voté pour le PQ, c'est simplement pour ne pas voter pour Charest. Les résultats ne mentent pas.
Mais où est donc le parti du Centre (l'idéal) pour le Québec?
Ils étaient, au contraire, des étudiants qui avaient fait beaucoup de sacrifices pour pouvoir se payer leur session. Certains d'entre eux n'ont pas pû tenir le coup jusqu'à la fin aoùt et on dû abandonner (leur budget ne pouvant pas s'étirer jusque là ou parce qu'ils devaient retourner chez-eux). D'autres ont perdu le travail d'été bien rémunéré (ce qui ne se trouve pas à tous les coins de rue) qui les attendait et qui leur aurait permis de pouvoir se mettre assez d'argent de côté en vue de leur prochaine session.
Au contraire, les seuls qu'on a retrouvé dans les rues sont, soit ceux qui pouvaient se payer le luxe de ne pas étudier et de perdre leurs session, soit ceux qui savaient, pour une raison ou pour une autre, qu'ils ne réussiraient pas les examens, soit ceux qui ont fait de leur statut d'étudiant une profession à vie.
Et avez-vous remarqué comment les offres, que le gouvernement Libéral leur avait mit sur la table, n'étaient pas bonnes à ce moment-là, mais qu'elles s'étaient soudainement transformées et étaient devenues des offres assez bonnes pour qu'ils exigent que Mme Marois ne les annule pas en même temps qu'elle annulait la hausse.
Si je me souviens bien, la hausse proposée était de 325$ par an pendant cinq ans. Un étudiant de première année du BAC aurait donc payé 650$ de plus pour son diplôme. On peut donc dire qu'il n'aurait pas été touché de beaucoup par la hausse, à la différence d'un élève de secondaire 2, qui aurait été touché de plein fouet et aurait dû débourser 4875$ de plus pour son BAC.
Ainsi, "les étudiants qui ont perdu leur session ne risquaient pas d'être touchés de beaucoup par la hausse". Ils ont débrayé pour le bien de la génération suivante. Ça me semble assez clair.
Pour avoir employé des étudiants en grève, je peux vous dire qu'ils ne sont pas descendus dans la rue parce qu'ils pouvaient se payer le luxe de perdre une session, qu'ils savaient qu'ils ne réussiraient pas leurs examens ou qu'ils ont fait de leur statut d'étudiant une profession à vie.
Vous parlez à travers votre chapeau.
L'Anarchitecte
Les deux n'avaient ni le goût, ni le temps et encore moins d'argent pour participer à des manifestations ou même de simples assemblées.
D'autres l'ont fait. Heureusement pour la société.
Il y a deux façons de faire payer les étudiants pour leur scolarité.
La première: une partie maintenant, par les frais de scolarité. L'autre partie après par leurs impôts.
La deuxième: Seulement après. Par leurs impôts.
L'avantage de la deuxième formule permet aux moins fortunés mais qui ont beaucoup d'aptitudes d'avoir une bonne chance de parvenir aux plus hauts sommets.
Comme vous voyez la gratuité scolaire, ça n'existe pas. On finit toujours par payer.