Marie-Claude Ducas

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Quelle gauche? Celle de la compassion, ou du «au plus fort la poche»?

Publication: 17/11/2012 11:25

Ces jours-ci, on remet à l'avant-plan les attentes indues auxquelles sont exposé(e)s les patients (et en l'occurence les patientes) atteint(e)s de certains cancers, pour des traitements, et même certains examens cruciaux. Ça continue d'ailleurs dans The Gazette, qui a attaché le grelot. Et il y a des questions qui, il me semble, deviennent de plus en plus difficiles à éviter.

Des questions comme : la cause des patients cancéreux serait-elle mieux servie s'ils pouvaient (de même que leurs proches) s'organiser pour descendre dans la rue avec des pancartes, déranger le plus de monde possible et perturber le fonctionnement de la ville ? S'ils avaient des porte-parole télégéniques, capables de « faire » de multiples apparitions aux infos, et à à peu près toutes les émissions d'affaires publiques, et de devenir les enfants chéris de l'élite intellectuelle, médiatique et communicationnelle ? S'ils avaient dans leurs rangs davantage de gens disposant du temps, des moyens et de la capacité de concevoir de petits vidéos, d'imaginer des slogans rigolos, des parodies de films et de chansons, des photos drôles, des détournements de proverbes ou d'expressions connues, qui se «retwittent» en masse et récoltent quantité de « like » sur Facebook ? De s' "indigner" à longueur de journée sur ces mêmes médias sociaux, à grands renforts de formules « punchées »?

Des questions comme : alors que, on le sait tous, l'argent manque (et attendons juste voir, le budget de la semaine prochaine), en vertu de quoi décidera-t-on des priorités à l'avenir? Est-ce que ce sera désormais en favorisant ceux qui seront arrivés à faire le plus de bruit, à « tirer à eux la couverte» de l'attention, médiatique et autre ? Pourquoi l'université, et pas l'école primaire ? Et même, pour commencer, la petite enfance ? Alors que, on le sait de plus en plus, c'est là qu'il est crucial d'intervenir pour prévenir le décrochage... et bien d'autres problèmes sociaux ? Pourquoi pas pour davantage de ressources pour aider les parents d'enfants handicapés ? Plus d'aide pour les enfants autistes, et leurs parents ? Plus de professionnels (orthophonistes, éducateurs spécialisés, etc.) pour les enfants en difficultés d'apprentissage ? Pourquoi pas les soins palliatifs, les ressources permettant aux gens de mourir paisiblement et dans la dignité ? On pourrait continuer longtemps...

Voici un élément de réponse. Il ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais... Ces autres «causes» (on va les appeler comme ça) concerne des gens qui n'ont pas le même temps, ni les même ressources, pour monopoliser autant l'attention. Pour faire parler d'eux en instaurant des mouvements « de rue » et en y participant, en s'arrangeant pour faire du bruit dans les médias y compris les médias sociaux... Parce qu'ils sont trop pris, justement, avec leurs problèmes. Quelqu'un qui a une job (avec pas forcément des horaires souples ou un patron cool et compréhensif...), des obligations financières et un enfant avec un handicap, ou des difficultés d'apprentissage, n'ira pas manifester dans la rue plusieurs jours en ligne, et ne passera pas son temps à multiplier les interventions sur Facebook. Pas plus que celui ou celle dont le conjoint est atteint d'un cancer, et qui se débat dans les méandres du système de santé. Ce qui ne veut pas dire que ces gens sont 'individualistes' ou manquent de sens civique (ou «d'esprit citoyen», comme on dit maintenant).

Et je pose une autre question qui ne plaira sans doute pas davantage: au nom de de quelle «gauche» les adeptes du « carré rouge » en sont-ils venus à tout cristalliser autour d'un refus absolu d'augmentation des frais universitaires, au détriment de tout le reste ? Où est la compassion, où est le réel souci de justice sociale ? Avec un peu de recul, cela ressemble davantage à un exercice de « au plus fort la poche ». Il y a une « gang » qui a gagné, bravo. Mais qu'on ne vienne pas en plus se draper dans de beaux discours altruistes.

Je vais citer ici ce qu'un de mes contacts avait publié sur Facebook au printemps dernier, au plus fort de la crise étudiante: « Je pense que le gel des frais de scolarités n'est pas une option. Qu'un moratoire serait une autre procrastination, synonyme d'incurie. Je pense que les étudiants forts d'une caution populaire, d'un succès d'estime, de la pression de leurs propres troupes et d'un louvoiement collectif ont fini par croire qu'ils peuvent renverser la vapeur totalement, et infléchir la décision gouvernementale. (...) Avec un rapport de force entaché par la complaisance collective, où peu de personnes de la société civile n'osent parler du fond, s'attardant sur la sémantique de l'un, la blague de l'autre ou la bavure policière. Je pense qu'à force de nostalgisme soixante-huitard et de refus d'établir clairement un principe de juste financement de l'école par les étudiants, nous avons créé un monstre. Je nous souhaite plus de courage devant les défis publics qui nous attendent. » Aujourd'hui, on continue dans la procrastination...

Je termine avec une autre idée qui ne plaira pas. On a vu bien des pseudo-révolutionnaires évoquer « Le confort et l'indifférence », en référence avec le film de 1982 conçu et réalisé par Denys Arcand. Sous-entendu : nous, qui manifestons, nous sommes les « vrais », ceux qui veulent travailler pour une société meilleure. Alors que les autres sont englués dans leur confort, avec leur (un ou deux) char(s), leur hypothèque, leur bungalow de banlieue... et indifférents aux grands idéaux collectifs. Et je pose la question : est-ce que ça se pourrait que, depuis 30 ans, la cartographie du « confort et de l'indifférence » ait changé ? Que le « confort » soit devenu, aussi, celui de certains qui se confortent avec l'idée qu'ils sont altruistes et « de gauche », tout en défendant, au fond, leurs privilèges (travail intéressant et payant, parfois syndiqué et protégé, fond de pension, éducation supérieure et à peu de frais, etc.) ? Et tout en se montrant, au bout du compte, plutôt indifférents au sort de ceux qui ne sont pas «des leurs»?

Autrement dit: alors que les banlieusards étaient ceux qui, auparavant, incarnaient « le confort et l'indifférence, » aujourd'hui, c'est peut-être, au moins autant, les fameux « bobos » (bourgeois-bohèmes) ?

 

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Ces jours-ci, on remet à l'avant-plan les attentes indues auxquelles sont exposé(e)s les patients (et en l'occurence les patientes) atteint(e)s de certains cancers, pour des traitements, et même ce...
 
 
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18:00 sur 18/11/2012
"Et je pose une autre question qui ne plaira sans doute pas davantage: au nom de de quelle «gauche» les adeptes du « carré rouge » en sont-ils venus à tout cristalliser autour d'un refus absolu d'augmentation des frais universitaires, au détriment de tout le reste ? "

Cette question présume que le gouvernement se fout de la santé, ce qui est faux vu l'Argent investi en santé.
De plus il me semble qu'on voit pas mal de gens prendre la rue pour amasser des fonds pour le cancer. Il ne leur est pas nécessaire de rajouter le bruit des casseroles pour amasser de l'Argent.

Vos comparaisons me semblent pluttôt boiteuses.
17:56 sur 18/11/2012
Quand tu seras dans le besoin,n'appelle pas les ambulanciers qui sont syndiqués,Appelle le le Conseil du patronat.
17:40 sur 18/11/2012
Si la discussion sur cette chronique est fermée, serait-il possible de la faire disparaître et de la remplacer par une autre à laquelle il serait possible de contribuer, plutôt que de se faire répondre que nos textes sont à la modération depuis des heures !
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
reneehoude
15:53 sur 18/11/2012
Wow! Marie Claude 100% d'accord. Ça fait du bien de savoir que nous avons des journalistes québecois(ses) qui analysent en profondeur les conséquences des agissments de certains de nos élus qui semblent avoir aucune logique, mais font tout ce qui est possible, même si c'est dérangant, troublant et même près du diabolique...,seulement pour atteindre le pouvoir. C"est dégoutant, révoltant!

D'avoir choisi les terroristes étudiants au lieu de reanimer le système de santé, frôle l'illogique extrême. Et qui va payer pour ces saloperies d'étudiants et ce manque d'intelligence... nous les cons souffrants, attendant des années avant de recevoir des traitement qui pourraient nous faire mener vers la mort, et tout autres souffrants qui n'ont même pas un médecins de famille! d Marois!

Je n'ai aucun respect pour Marois et ces p-kiss. Dieu que je suis exaspérée!
14:58 sur 18/11/2012
La petite madame devrait être consciente que ses "propos" ne convainquent que les habituels convaincus. Elle aura droit aux louanges de la petite droite populo qui n'a rien d'intelligent à dire, passe son temps à complimenter les chroniques les plus répugnantes et à se complaire benoitement à scorer dans son propre filet et à se tirer allégrement dans le pied.
14:55 sur 18/11/2012
La petite madame associe la compassion à l'impuissance et stigmatise la "gauche" qui devient méchante et égoïste parce qu'elle utilise la rue pour faire valoir ses principes. La supposée "journaliste" qui n'est rien d'autre qu'une blogueuse, fait un très grand détour par le cancer et les chaises roulantes pour tenter de réduire les événements du printemps dernier à n'être qu'une démonstration simpliste de l'égoïsme étudiant.

Parlons donc de cancer petite madame. La petite madame s'est-elle déjà interrogée par exemple sur la Société canadienne du cancer et ses équivalents ailleurs sur la planète qui existent depuis des décennies, qui ont récolté des milliards pour les cancéreux au fil des années. La petite madame s'est-elle déjà interrogée sur ce qu'il est advenu de tout cet argent ? Quelle proportion de l'argent récolté a-t-elle vraiment servi aux malades ou à la recherche ? Quelle est la proportion des gens concernés qui bénéficie de cet argent ?
14:54 sur 18/11/2012
La petite madame s'est-elle intéressée à l'argent investi en santé. À qui bénéficie-t-il ?

La petite madame questionne-t-elle les salaires faramineux versés à certaines catégories de médecins spécialistes ? La petite madame se pose-t-elle des questions philosophiques sur les entreprises informatiques qui ont empoché des centaines de millions sans livrer la marchandise dans le scandale de l'informatisation des dossiers médicaux. La petite madame s'intéresse-t-elle à dénoncer l'horrible avidité de ces entreprises et médecins dont la cupidité prive des malades de soins et en oblige d'autres à attendre pour des chirurgies ? La petite madame dénonce-t-elle les médecins qui fraudent le système, avantagent leur clientèle privée, chargent des frais inventés ? La petite madame est-elle émue par les pensionnaires des CHSLD qu'on maltraite, qu'on abandonne là pour mourir et qu'on traite comme on ne le ferait pas avec des chiens ?
14:53 sur 18/11/2012
La petite madame ne s'intéresse pas aux malades, elle ne s'intéresse pas aux enfants, la petite madame s'intéresse à détourner l'attention. Il vaut mieux n'est-ce pas qu'on s'intéresse aux gros méchants étudiants ou aux gros méchants syndicats, pendant qu'on fait cela, on ne s'intéresse pas à ce qui cloche vraiment et la petite madame peut continuer à jouer à celle qui défend la veuve et l'orphelin. La petite madame, utilise les malades, les enfants ou n'importe qui d'autre pour tout simplement faire ce que la droite s'entend si bien à faire, créer de la discorde, mousser une haine artificielle entre des citoyens qui devraient pourtant faire cause commune, empêcher à tout prix que les citoyens réalisent que leur seul moyen de défense est et restera toujours la solidarité. La droite se nourrit de haine, de simplismes, de manipulation et de préjugés. Elle adore cela et craint par-dessus tout la solidarité. Elle fait une guerre acharnée et sans merci à la solidarité, elle est payée pour cela, rien que pour cela.
14:53 sur 18/11/2012
Désolée petite madame, mais si la société québécoise ne s'intéresse pas à ses plus démunis, à ses enfants, à ses malades et à ses vieillards, c'est tout simplement parce qu'elle est devenue une société d'individualistes, uniquement préoccupés de consommation et intéressés par la contemplation de leur petit nombril. Et cela petite madame est encouragé par des gens comme vous, payés pour dénoncer toute entreprise qui se fonde sur la solidarité. Alors petite madame vous auriez intérêt à prendre vos responsabilités, car un jour petite madame, vous et vos semblables aurez des comptes à rendre.
13:29 sur 19/11/2012
Je trouve que «petite madame» est de trop, et comme toutes vos phrases commencent par cette expression, j'ai cessé de les lire au bout de la troisième..

On peut argumenter sans utiliser des expressions réductrices et condescendantes. Plus on s'adresse directement au coeur et à l'intelligence des gens, (et ça suppose de leur en reconnaître) mieux on peut atteindre un dialogue véritable et enrichissant. Mais dès qu'on n'y prend pas garde, si on inclut des propos blessants ou insultants, on finit par n'atteindre que les armures des gens, et alors, même s'il y avait un message digne d'intérêt pour la tête ou le coeur de quelqu'un, il n'est reçu que par son sabre et son bouclier.

Personnellement, je crois que les luttes sociales sont le véritable ennemi. L'ennemi n'est pas la personne de l'autre côté du mur, c'est le mur lui-même. Dans le conflit étudiant, l'ennemi n'était ni les carrés rouges, ni le gouvernement libéral, mais le conflit lui-même. Et ce genre d'ennemi, on l'abbat par le dialogue, la négociation, la transparence, etc.

Mais je respecte quand même les positions plus combatives.
14:04 sur 19/11/2012
J'apprécie beaucoup vos textes, toujours bien documentés et efficaces.

Permettez-moi par contre, à 61 ans, de considérer qu'il y a beaucoup de gens qui n'ont ni cœur, ni intelligence, ils n'ont qu'un porte-monnaie. Et permettez-moi aussi de savoir les identifier.
18:25 sur 21/11/2012
Si j'étais la petite madame, je t'enverrais au diable. Pourquoi ton idole a cessé de payer certains médicaments. Heureusement j'ai une assurance médicament privée.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Reflexion01
Reflexion 101
09:22 sur 18/11/2012
Excellent résumé de la vraie situation.
Assez c'est assez...les slogans vides mènent trop de monde irréfléchi !
15:00 sur 18/11/2012
En parlant de slogans vides et de monde irréfléchi ... vous auriez tout intérêt à faire un peu d'introspection. Comme on dit, regardez donc qui parle !
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Loup Blanc
L'intelligence comme remède au mépris
16:20 sur 18/11/2012
À commencer par vous, dont les commentaires tout aussi vide témoigne de votre manque de réflexion profonde.
06:26 sur 18/11/2012
Bravo ! Vous avez écrit ce qu'il faut dire tout haut.
15:05 sur 18/11/2012
Et que faut-il dire tout haut ? Que les proches des gens qui souffrent de maladies comme le cancer n'ont pas le temps de protester parce qu'ils sont trop occupés ? Genre ma mère travaille pas, elle a trop d'ouvrage !

Évidemment, le simplisme simplet et les propos stupides, vous apparaissent toujours comme des vérités premières. Ignorance, préjugés et manque de jugement, dans votre cas, intérêt dans celui de la petite madame.
19:35 sur 18/11/2012
Je pense que vous semblez apprécier les préjugés sauf s'ils sont de votre côté. Ce qui a été dit dans cet article est tout à fait pertinent. la démocratie de la casserole si ca vous branche tant mieux pour vous mais les Québec mérite mieux.
23:08 sur 17/11/2012
Y en a marre de vouloir tout cliver, de vouloir tout opposer. Serait il plus opportun de s'occuper de la santé que de l'éducation. Non Madame, une société doit s'occuper de l'éducation de ses enfants, de la santé de son peuple, des exclus que le système met sur le bord de la route, de la petite enfance, de la prise en charge de la vieillesse, de l'environnement. C'est son role tout cela. Et le mandat que nous donnons à nos politiques, c'est d'organiser tout cela. Les partis et leurs programmes ne sont que des moyens pour y parvenir et notre conscience citoyenne ne s'arrête pas au jour de l'élection. On peut être de droite ou de gauche mais l'objectif devrait être le même en ce qui a trait à tous les domaines évoqués. L'expression de la démocratie c'est de brasser des idées, d'argumenter afin d'avancer le bien commun à tous, et pas de vouloir opposer les uns aux autres. Oui vous avez raison, le système de santé dans notre belle province s'apprête à devenir à deux vitesses (suivant la grosseur de son portefeuille) comme l'éducation a failli le devenir. Et il faudra se battre de la même manière...
06:33 sur 18/11/2012
S'il faut se battre de la mème manière ... vous pouvez rester chez vous. Vous parlez qu'il ne faut pas tout opposer mais c'est exactement ce qu'on a fait le printemps dernier. On a divisé, opposée, mis les uns contre les autres. Révolution de fond de ruelles qui oublie tout le reste et M_C Ducas l'a bien compris. Oui il faudra se battre pour empêcher cette fausse expression de démocratie appauvrir nos institutions , notre société et tout notre discours démocratique. C'est une histoire à suivre.
09:35 sur 18/11/2012
Posez-vous la question: qui à chercher à opposer les uns aux autres, à fracturer la société. Qui? si ce n'est le pouvoir politique. Il y aurait eu à cet instant les abominables carrés rouges et les bons citoyens, les enfants gâtés et les sages réalistes, une jeunesse anarchisante et une majorité silencieuse... Soyons sérieux. Un tel mouvement aurait du être une belle occasion de mettre sur la table un grand débat démocratique et citoyen sur une question cruciale pour la société de demain: quelle éducation veut-on, quelle est son rôle, quelle accessibilité veut-on lui donner, quelle importance a t'elle dans le développement de notre province, comment fonctionne t'elle, peut-on l'améliorer... Rien de tout cela dans nos médias si ce n'est insulte, parti pris, division, argument fallacieux du genre ``nous avons les couts les moins chers en Amérique du Nord``, ``si les études coutent plus chères l'enseignement sera meilleur``. En quoi cela fait-il avancer le débat??? Peut-on s'entendre que l'éducation de la jeunesse a une importante influence sur l'avenir de l'intérêt collectif, pas seulement un apport individuel sur le niveau de vie de l'étudiant récompensé. Je vous pose la question....
08:54 sur 18/11/2012
Merci de soulever ça. D'autant plus que je veux précisément aller dans le sens contraire de la tendance qui veut toujours tout "cliver" et opposer... Ce que je veux faire ressortir, c'est plutôt que tout le monde doit se questionner ses idées reçues... Y compris bien des leaders d'opinion qui se sont toujours positionnés comme étant "de gauche". Il y a bien des choses qui ont changé en 40-50 ans, et pourtant, on véhicule toujours le même discours, les mêmes façons de voir, et les mêmes clivages. Je vais caricaturer un peu, mais bien du monde semblent encore faire des équation du genre: entrepreneur = gros méchant profiteur; salarié, intellectuel et syndiqué = exploité en puissance, et toujours justifié de manifester. Il y a eu des changements et des acquis dans la société, tant mieux. Mais il faudrait réviser les discours.
En y repensant, si c'était à refaire, je publierais ce billet sur le HuffPost en lui donnant un autre titre: "Le confort et l'indifférence... ne sont plus forcément où l'on pense".
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Franois Ricard
François Ricard
09:32 sur 18/11/2012
Comment alors expliquez-vous que les riches s,enrichissent de plus en plus et les pauvres s,appauvrissent de plus en plus?
Un contribuable qui gagne aujourd’hui 150 000 $ peut compter sur au moins 10 000 $ de plus dans ses poches qu’il y a 12 ans.
Un travailleur québécois qui gagne de son côté 300 000 $ jouit d’au moins 15 000 $ de plus chaque année qu’en l’an 2000.
Le PLQ a réduit les impôts de ceux qui gagnent le plus et augmenté la TVQ qui heurte beaucoup plus le porte-monnaie des gagne-petit que des mieux nantis.
Les banques, qui nagent dans les profits, paient des taux ridicules d’impôt :
Banque Laurentienne : 467 millions de profits, juste 9.2% d’impôt Banque Nationale : 4 milliards de profits, juste 15,2% d’impôt TD : 16 milliards de profits, juste 15,5% d’impôt Banque Impériale de commerce : 9.7 milliards de profits, juste 16% d’impots Scotia : 17,6 milliards de profits, juste 19,2% BMO : 9,9 milliards de profits, juste 19,2% Royal : 24,3 milliards de profits, juste 19,2%
Power Corporation n’a payé que 12,8% d’impôt ! Le CN 11,7%, SNC Lavallin 6,2%, Rodgers 5,1%, Enbrigde 5,3%, Québecor 3,8%.
Les 99 grandes cies ont fait des profits de 283,7milliards en 3 ans. Elles n’ont payé que 55,3 milliards d’impôt, soit 19,5%
L.impôt corporatif du Québec est le plus bas de toutes les provinces canadiennes.
Et vous voulez les enrichir encore plus.
10:04 sur 18/11/2012
Diviser et opposer est une arme politique trop utilisée par nos dirigeants, qui trop souvent privilégient le gout du pouvoir et le carriérisme aux dépens de l'intérêt général. Vous parlez des changements et des acquis dans la société mais il faut se rappeler comment ils ont été obtenus! En élargissant le regard au delà de nos frontières, ce serait être aveugle que de ne pas constater la dégradation des conditions de vie des travailleurs salariés, l'augmentation des inégalité sociales, le fossé grandissant entre riches et pauvres, le lent démantélement des services publics, le saccage de notre écosystème et de nos ressources naturelles. Entre le petit entrepeneur et les multinationales ou autres institutions financières il y a une différence dont ne prend pas en compte la fiscalité imaginée par nos politiques. Pourquoi? Etre de gauche pour moi, c'est justement ne pas être indifférent au fait de devoir enjamber un sans abri au guichet automatique, de croiser à la tombée de la nuit des personnes agées fouiller dans les bacs de recyclage, voir nos malades mentaux errant dans les rues, voir qu'un jeune de région s'il n'a pas l'appui financier de ses parents ne pourra pas se payer un logement pour étudier, ou constater qu'il est impossible de vivre dignement de son travail en gagnant le salaire minimum.
22:27 sur 17/11/2012
Mettre à dos les cancéreux et les étudiants, il faut le faire. Les étudiants ont suggéré des sources de revenu au le gouvernement et en aucun cas les fonds provenaient du système de santé. Votre article repose sur une invention de l'esprit. Comme l'a bien fait remarquer un autre utilisateur, les étudiants qui ont perdu leur session ne risquaient pas d'être touchés de beaucoup par la hausse. Ils sont sortis dans la rue pour ceux qui viendront après. Remettre en question le côté altruiste du mouvement, c'est démontrer sans pudeur son ignorance ou son manque de scrupules.
07:56 sur 18/11/2012
«Mettre à dos les cancéreux et les étudiants, il faut le faire. »

Je dois dire que je suis actuellement en traitement pour un cancer et vous mettez exactement les mots sur ce qui me dégoûte profondément dans le discours libéral. Je trouve cela complètement dégueulasse et irrespectueux. Comme si les bonnes causes s'excluaient mutuellement, alors que souvent, au contraire, elles convergent. Combien de fois plusieurs problèmes peuvent se résoudre par une seule et même solution?

Ils sont rendus tellement loin dans le renversement des choses et des sens. «Au plus fort la poche» pour décrire la gauche très modérée des revendications du printemps, alors que cette expression pourrait être la règle d'or d'une société libérale, qui a tendance à protéger voire accentuer les rapports de force économiques. «Monopoliser les médias», alors que les médias ont fait preuve de plusieurs erreurs factuelles et de biais anti-étudiants et qu'ils sont, au contraire, monopolisés par des gens comme Éric Duhaime, Martineau, Jean Lapierre, Mario Dumont, des gens de droite qui teintent la culture politique au Québec jour après jour depuis des années!!

Ils accusent les souverainistes de diviser, mais le projet tend pourtant la main à tout le monde, contrairement à mettre les étudiants et les cancéreux à dos (ce billet), les étudiants et la classe moyenne à dos (Charest), à mettre les boomers et les plus jeunes à dos (Duhaime), etc.
16:35 sur 18/11/2012
Mon idée n'est surtout pas d'opposer l'éducation à la santé en tant que causes importantes et valables. Je ne connais personne qui s'oppose à un meilleur accès à l'éducation. Mais tout le monde ne s'entend pas sur les meilleurs moyens d'y arriver. Et je dis seulement que ceux qui estiment que le meilleur moyen, c'est le gel des frais au Cégep et à l'université (quand ce n'est pas la gratuité), sont arrivés à occuper tout l'espace, au détriment du reste. Cette chronique de Yves Boisvert dans La Presse à l'époque (au moment de la démission de Line Beauchamp) résumait déjà très bien les enjeux. http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/yves-boisvert/201205/14/01-4525281-line-beauchamp-la-sacrifiee.php

Et toute cette dynamique continue de causer bien des dommages, dont on ne réalise pas encore toute l'ampleur...
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Cbien
16:40 sur 18/11/2012
Très désolé pour ta santé.
Mais le cancer du Québec est la présence gauche du PQ. C'est un non-désiré par les Québécois. Les élections l'ont prouvé. La principale raison pourquoi le Québec a voté pour le PQ, c'est simplement pour ne pas voter pour Charest. Les résultats ne mentent pas.
Mais où est donc le parti du Centre (l'idéal) pour le Québec?
09:53 sur 18/11/2012
D'où tenez -vous ce que vous affirmez.... " Les étudiants qui ont perdu leur session ne risquaient pas d'être touchés de beaucoup par la hausse".... Rien n'est plus faux.

Ils étaient, au contraire, des étudiants qui avaient fait beaucoup de sacrifices pour pouvoir se payer leur session. Certains d'entre eux n'ont pas pû tenir le coup jusqu'à la fin aoùt et on dû abandonner (leur budget ne pouvant pas s'étirer jusque là ou parce qu'ils devaient retourner chez-eux). D'autres ont perdu le travail d'été bien rémunéré (ce qui ne se trouve pas à tous les coins de rue) qui les attendait et qui leur aurait permis de pouvoir se mettre assez d'argent de côté en vue de leur prochaine session.

Au contraire, les seuls qu'on a retrouvé dans les rues sont, soit ceux qui pouvaient se payer le luxe de ne pas étudier et de perdre leurs session, soit ceux qui savaient, pour une raison ou pour une autre, qu'ils ne réussiraient pas les examens, soit ceux qui ont fait de leur statut d'étudiant une profession à vie.

Et avez-vous remarqué comment les offres, que le gouvernement Libéral leur avait mit sur la table, n'étaient pas bonnes à ce moment-là, mais qu'elles s'étaient soudainement transformées et étaient devenues des offres assez bonnes pour qu'ils exigent que Mme Marois ne les annule pas en même temps qu'elle annulait la hausse.
12:09 sur 18/11/2012
Vous avez mal compris mon commentaire. Je le répète : "Les étudiants qui ont perdu leur session ne risquaient pas d'être touchés de beaucoup par la hausse".

Si je me souviens bien, la hausse proposée était de 325$ par an pendant cinq ans. Un étudiant de première année du BAC aurait donc payé 650$ de plus pour son diplôme. On peut donc dire qu'il n'aurait pas été touché de beaucoup par la hausse, à la différence d'un élève de secondaire 2, qui aurait été touché de plein fouet et aurait dû débourser 4875$ de plus pour son BAC.

Ainsi, "les étudiants qui ont perdu leur session ne risquaient pas d'être touchés de beaucoup par la hausse". Ils ont débrayé pour le bien de la génération suivante. Ça me semble assez clair.

Pour avoir employé des étudiants en grève, je peux vous dire qu'ils ne sont pas descendus dans la rue parce qu'ils pouvaient se payer le luxe de perdre une session, qu'ils savaient qu'ils ne réussiraient pas leurs examens ou qu'ils ont fait de leur statut d'étudiant une profession à vie.

Vous parlez à travers votre chapeau.
22:10 sur 17/11/2012
Confort? Étudier à temps plein sans soutien financier familial, en travaillant autant que possible pendant ce temps là (20 heures par semaine environ), vous appelez ça du confort? Si je suis descendu dans la rue tout au long de ce conflit c'est peut être par égoïsme, mais dans ce cas là, c'est l'égoïsme du gars qui doit SOUVENT se contenter d'un seul repas par jour, qui sait qu'il n'est pas le seul, et qui ne souhaite à personne d'autre d'avoir à vivre comme ça! Le combat contre la hausse n'enlève rien aux autres causes sociales. C'est plutôt une occasion de réfléchir sur nos priorités. Si on a les moyens de financer à coups de miliard les compagnies chinoises qui vont piller les ressources naturelles de notre nord et qu'on préfère cela à financer la santé ou l'éducation c'est un choix de société mais ceux qui vont devoir souffrir pour ces décisions n'ont pas à s'écraser et à accepter leur misère au nom du soi-disant ''intérêt collectif''... Les progrès ne se réalisent pas dans les salons mais à travers les luttes et le travail acharné! Solidairement votre,

L'Anarchitecte
06:35 sur 18/11/2012
L'anarchitecte ... rions un peu. Je crois que c'est exactement ce que vous voulez le confort. Heureusement , il y en a qui travaille.
13:48 sur 18/11/2012
J'ai une sérieuse impression que vous n'avez rien vu mis à part la signature. Très dommage...
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Loup Blanc
L'intelligence comme remède au mépris
16:26 sur 18/11/2012
Commentaire vide de sens et qui n'apporte rien.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Franois Ricard
François Ricard
20:36 sur 17/11/2012
Ma mère a commencé à travailler à la Drummondville Cotton à 15 ans. Dix heures par jour. Six jours pas semaines. Un de mes oncles, à quinze ans, travaillaient dans une abattoir à Rouyn-Noranda.
Les deux n'avaient ni le goût, ni le temps et encore moins d'argent pour participer à des manifestations ou même de simples assemblées.
D'autres l'ont fait. Heureusement pour la société.
Il y a deux façons de faire payer les étudiants pour leur scolarité.
La première: une partie maintenant, par les frais de scolarité. L'autre partie après par leurs impôts.
La deuxième: Seulement après. Par leurs impôts.
L'avantage de la deuxième formule permet aux moins fortunés mais qui ont beaucoup d'aptitudes d'avoir une bonne chance de parvenir aux plus hauts sommets.
Comme vous voyez la gratuité scolaire, ça n'existe pas. On finit toujours par payer.