Marie-Claude Ducas

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Marie-Claude Ducas
 

La folie Mad Men: mais qui étaient les vrais ?

Publication: 27/03/2012 08:20

Les médias étaient devenus littéralement gaga à l'approche de la saison 5 de Mad Men, qui débutait dimanche dernier le 25 mars sur la chaîne américaine AMC... Et les fans sérieux recommenceront à décortiquer les moindres rebondissements de cette série-culte. Campée dans les coulisses de l'agence de publicité fictive Sterling Cooper à New York au début des années soixante, Mad Men fascine, entre autres, par ses remarquables évocations de la réalité de l'époque: sexisme latent et débuts du féminisme, tensions raciales, bouleversements politiques... Mais qui étaient au juste les personnages qui ont inspiré les auteurs de Mad Men? En voici quelques-uns (et une...) qui dominaient, à l'époque, le paysage de la publicité.

2012-03-27-DraperDanielsDonDraper.jpg

Draper Daniels (1912-1983): C'est lui qui aurait inspiré le personnage de Don Draper, le tourmenté directeur de création de Sterling Cooper. Dans les faits, il a vécu et travaillé à Chicago, plutôt que sur la légendaire Madison Avenue à New York. D'abord concepteur publicitaire, il sera directeur de création à l'agence Leo Burnett, où un de ses hauts faits d'armes est la légendaire campagne pour les cigarettes Marlboro (avec les cowboys). Il est d'ailleurs question de cette campagne dans Mad Men: Sterling Cooper a pour client un concurrent direct, Lucky Strike. Et oui, tout comme Don Draper, il semble que Draper Daniels était enclin à boire, fumer et draguer...du moins jusqu'à ce qu'il rencontre sa seconde femme, du moins si on en croit ce qu'elle racontait ici en 2009, dans Chicago Magazine. Et on peut lire ici, toujours dans Chicago Magazine, le portrait qu'elle traçait de Draper Daniels.

2012-03-27-DavidOgilvy.jpg

David Ogilvy (1911-1999) : La BBC lui a consacré en 2008 un documentaire intitulé The Original Mad Man. Personnage séduisant et flamboyant, Ogilvy n'aurait en effet pas détonné dans le voisinage de Sterling Cooper. Ses livres, en particulier Confessions of an advertising man (Les confessions d'un publicitaire, 1963) et Ogilvy on advertising (La publicité selon David Ogilvy , 1984) l'ont rendu célèbre. Il est expressément mentionné dans Mad Men alors que Roger Sterling, patron de Sterling Cooper, émet des commentaires doux-amers sur les Confessions, puis tente de convaincre un éditeur que son autobiographie est « bien meilleure que le livre de Ogilvy ». Écossais d'origine, concepteur publicitaire autodidacte et fondateur de l'agence Ogilvy & Mather, David Ogilvy a engendré nombre de campagnes légendaires, entre autres pour American Express, Rolls-Royce, Schweppes, Shell et Maxwell House. Ses «Confessions», où il dévoile bien des aspects liés à la réalité de la pub, sont rédigées sous forme de conseils: comment diriger une agence, comment garder ses clients, comment faire des grandes campagnes, etc. Beaucoup de ces conseils sont justement ceux transgressés par les Mad Men de la série. Par exemple: ne vendez pas un produit dont vous n'êtes pas vraiment fier; et ne laissez pas un client prendre une importance telle que sa perte mettrait l'agence en danger...

2012-03-27-bernbach.jpg

Bill Bernbach (1911-1982): Autre célébrité de la pub, créateur publicitaire lui aussi, il est l'un des fondateurs de l'agence Doyle Dane Bernbach (DDB), que l'on associe étroitement à la « révolution créative » en publicité au début des années 60 : sa grande gloire reste la campagne qui a lancé la célèbre Volkswagen Coccinelle aux États-Unis en la présentant sobrement, avec des titres tels « Think small » et « Lemon ». La campagne est expressément mentionnée dans la série. Mais en fait, Bill Bernbach est une sorte d'« anti-Mad Man » : Juif dans ce qui était encore un milieu largement WASP (White Anglo-Saxon Protestant), il était aussi un homme équilibré, à l'aspect effacé, et dénué de toute excentricité. Père de famille rangé et dévoué, il se targuait de passer chez lui ses soirs et ses week-ends, à l'opposé des noceurs invétérés que l'on voit dans Mad Men (et des bourreaux de travail qu'étaient, dans la réalité, la majorité des grands publicitaires). Ajoutons que Bernbach reste toujours une sorte d'idole pour bien des créateurs publicitaires d'aujourd'hui.

2012-03-27-ShirleyPolykof.jpg

Shirley Polykoff (1908-1998): Il y en a eu à l'époque, et plus qu'on serait portés à le croire, des« Peggy », c'est-à-dire des femmes qui ont acquis statut et pouvoir dans cet univers de la pub. C'est Shirley Polykoff qui aurait servi de modèle pour Peggy Olsen qui, dans Mad Men, devient directrice de création après avoir débuté comme secrétaire. Polykoff qui accédera au poste de vice-présidente exécutive de l'agence Foote Cone & Belding (FCB), reste avant tout célèbre avec sa campagne pour les colorants capillaires Miss Clairol. À l'époque, colorer ses cheveux était vu comme l'apanage des mannequins, des actrices, sinon des femmes à la vertu douteuse... mais sûrement pas de l'Américaine moyenne. Polykoff allait révolutionner cette notion avec le slogan « Does she, or doesn't she? (...)Only her hairdresser knows for sure!» («Seul son coiffeur le sait »), et faire exploser les ventes pour Clairol.

Et vous, avez-vous regardé les saisons précédentes de Mad Men? Qu'aimeriez-vous savoir d'autre sur les coulisses du véritable univers de la publicité à l'époque?

Loading Slideshow...
  • Don Draper

  • Dick Whitman

  • Betty Francis

  • Roger Sterling

  • Peggy Olson

  • Joan Harris

  • Lane Pryce

  • Pete Campbell

  • Megan Draper

  • Bobby Draper

  • Gene Draper

  • Anna Draper

  • Trudy Campbell

  • Bert Cooper

  • Faye Miller

  • Rachel Menken

  • Midge Daniels

  • Duck Phillips

  • Harry Crane

  • Henry Francis

  • Paul Kinsey

  • Ken Cosgrove

  • Salvatore Romano

  • Stan Rizzo

  • Ida Blankenship


 

Suivre Marie-Claude Ducas sur Twitter: www.twitter.com/mcducas