Marie-Claude Ducas

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Pourquoi je vote

Publication: 31/08/2012 11:00

Maintenant que Xavier Dolan lui-même a lancé une initiative pour convaincre d'aller voter, on verra peut-être enfin se renverser cette désolante tendance qui s'était installée depuis quelques temps : le côté « trendy » qu'il y avait à se targuer de ne pas voter. Et, c'est un peu comme pour la tendance « peau pâle vs peau bronzée » : les campagnes de communications sur les dangers du soleil et cancer de la peau ont sûrement leur utilité, mais au bout du compte, c'est le « facteur cool » qui joue, dans le fait que les gens changent ou non leur comportement. Surtout les jeunes. Et donc, rendons grâce à Xavier Dolan : le coté « cool » est désormais assuré.

C'est donc un heureux complément à la campagne publicitaire lancée, comme à chaque élection, par le Directeur général des élections (DGE), et conçue par l'agence Cossette. Campagne dont, je l'avoue, j'appréciais modérément le ton sombre et dramatique et ce, même si les concepteurs expliquent qu'il y a urgence, étant donné le très faible taux de participation aux dernières élections. Mais cette campagne est une petite partie d'un tout. J'aime bien, par contre, le volet médias sociaux, où divers influenceurs s'expriment sur le thème « Pourquoi je vote ».

J'espère qu'on va enfin dire adieu à cette détestable et dangereuse attitude qui était en train de s'installer, et où on entendait, justement, certains influenceurs - artistes, commentateurs, journalistes - parler du « droit à l'abstention », du fait que les votes « blancs » ou annulés devraient être comptabilisés au même titre que ceux accordés à un parti politique, etc. Autant d'arguments ancrés dans un sentiment de supériorité mal placée, sur le mode: « Nous on a compris que le système ne sert à rien, qu'il faudrait autre chose de VRAIMENT nouveau; on est tellement mieux que tous ces ploucs qui croient encore dans le système, dans ce que racontent les politiciens, etc. »

C'est aussi une bonne chose que des influenceurs identifiés au web et aux médias sociaux soient à l'avant-plan, parce que bien des apôtres du « 2.0 » n'ont pas toujours aidé la cause du vote. Pas forcément de façon directe, ni même consciente. Mais il y en a eu pas mal pour se balader avec cette notion encore nébuleuse de « démocratie 2.0 ». Et d'autres pour véhiculer à leur façon cette espèce de notion de supériorité dont je parlais plus haut, adaptée à la sauce 2.0; dans le genre : « ah, la vraie démocratie est ailleurs, avec Facebook et Twitter, le peuple a de meilleurs moyens de s'exprimer directement, à quoi bon voter, etc. »

Espérons qu'on s'apprête enfin, désormais, à dire adieu à tout ça.

Et voici donc pourquoi je vote :

Je vote parce qu'il m'apparaît impensable de faire autrement. Je m'aperçois que j'aurai de la peine à l'expliquer, tant c'est profond et viscéral, mais je vais quand même essayer.

Refuser d'aller voter m'apparaît tout bonnement injustifiable. C'est l'expression d'une paresse qui ne veut pas dire son nom, assortie d'une inconscience de privilégiés.

J'écris « paresse » parce que, oui, voter, c'est de l'ouvrage. On est obligés de se renseigner : sur les programmes des partis et sur les candidats dans notre circonscriptions. Et parfois, l'enthousiasme est loin d'être au rendez-vous; il n'y a pas de coup de cœur instantané. Et on voit d'énormes défauts, lacunes et sources d'incertitudes, quand on regarde tous les principaux partis et candidats.

C'est le cas, on ne se le cachera pas, pour cette élection-ci. Il faut creuser, peser le pour et le contre, faire des choix. Si le chef et les « têtes d'affiches » nous inspirent moins, voir les candidats dans sa circonscription. Voir l'ensemble des candidats. Voir, dans les programmes des partis, les points les plus prometteurs. Et prendre une décision.

J'écris « une inconscience de privilégiés », parce qu'il suffit d'avoir passé quelques jours dans un pays où la démocratie n'est pas implantée, pour réaliser à quel point tout ce qu'on prend pour acquis ici est encore refusé à une bonne partie de l'humanité. Juste la possibilité de s'exprimer un peu librement, pour commencer. Comme touriste, je suis allée visiter des pays où, sur le visa d'entrée, je n'ai pas écrit que j'étais journaliste, pour ne pas avoir d'ennuis. Comment, ensuite, revenir dans un endroit comme ici, où l'expression et la liberté font tellement partie de l'air ambiant qu'on ne s'en aperçoit plus, et cracher dans la soupe?

Je vote parce que ne pas le faire revient, à mes yeux, refuser de bien manger, de prendre soin de soi-même et de sa santé, sous une latitude où c'est parfaitement possible, et même plutôt facile, de le faire. Parce que ne pas voter reviendrait à refuser de s'instruire, d'apprendre à lire et à réfléchir, dans une société où les possibilités sont surabondantes à cet égard. Alors qu'encore tellement rares ailleurs...

Je vote parce que c'est la seule chose à faire, et qu'on ne devrait même être en train d'argumenter là-dessus.

Et vous, pourquoi votez-vous?

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  • Jean Charest - Parti libéral du Québec

    Né à Sherbrooke le 24 juin 1958 Marié, père de trois enfants Formation en droit. Admis au Barreau du Québec en 1981. Avant d'entrer en politique: pratique le droit à Sherbrooke Entrée en politique: en 1984, candidat pour le Parti progressiste-conservateur du Canada dans Sherbrooke. Élu député fédéral lors des élections générales à l'âge de 26 ans. <strong>Carrière politique: </strong> Au fédéral, il est nommé ministre d'État à la Jeunesse en 1986 à l'âge de 28 ans. Devient le plus jeune membre d'un cabinet fédéral. Il est ensuite ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur, leader adjoint du gouvernement, président du Comité parlementaire spécial pour le projet de résolution d'accompagnement à l'Accord du lac Meech, ministre de l'Environnement, ministre de l'Industrie et des Sciences, vice-premier ministre, candidat au leadership du Parti progressiste-conservateur du Canada en 1993, chef du Parti progressiste-conservateur, vice-président du Comité national des Québécois pour le Non pendant la campagne référendaire au Québec en 1995. Au plan provincial: il devient chef du Parti libéral du Québec en avril 1998 et chef de l'opposition officielle en décembre de la même année, il est assermenté comme premier ministre du Québec le 29 avril 2003, de nouveau le 18 avril 2007 et le 18 décembre 2008.

  • Pauline Marois - Parti québécois

    Née à Québec le 29 mars 1949 Mariée et mère de quatre enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social, Université Laval et maîtrise en administration des affaires (MBA) aux HEC, Université de Montréal Avant d'entrer en politique: consultante budgétaire, responsable du service animation, coordonnatrice du cours en assistance sociale, directrice générale d'un CLSC, attachée de presse, consultante, directrice de cabinet, professeur à l'Université du Québec à Hull <strong>Carrière politique</strong>: députée de La Peltrie de 1981 à 1985, puis députée de Taillon de 1989 à 2006, puis députée de Charlevoix depuis 2007. Elle a été ministre d'État à la Condition féminine, de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu, présidente du Conseil du trésor, ministre des Finances et ministre du Revenu, ministre responsable de la Famille, ministre de l'Éducation, ministre de la Famille et de l'Enfance, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Économie et aux Finances, ministre de l'Industrie et du Commerce, vice-première ministre.

  • François Legault - Coalition avenir Québec

    Né à Sainte-Anne-de-Bellevue le 26 mai 1957 Marié, père de deux enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires (comptabilité publique), MBA en finances des HECAvant la politique: directeur du marketing chez Québécair, cofondateur d'Air Transat en 1986, en devient le pdg jusqu'en 1997. Administrateur de sociétés comme Provigo, Culinar, Sico. Fellow de l'Ordre des comptables agréés du Québec. <strong>En politique</strong>: élu député péquiste de Rousseau en novembre 1998. Réélu en 2003, 2007 et 2008. Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Éducation et aux Jeunes, ministre de l'Éducation, ministre d'État à l'Éducation et l'Emploi, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux. En 2011, il fonde un nouveau parti, la Coalition avenir Québec.

  • Françoise David - Québec solidaire

    Née à Montréal en 1948 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social (organisation communautaire) de l'Université de MontréalAvant la politique: travaille en service social dans le quartier centre-sud de Montréal, coordonnatrice du Regroupement des centres de femmes, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Elle organise notamment la Marche des femmes contre la pauvreté «Du pain et des roses» et la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence en 2000. <strong>En politique</strong>: porte-parole du mouvement Option citoyenne, puis porte-parole de Québec solidaire lors de sa création en 2006. Candidate pour Québec solidaire en 2007 et 2008 dans Gouin où elle termine deuxième.

  • Amir Khadir - Québec solidaire

    Né le 12 juin 1961 à Téhéran, en Iran. Immigre au Québec à l'âge de 10 ans. Marié et père de trois filles. <strong>Formation</strong>: baccalauréat en physique Université de Montréal, maîtrise en physique Université McGill, doctorat en médecine Université Laval, spécialité en microbiologie-infectiologie Université de MontréalCarrière avant la politique: médecin microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier Pierre-Le-Gardeur à Lachenaie. A fait partie de la Coalition des médecins pour la justice sociale, a fait des missions pour Médecins du monde en Irak, en Afghanistan et en Palestine. A présidé le conseil d'administration du SUCO. <strong>Carrière politique</strong>: candidat du Bloc québécois dans Outremont en 2000, candidat de l'Union des forces progressistes dans Mercier en 2003, premier député élu de Québec solidaire dans Mercier en 2008

  • Jean-Martin Aussant - Option nationale

    Né à Sorel-Tracy le 1er juin 1970 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires et études en actuariat, Université Laval; maîtrise en sciences économiques, Université de Montréal; études au doctorat en analyse économique, Université Autonoma de Barcelone, Espagne. Avant d'entrer en politique: agent de recherche au CIRANO, vice-président Morgan Stanley Capital International, gestionnaire de portefeuille principal, Investissements PSP. <strong>Carrière politique</strong>: élu député de Nicolet-Yamaska aux élections générales du 8 décembre 2008 sous la bannière du Parti québécois. Porte-parole de l'opposition officielle pour les dossiers de développement économique, institutions financières, commerce international. Il quitte le Parti québécois en juin 2011, siège comme indépendant, puis annonce la création d'Option nationale.

  • Répartition des 125 sièges à la dissolution de l'Assemblée nationale

    Parti libéral du Québec (forme le gouvernement): 64 députés Parti québécois (forme l'opposition officielle): 47 députés Coalition avenir Québec: 9 députés Option nationale: 1 député Québec solidaire: 1 député Indépendants: 2 députés Circonscriptions vacantes: 1 (Bourassa-Sauvé) <strong>Résultats du scrutin du 8 décembre 2008</strong> Parti libéral du Québec: 1 366 046 votes (42,08 %) Parti québécois: 1 141 751 votes (35,17 %) Action démocratique/Équipe Mario Dumont: 531 358 votes (16,37 %) Québec solidaire: 122 618 votes (3,78 %) Taux de participation: 57,43 % ou 3 295 914 votes Bulletins valides: 3 246 333 ou 98,5 %

 

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