Marie-Claude Ducas

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Marie-Claude Ducas
 

Avec « Montréal, ville de festivals », pourquoi pas « Montréal, ville de communication et créativité»?

Publication: 08/05/2012 08:17

Il se passe ces temps-ci à Montréal plusieurs choses qui me font dire que l'on pourrait pousser encore plus loin une idée qu'avait d'abord mise de l'avant Gilbert Rozon. Le président et fondateur de Juste pour Rire a, ces dernières années, suggéré que les organisateurs de différents festivals à Montréal s'entendent entre eux, et travaillent ensemble à positionner Montréal comme une ville où, se déroule l'été une sorte d'immense « festival de festivals ». Dans la foulée, on a vu émerger le Collectif des festivals montréalais.

Une des grandes inspirations pour Rozon à cet égard a été ce qu'a réussi à faire la ville d'Édimbourg, en Écosse. Une ville qui, pourtant, au départ, n'avait pas forcément beaucoup de raisons de se retrouver parmi les grandes destinations internationales.

Montréal, pour l'offre touristique, est en concurrence avec toute la planète. Autant avec Paris, New York, Londres et Barcelone qu'avec Toronto. En résumé : tout le monde, même issu au départ d'entreprises différentes et d'intérêts divergents, doit travailler dans le même sens. Au lieu de chacun de son côté, et en s'éparpillant.

Mais jusqu'ici, on a surtout parlé d'aspects qui relèvent de l'offre touristique, ou en tout cas des événements destinés au grand public. Mais il est en train de se passer autre chose, sur le plan d'événements liés aux communications, et qui s'adressent à une clientèle d'affaires. Du 21 au 23 mai, aura lieu l'événement C2-MTL, mis sur pied par l'agence Sid Lee, et qui verra défiler des personnalités comme Michael Eisner, ex-pdg du groupe Walt Disney, Arianna Huffington, fondatrice du Huffington Post, le réalisateur Francis Ford Coppola, et d'autres penseurs d'une multitude d'horizons, qui ont réfléchi à de multiples aspects liés à la créativité en affaires.

Juste avant cela, les 15-16 et 17 mai, on aura vu se succéder la Boule de cristal du CRIM, Webcom Montréal et Mixmédias Montréal. Ces trois événements sont maintenant organisés tous les trois par la firme Productions Eventia, et regroupés, avec quelques autres, sous la bannière Connect 2012. Et, durant les trois jours, on verra défiler des noms tels Jeremy Owyang de Altimeter Group, Gordon Bell de Microsoft, et l'anthropologue web Stowe Boyd.

Stowe Boyd était d'ailleurs venu à Montréal l'automne dernier, lors de la conférence Infopresse sur les réseaux sociaux. C'est là que je l'avais entendu, et que j'avais été franchement épatée par sa réflexion qui englobe l'impact de la technologie autant sur notre façon d'envisager le travail, l'environnement, le transport et l'avenir des villes.

Ce qui m'amène d'ailleurs au troisième pôle de cette réflexion sur le positionnement de Montréal comme ville d'événements en communications : Montréal accueillait aussi, le 12 avril dernier, Clay Shirky, un des grands penseurs américains du web et des nouveaux médias, lors du RDV Web d'Infopresse. Un mois avant cela, lors de la première journée OFF d'Infopresse, c'étaient des personnalités comme Jared Cohen de Google Ideas, et Neri Oxman du MIT Media Lab. En septembre 2012, lors du prochain RDV Média, c'est Tyler Brûlé, fondateur du réputé magazine international Monocle, qui sera le conférencier-vedette. Le précédent RDV Média, mi-septembre 2011, avait par ailleurs accueilli Arianna Huffington, pour sa première apparition publique à Montréal. (C'est d'ailleurs là, qu'elle avait annoncé son intention prochaine de lancer une édition québécoise du Huffington Post). Et le 17 mai prochaine, le RDV Design accueillera des figures du domaine tels l'éditeur et auteur Chip Kidd et la designer new-yorkaise Louise Fili. Au fil des ans, Infopresse a d'ailleurs amené à Montréal des personnalités d'envergure internationale liées aux communications, aux affaires et à la créativité comme Malcolm Gladwell , Chris Anderson, et Seth Godin.

Quand on regarde cela avec un certain recul, on peut quand même se dire que voilà une quantité impressionnante de gens de haut niveau qui défilent par Montréal, et qu'il y aurait peut-être là un positionnement à travailler. Mais, comme sur le circuit touristique, Montréal est en concurrence avec d'autres offres sur la planète. Il y a Cannes, qui, au-delà de son fameux concours publicitaire des Lions, s'est repositionné ces dernières années comme Festival international de la créativité. Il y a maintenant Austin (« of all places », comme on dirait en anglais, quand même), qui a imposé de façon impressionnante son South by Southwest ces dernières années. Et certains autres événements comme la Semaine de la publicité chaque automne, à New York.

À Montréal, il me semble qu'on pourrait s'efforcer de tirer parti d'une telle accumulation d'événements, qui s'adressent à une clientèle hautement qualifiée, et qui attirent ici un tel éventail de personnalités de haut calibre et d'envergure internationale. D'autant plus que, et quelques-uns l'ont souligné, l'événement de Sid Lee bénéficie de subventions gouvernementales. Tout cela se combinant, de toute façon, au « buzz » qui existe autour d'autres aspects de Montréal, tels son dynamisme culturel et l'intérêt de sa nouvelle gastronomie. De toute façon, un événement comme South by Southwest combine, justement, des volets davantage axés sur la culture, à côté d'un volet « 2.0 ».

Ici, à partir de janvier 2013, Montréal aura son mondial du jeu vidéo, un projet justement parrainé par Gilbert Rozon. Et en fait, tout cela vient recouper ce que disent ici des leaders du 2.0, qui réclament un peu plus de réflexion concertée. Sylvain Carle a d'ailleurs, de façon ingénieuse, inventé la formule « Plan Nerd » (astucieuse allusion au Plan Nord), à laquelle la blogueuse Michelle Blanc a fait écho, en y ajoutant cette notion de notoriété à générer.

Alors, pourquoi pas un peu d'actions et, surtout, de communications concertées autour de « Montréal, ville d'événements de communications et créativité »?

P.S.

Après avoir publié ce billet sur mon blogue, j'ai reçu un commentaire de Josée Plamondon, qui me signalait que, en plus des événements que je mentionnais déjà, il faudrait ajouter ceux-ci, qui ont trait aux arts numériques: Elektra, la Biennale internationale des arts numériques de même que Mutek. Très juste. Et ça vient encore renforcer le propos.

 

Suivre Marie-Claude Ducas sur Twitter: www.twitter.com/mcducas

Suivre Le HuffPost Québec