Toute cette escalade dans les blâmes et les accusations entre anglophones et francophones est en train de complètement occulter les vrais aspects de Montréal dont, déjà, on ne parle pas assez. Les opinions les plus extrêmes, les groupes de pression et les gens qui ont un agenda à faire avancer prennent tout l'espace, et on oublie ce que signifie vraiment la vie dans cette ville où se côtoient depuis longtemps deux grandes langues et deux grandes cultures, et où les gens sont, à la base, foncièrement ouverts et tolérants.
Pour cela, je fais appel aujourd'hui à la plume de quelqu'un qui, depuis longtemps, attire l'attention sur cette réalité: Josh Freed, journaliste, documentariste, et chroniqueur à The Gazette depuis des décennies. Le texte qui suit était paru en 1991 (!). À l'époque, je l'avais clippé dans le journal, et je l'avais affiché sur un babillard chez moi, pour le relire chaque fois que d'autres commentaires me décourageraient trop.
À ma demande, Josh Freed a été assez gentil pour m'envoyer le texte. Où ce qu'il raconte pourrait s'appliquer intégralement aujourd'hui.
Pas de problème with two languages in my neighborhood The Gazette (Montreal) Sat Mar 30 1991 JOSH FREEDThe St. Denis St. waiter was a mustachioed young francophone. He hovered by my table impatiently, waiting for my order.
«Le spécial du jour, s'il vous plaît», I said.
«Bon», he replied. «Will you take the soup or the salad?»
«Uh ... Je prendrai la salade», I said.
«Parfait», he replied. «Do you prefer vinaigrette maison, Italian or French?»
«Francais», I said.
And so it continued for most of the meal: an anglophone speaking French and a francophone speaking English, as if nothing could be more natural.
It was just part of the daily « dance of the Quebec solitudes » - a linguistic two-step where you never know what language your partner will speak.
Perhaps my young waiter was determined to practice his English. Perhaps he was showing some sympathy for Quebec's anglo minority, whose survival may now be more threatened than his.
Or maybe he was actually a unilingual anglophone, posing as a French waiter speaking English. Who knows? In Montreal these days, tout est possible.
To read the news, relations between French and English have never been worse: a North American Northern Ireland where independence could be declared while you take an afternoon nap.
Separatists harp about the « historic inevitability of our own country » as if Quebec was Russia under the tsar. Sovereignty- saturated anglos whine about selling their homes and fleeing the country - just to avoid listening to another referendum debate.
In the Rest Of Canada, gloom reigns, like relatives considering a friend with a terminal disease. « It's hopeless, » a forlorn writer told me in Toronto last week. « The English and French just can't get along. »
But here in my neighborhood, as I stroll around the streets, the two solitudes have never gotten along better. From the Main to St. Denis St., from the mountain to the river, sidewalks are filled with a dozen nationalities buying, selling and rubbing shoulders in a jumble of tongues.
Spring fever is bursting out in all its pothole-pocked glory, and Montrealers seem as friendly as townsfolk in a small village.
Every depanneur is a linguistic detective who can sense what language you speak at a glance. The young French salesman at my corner newsstand always addresses me warmly in English, even though I always buy La Presse. How does he know?
The cabbies in the neighborhood shift languages as quickly as lanes, depending on whether you ask for Boul. St. Laurent or St. Lawrence Blvd.
As an anglo, I often need to know only one French word: « Bonjour » a password that shows I come in good faith; after that anything is possible.
Like the guy at the parking lot who replies to my French salutation by saying: « Salut boss... . Gimme the keys. »
Or the French bartender who sticks to English so steadfastly I am tempted to invoke Bill 101 and my right to be served in French.
In this language-loaded city, most people find a friendly way to blunder by.
I know of two neighbors, one French, the other English, who've chatted daily over their clotheslines for years. Both speak a bit of the other's language, but each is more comfortable in his own, so here's how the conversation goes:
« Bonjour Benoit... . How are things? »
« Pas mal, Simon. Comment vont les enfants? » « Très bien, très bien... . I'm doing some work on my veranda ... Could I ask you some advice?
« Mais oui. Qu'est-ce-que tu construis? »
And so a veranda is built, with plans conceived bilingually.
Amidst this linguistic stew, it's easy to lose your tongue. Last week I chatted happily away in French for several moments with a telephone receptionist at CBC, before we gradually realized we were both English.
We kept speaking French just the same: why break the mood?
Like many of you, I'm weary of reading headlines about Quebec's demands and Allaire's report. And I get depressed when the occasional nationalist spokesman talks about too many immigrants threatening Quebec's culture.
But then I wander into my charcuterie and two French salesmen are struggling to serve an elderly Chinese woman, who speaks no French and very little English. « Oui madame ... it is bacon, » says one patiently. « Bacon fume. »
« Smoked bacon, » breaks in the other salesman, with a warm smile. « It is very good ... with eggs! »
In truth, language disputes began to die out on the streets of Montreal years ago, when French became the working language and anglos stopped being much of a threat.
The only squabbling we do these days is on government committees, where members are paid to fight. Now I know I can't judge the world by my street - but I suspect my neighborhood is not that different from the rest of the city or the country.
There may still be people in Quebec who refuse to speak any English, just as there may once have been a « unilingual English saleslady » in the tartan section of Eaton's, who wouldn't speak a word of French.
But in a world where Croats spit at Slovenians, Soviets shoot Lithuanians, Tamils hate Indians and Indians hate Sikhs - the people of our city seem almost best friends, despite the political rhetoric.
Here in Montreal, on a wet spring day, English-French relations have never looked better. Even if no one wants to look.
Voilà ! Si je me sens assez d'aplomb, je tenterai un peu plus tard ma propre version, à la sauce 2012, et en français. Avez-vous des témoignages pour l'alimenter? N'hésitez pas.
Suivre Marie-Claude Ducas sur Twitter: www.twitter.com/mcducas
http://www2.lactualite.com/freed/2012/03/15/josh-freed-anglophone/
www.facebook.com/montrealconcordiasalus - venez rejoindre notre mouvement bilingue.
Chapeau à monsieur Freed et madame Ducas!
Et je crois que ce type de problématique est assez particulier à la région de la métropole. En effet, en région, on s`accomode plutôt bien de la situation et les nouveaux arrivants également.
Je me demande alors pourquoi une famille chinoise ou guatémaltèque qui s`installe à Montréal aurait plus de difficulté à s`adapter à l`espace francophone que si elle s`installait à Victoriaville ou Rimouski ? Ambiance locale, laisser-aller linguitisque, nonchalence à l`adaptation, ???
J`aimerais qu`on m`explique pourquoi mes enfants ont des amis d`ethnies différentes qui parlent et étudient en français en région et que la même chose deviendrait une dystopie raciste dans la région métropolitaine?
On est loin de ce qu'on constate dans les blogues`et Freedman a tout à fait raison, le vrai monde, se soucie peu de ces divergences.
Chaque fois que le PQ fait des Lois il empire la situation....simple constatation mon cher Watson !
Pour ce qui est de pelleter les responsabilités de notre société sur le dos des politiciens, journalistes et tout ce qui bouge; nous aurions je crois tous intérêts à pratiquer l'introspection en regardant dans le mirroir...
"Wisdom comes when your mirrors turns to windows" - Chet Holmes
Just sayin...
- Au Centre de santé McGill, j'ai exigé d'être servi en français. Les deux spécialistes l'ont fait, mais en se plaignant en anglais que c'était difficile
.
- Est Island, NDG, West Mtl, Lasalle, des parties de Verdun, St-Léonard, le Brossard asiatique, Ville-Mont-Royal, Cote St-Luc, on sait qu'en appelant à cet endroit on se fera répondre en anglais. 10 ans de service à la clientèle derrière la cravate
.
Vieux Mtl : Portez la barbe et la casquettee et on vous adresse la parole en anglais
.
CEntre d'achat Fairview à Pointe-Claire, vous allez y trouver le genre de bilignuisme que chez Air Canada : anglais et autre langue d'origine. Bonne chance pour vous faire servir en français
.
Les débats à l'hôtel de ville de Mtl se passent majoritairement en anglais. Ma question : Combien de maires sur l'île sont bilingues anglais-anglais?
Puis plein de francophones on déménagé à Boucheville, dans une grosse maison. Et puis?
Merci de si bien nous le rappeler.
Elle écrit
""S’il y a un média où Pauline Marois et son parti ont été systématiquement diabolisés et présentés comme le Bonhomme Sept Heures, c’est bien la Gazette.
La charte de la laïcité du PQ a été (faussement) résumée à « une loi anti-hijab ». Un vote pour le PQ a été présenté comme « un vote pour la xénophobie ».
(...) le 31 aout dernier la Gazette publiait une lettre disant que Marois était ""fasciste"".
Incroyable. indécent, inacceptable, de la part d'un média écrit qui se veut sérieux et représentatif.
L'attitude de The Gazette durant la dernière campagne et en général est à des années lumière de l'angélisme freedien de 1991 que MMe Ducas nous invite à relire.
Pendant des semaines, la Gazette a crié au loup. « Attention le PQ est dangereux, le PQ n’aime pas les anglophones, le PQ n’aime pas les minorités"
Il faut parfois appeler un chat un chat. Et la gazette est un dénigreur du nationalisme québécois et cela n,est pas sans conséquence sur la qualité de vie montréalaise et québécoise.
Je ne vois pas comment la présence d'excellents journalistes à The Gazette peut rendre plus acceptables les salopards qui propagent la haine et mettent des idées de fous dans la tête de fous armés.
J'ai l'impression que vous êtes trop motivé à chercher des excuses pour ce qui est inexcusable. Veuillez vous expliquer.
Le fédéral ne contrôle la langue qu'à l'intérieur de ses institutions.
Près de 32% de ma familles est anglophones,l'autre jours j'ai envoyé un liens du spectacle de Mike Ward a un de mes cousins qui est anglophones et il ma dit qu'il n'aimais pas ca car il préférais Michel Courtemanche car celui-ci ne parlais pas,le francais le répugne même si Mike est Anglophone,c'est ca les deux solitude et malgré les effort imaginatif déployé des Québécois pour se faire reconnaitre envers les anglophones de Montréal rien n'y fait,eux ils aiment que la langue anglaise et la télé américaine et la culture Américaine and the rest it's nothing!
Bien des Canadiens s'intéressent à la culture Québécoise car c'est leur porte de sortie et de défense face à l’envahissement médiatique Américain.
À nous de mieux faire la promotion positive de ce que l'on a de mieux à offrir, stabilisons notre situation ambivalente encouragée par des politiques dépassées des années 70, ayons confiance en nous et le reste suivra.
Ne comptez pas sur des Lois pour changer dans les faits quoi que ce soit....au contraire...
Que toutes les autre provinces du canada--des-anglos, deux douzaines d'états américains et une centaines d'autres pays démocratiques dans le monde pratiquent aussi.