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Licenciement: et si ça vous arrivait?

21/02/2014 12:03 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Au moment du licenciement, votre employeur sera soumis aux lois du travail et vous remettra toutes les sommes auxquelles vous avez droit: salaire, heures supplémentaires, indemnité de vacances. S'ajoutera parfois une indemnité de cessation d'emploi, communément appelée «prime de départ». Certains employeurs pourraient aussi vous «remercier» (dans le vrai sens du mot), en vous offrant les services de professionnels de la carrière pour faciliter votre transition vers un nouvel emploi.

Scénario 1

Dans une structure organisationnelle où mises à pied et rappels au travail alternent de façon cyclique, on vous aura informé à l'avance de votre date de cessation. Cette période permet alors de préparer votre transition et faire de nouveaux choix. Toutefois, on peut aussi vous faire l'annonce de votre mise à pied le vendredi après-midi, en vous informant que c'est là votre dernière journée de travail. Vous vous y attendiez, peut-être. On vous paiera alors, les semaines de préavis, tel qu'exigé par la loi. Dépendamment du contexte du licenciement, de la façon dont l'annonce vous a été communiquée et de l'aide offerte, la suite des événements pourrait se dérouler relativement bien.

Scénario 2

Vous ne comprenez pas clairement la situation. Vous refusez d'en accepter les motifs. Vous vous répétez: «Pourquoi moi?» La réalité vous fait l'effet d'une douche d'eau froide. Très rapidement, les préoccupations financières surgissent à votre esprit. Bien que certains aspects auront été réglés au moment du congédiement, vous éprouverez un sentiment d'insécurité, un moment lourd de confusion. Le temps semblera s'être arrêté. On vous demandera de prendre tous vos effets personnels. Puis, on vous raccompagnera, le temps de franchir une dernière fois la porte de l'entreprise. Vous garderez votre sang-froid et dissimulerez vos émotions. Peut-être afficherez-vous une certaine forme d'indifférence, le temps de digérer la nouvelle.

Les réactions devant la perte d'un emploi

Tout congédiement confronte la personne à devoir traverser les différentes étapes du cycle des réactions devant la perte d'un emploi: choc - recherche d'emploi - déprime et retrait (lorsque les résultats se font attendre) - désorganisation (s'il y a chômage prolongé) - et enfin, la réadaptation. Pour certains, la traversée des cycles sera plutôt rapide. Pour d'autres, le deuil de l'ancien statut prendra l'allure d'un défi colossal.

Rebondissement versus désorganisation

Parmi les ingrédients favorables au rebondissement personnel on retrouve, un bon portefeuille de compétences, une attitude constructive et une aptitude à transformer les revers en défis personnels. Toutefois, personne ne peut anticiper ou contrôler le degré de détresse psychologique que peut déclencher un événement imposé. Lors de mes études à l'Université de Montréal, j'ai réalisé des enquêtes psychosociales dans la rue, auprès de personnes sans abri. Parmi elles, j'ai rencontré un ex-professionnel du génie, de la chimie et un cadre de haut niveau. La trame de leur histoire ressemblait à celles de milliers de personnes : ils avaient étudié dans un domaine qu'ils aimaient, rejoint le marché du travail, développé leur carrière, formé un couple, eurent des enfants. Puis un jour, leur vie bascula. Un événement inattendu (choc), lors d'une période de vulnérabilité au plan personnel (échec amoureux), associé à de l'isolement (absence de mesures d'aide ou de recours à la consultation professionnelle), sont les éléments clés d'une désorganisation conduisant à la détresse psychologique.

Nous sommes tous des ressources «humaines»

Chemin faisant dans l'évolution de notre carrière, on peut apprendre à gérer des projets, des ressources matérielles ou techniques, des matières premières, etc. S'il est possible d'anticiper les bris d'équipement ou le renouvellement des stocks, de gérer les quotas de production ou de contrôler la qualité, il est parfois difficile d'apprendre à gérer des ressources humaines. On peut facilement oublier que derrière toute force de travail: services, production, innovation, recherche, ventes, comptabilité, se cachent des ressources «humaines». C'est-à-dire, des personnes qui ont des forces extraordinaires et à la fois, des fragilités invisibles ou insoupçonnées.

Et si vous étiez un jour celui ou celle...

Vous rappeler le paradoxe «force-fragilité» de l'être humain fera toute la différence le jour où vous devrez procéder à un licenciement. À ce moment, vous serez un être humain en contexte de responsabilité, qui s'apprête à licencier un autre humain, à partir d'une compétence émotionnelle très recherchée: l'empathie. Pour la personne mise à pied, l'empathie ne changera pas la tournure des événements. Ça aura toutefois une influence indéniable sur le sentiment avec lequel cette personne quittera l'entreprise et vivra sa transition. Les sentiments humains n'ont peut-être rien d'apparemment palpable. Ils sont néanmoins tout ce qu'on sait rapidement reconnaître lorsque ça compte vraiment.

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