LES BLOGUES

Avons-nous atteint l'extrême gauche en éducation?

31/07/2014 11:11 EDT | Actualisé 21/10/2016 11:11 EDT

Depuis des décennies, la société ne cesse de changer, les jeunes évoluent et par conséquent le monde de l'éducation n'a pas le choix de suivre la parade. Malgré le fait que j'ai parfois l'impression que le nouveau concept de la classe inversée (classe TIC) est poussé à l'extrême, il est évident que l'enseignement traditionnel n'a plus sa place.

Moi-même enfant du Collège classique et de l'enseignement traditionnel, je peux témoigner que si j'enseignais comme on m'a enseigné à l'époque, je serais probablement déjà en épuisement professionnel et mes élèves auraient sans aucun doute de sérieuses lacunes. Avec l'arrivée de la réforme des années 2000, celle-ci a mis fin à l'ère du Maître avec un grand M. celui qui connaissait tout sur tous les sujets : LE Maître de l'école ! L'enseignant est enfin considéré comme humain, un humain qui peut faire des erreurs et reconnaître qu'il n'a pas nécessairement réponse à tout.

La réforme a été, à mon avis, salutaire au Québec. L'enseignement traditionnel a été remplacé par la pédagogie nouvelle qui a mis l'élève au centre des apprentissages. « L'enseignant doit maintenant adapter son enseignement en fonction de la progression de chacun de ses élèves. »(MEQ, p. 23) Monsieur le professeur n'est plus une autorité intellectuelle inébranlable en classe. Le jeune d'aujourd'hui analyse, décortique, critique, collabore, soumet des hypothèses et résout toutes sortes de problèmes dans son quotidien sur les bancs d'école. Il a besoin davantage d'être épaulé, soutenu et stimulé afin de développer ses multiples compétences. Je suis d'accord.

Certes.

Mais avons-nous atteint l'extrême gauche en éducation ? L'élève évolue dans un milieu stimulant: tableau interactif, ordinateur portable, canon interactif, tablette, Ipad... Mais sommes-nous dans la bonne direction ? L'école est-elle devenue un jeu pour nos élèves ? Mon père a enseigné pendant 35 ans et il ne comprend toujours pas l'omniprésence de ces outils informatiques dans nos classes ! Évidemment, avec sa vision traditionnelle, il a souvent tort sur beaucoup de choses (désolée papa...), mais je n'arrive toujours pas à trouver les bons mots pour le convaincre à ce sujet. J'ai toujours cru que l'outil devait être au service de la pédagogie et non l'inverse. Je fais partie des « technos profs » regardés par les anciens comme si je les précipitais à la retraite.

Mais est-ce réellement l'école de demain ?

Finalement, je ne peux m'empêcher de constater à quel point en 1ere secondaire, nos élèves ont du mal à lire (et je suis dans le secteur privé .... Je vous rappelle que le préjugé dit qu'ils devraient être meilleurs ...). Je vois un manque flagrant de vocabulaire. Ils ont du mal à comprendre la signification des mots et les nuances de la langue (par exemple la différence entre relever, citer, expliquer, décrire, etc..) Est-ce que notre réforme aurait des lacunes ? Est-ce que l'apprentissage d'une règle de grammaire peut réellement se faire autrement qu'en l'apprenant par cœur ? Est-ce qu'on peut vraiment apprendre à lire sur un Ipad en consultant Wikipédia ? Bien sûr, j'exagère ! Mais peut-être serait-il le temps de recentrer la réforme ? De se questionner sur les bases ?

Malgré tout, tous les matins je remercie la vie de m'avoir menée vers le chemin de l'enseignement. J'adore ce que je fais; le contact avec les jeunes me garde allumée et vivante. Au fond, la réforme a déteint sur moi. Je suis un peu comme mes élèves, je remets en question mon milieu et ses règles. N'est-ce pas de cette façon qu'on leur enseigne à développer leurs compétences ?

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Le Top 30 des écoliers qui lisent le plus

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.

data-href="https://www.facebook.com/HuffPostQuebec" data-send="truedata-width="570"data-show-faces="false"data-font="arial">



Comment connecter son compte HuffPost à Facebook pour pouvoir commenter?